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Actualités - Chronologie

Relance du dialogue, aujourd’hui, sur fond de polémique sur le principe d’élargissement

Les séances de dialogue national reprennent aujourd’hui au palais de Baabda, à l’initiative du président de la République Michel Sleiman, pour discuter principalement de l’armement du Hezbollah et d’une stratégie nationale de défense. Si le scepticisme continue de marquer les prévisions sur les résultats du dialogue, qui risque d’être long, c’est une polémique sur la forme qui a éclaté depuis quelques jours, et s’est intensifiée hier. En effet, le Hezbollah, relayé par différentes forces de l’opposition, prône un élargissement de la table de dialogue. Quant aux forces du 14 Mars, elles ont clairement annoncé lundi soir, au terme d’une réunion élargie, leur refus d’un éventuel élargissement, et leur insistance pour que la table de dialogue de 2006 soit reconstituée telle quelle. Tant et si bien que cette question de forme fera, de toute évidence, ombrage aujourd’hui à la question de fond qui est la stratégie de défense. Et selon des milieux politiques bien informés, il est plus que probable que cette deuxième séance de dialogue soit ajournée jusqu’à une date plutôt éloignée, peut-être au début de l’année prochaine, pour plus de contacts avec les parties en conflit. Une source parlementaire de la majorité interrogée par l’agence al-Markaziya a cependant exclu un éventuel boycott de la séance par les forces de l’opposition, qualifiant cette campagne pour l’élargissement de « manœuvre ». Par ailleurs, des sources proches de Aïn el-Tiné ont précisé à l’agence que le président du Parlement, Nabih Berry, a préparé un document sur la stratégie de défense qu’il compte présenter à la séance de dialogue, même s’il pense, selon ces sources, que l’élargissement sera le seul sujet soulevé aujourd’hui. M. Berry, à ce propos, est d’avis que l’élargissement est de nature à satisfaire les deux parties, le 14 Mars voulant inclure le Amid du Bloc national (BN), Carlos Eddé, pour répondre à ses exigences, et le président du Parti national libéral (PNL), Dory Chamoun, pour lui donner une bonne impulsion avant les élections législatives. Quant à l’opposition, elle cherche à inclure l’ancien Premier ministre Omar Karamé et l’ancien ministre Sleimane Frangié. Côté opposition, donc, on favorise clairement le principe de l’élargissement. Le député Moustapha Ali Hussein a espéré que le président de la République « procédera à l’élargissement de la table de dialogue de manière à ce que la communauté alaouite soit représentée », estimant que « cela contribuera au succès du dialogue et à la réconciliation nationale globale ». Yehia Jaber, vice-président du Parti syrien national social (PSNS), s’est demandé quelle signification revêt le dialogue quand « en sont exclues des personnalités comme Omar Karamé, Sleimane Frangié, Abdel Rahim Mrad, Baha’ Itani ou encore Adnane Arakji, et quand en sont exclus des partis et des forces nationales qui luttent pour la cause de la nation ». Quant à l’ancien député Fayçal Daoud, il a demandé au président de « prendre la décision de restructurer la table de dialogue afin d’en assurer la bonne représentativité, en ne prenant pas pour seul critère les blocs parlementaires ». Pour sa part, l’ancien ministre Wi’am Wahhab a estimé que « les positions affichées par certains suggèrent que le dialogue se heurte à une impasse ». Respecter l’accord de Doha Du côté du 14 Mars, les réactions se sont multipliées également. Le député Akram Chehayeb a assuré que le 14 Mars est attaché à son exigence d’un refus de l’élargissement. Il a prévu que le dialogue autour des armes et de la stratégie de défense serait long et difficile, mais que « le plus important est d’en sortir avec une idée claire, celle que l’État est le seul à protéger le Liban ». Interrogé sur le dialogue, le député Boutros Harb, qui s’exprimait à l’issue d’une rencontre avec l’ambassadrice des États-Unis Michele Sison, a déclaré : « Nous sommes déterminés à ce que l’État et ses institutions officielles soient seuls responsables des Libanais et des décisions politiques, et qu’il n’y ait pas d’appareils sécuritaires autres que les institutions sécuritaires et militaires de l’État. Notre ambition, c’est d’arriver à une entente à travers laquelle le Liban et son armée profitent des capacités militaires du Hezbollah. » Le ministre Élie Marouni a réaffirmé, pour sa part, que la position du 14 Mars par rapport à l’élargissement est irrévocable. Il a estimé que la demande d’élargissement équivaut à une tentative d’affaiblir et de faire échouer le dialogue, soulignant que les 14 personnalités autour de la table peuvent représenter celles qui ne sont pas là. Pour le député Ahmad Fatfat, « il ne faut pas accepter le principe de l’élargissement parce que cela est contraire à l’esprit de Doha et, de plus, contraire au bon sens ». Le député Nabil de Freige a souligné que « l’élargissement de la table de dialogue réduira ses chances de réussite ». Le député Mohammad Hajjar, quant à lui, a affirmé que « l’accord de Doha sera respecté au niveau du nombre de participants au dialogue ». Enfin, le député Ahmad Fattouh a vu dans la volonté d’élargir la table de dialogue une tentative « de l’éloigner de ses objectifs, notamment celui de parvenir à une stratégie nationale de défense ». Le dialogue a également suscité des réactions au niveau d’autres personnalités et forces politiques. Ainsi, le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a demandé aux participants au dialogue « de placer l’intérêt de leur pays au-dessus de tout autre intérêt ». D’autre part, le Front de la liberté, réuni sous la présidence de Fouad Abou Nader, a appelé les parties impliquées dans le dialogue à « débattre des sujets fondamentaux au lieu de se distraire avec des sujets superficiels et de se contenter de discuter du principe d’élargissement ».
Les séances de dialogue national reprennent aujourd’hui au palais de Baabda, à l’initiative du président de la République Michel Sleiman, pour discuter principalement de l’armement du Hezbollah et d’une stratégie nationale de défense. Si le scepticisme continue de marquer les prévisions sur les résultats du dialogue, qui risque d’être long, c’est une polémique sur la forme qui a éclaté depuis quelques jours, et s’est intensifiée hier. En effet, le Hezbollah, relayé par différentes forces de l’opposition, prône un élargissement de la table de dialogue. Quant aux forces du 14 Mars, elles ont clairement annoncé lundi soir, au terme d’une réunion élargie, leur refus d’un éventuel élargissement, et leur insistance pour que la table de dialogue de 2006 soit reconstituée telle quelle. Tant et si bien...