Quelles retombées, quel impact, la victoire d’Obama pourrait-elle avoir au Moyen-Orient, région si agitée du monde ? Le slogan du changement, dont il s’est armé durant sa campagne, vaudra-t-il autant pour la politique extérieure des States que pour les orientations intérieures ? Va-t-il prendre les importantes décisions que nécessite une mise à plat des dossiers conflictuels, et des couacs, accumulés le long de ces dernières années ?
À ces questions, des sources officielles informées répondent que, pour commencer, il faut voir dans l’élection d’un homme de couleur en Amérique une victoire exemplaire de ce sentiment d’unité nationale civique qui condamne toute discrimination raciale, ethnique ou religieuse. Par leur choix, les électeurs signifient que, désormais, il leur importe peu de savoir si ceux qui les dirigent sont blancs, rouges, jaunes ou noirs. Ou s’ils sont chrétiens, musulmans, israélites ou hindouistes. Ce qui compte, c’est uniquement comment ils vont gouverner.
En outre, avec Obama, comparé aux républicains, c’est la ligne de la modération, de la raison, de la diplomatie et du dialogue qui l’emporte. Pour la simple raison, selon la source citée, que la politique de la violence et de l’action impulsive a manifestement échoué dans le monde, même pour ce qui est de la lutte contre le terrorisme. À ce propos, cet échec de la répression musclée confirme que pour avoir prise sur le fléau, il faut d’abord commencer par en traiter les causes premières, sociales, culturelles, religieuses ou politiques. On l’a bien vu, on le voit toujours, en Irak, en Afghanistan ou en Palestine. Là, le Washington de Bush a jeté de l’huile sur le feu en refusant de reconnaître la victoire aux urnes du Hamas. Ce qui est une contradiction flagrante de la part d’une puissance qui prétend défendre avant tout la démocratie et la liberté.
Et cela n’a jamais échappé ni à la plupart des démocrates ni à bon nombre de hauts commis de l’État qui ont servi sous Bush père comme sous Clinton. Ainsi Dennis Ross, cheville ouvrière du département d’État et grand spécialiste du Moyen-Orient, ne cessait de souligner qu’il est très mauvais de brandir le bâton quand la carotte peut servir. Et qu’il est encore plus mauvais de menacer d’en user sans le faire !
Dialogue ou confrontation ?
Suivant cette observation sensée, il est probable que l’administration Obama voudra essayer de dialoguer avec les régimes classés hostiles. C’est-à-dire, dans notre région, avec la Syrie et avec l’Iran. En cas d’impasse confirmée, Washington aurait plusieurs options de contrainte par la force, directes ou indirectes. Le parcours étant soigneusement expliqué, à l’opinion américaine, régionale et mondiale. Pour que des frappes éventuelles, en cas d’échec homologué de la voie diplomatique, ne soulèvent pas un tollé général, comme sous Bush.
Or, souligne la personnalité interrogée, la victoire du courant modéré dans ce phare mondial que restent les States pourrait avoir des effets positifs sur les élections cruciales appelées à se tenir en Israël, en Iran et au Liban. En favorisant, sans doute, une mentalité de dialogue et de concorde plutôt que cet esprit de confrontation développé par l’administration Bush. Une détente à l’intérieur, mais aussi dans les rapports entre nations.
Pour ce qui est du Liban, Ross se demandait dans un article confié au Washington Post, en août 2006, si la 1701 était bien pertinente. Relevant que son application complète paraissait improbable. Du fait qu’elle dépendait de la Syrie. Ajoutant que, pour forcer la décision, il faudrait que la communauté internationale intervienne puissamment sur le terrain, aux côtés de l’armée libanaise, pour boucler la frontière et fermer le robinet de la livraison d’armes au Hezbollah. Ce qu’il considérait comme bien difficile. Il rappelait que les annales abondent en résolutions internationales bonnes pour le Liban mais restées lettre morte. Notamment parce que la Syrie a toujours le moyen de tout torpiller par son influence sur la scène politique libanaise. En exploitant les dissensions internes, confessionnelles et autres.
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À ces questions, des sources officielles informées répondent que, pour commencer, il faut voir dans l’élection d’un homme de couleur en Amérique une victoire exemplaire de ce sentiment d’unité nationale civique qui condamne toute discrimination raciale, ethnique ou religieuse. Par leur choix, les électeurs signifient que, désormais, il leur importe peu de savoir si ceux qui...