Le Nord d’abord et maintenant l’Est. Les unités d’élite syriennes, infanterie et cavalerie de chars, se massent à ces frontières avec le Liban. Simples mesures de sécurité, assure le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem. Tandis que le président Bachar el-Assad précise que le déploiement a pour but d’empêcher contrebande et infiltration d’éléments subversifs, en application de la résolution 1701.
Un objectif qui, techniquement, ne nécessite ni autant de troupes ni un armement aussi sophistiqué, aussi lourd, qui n’a rien de défensif et encore moins de policier. C’est ce que relèvent des spécialistes de l’art militaire.
Qui laissent à des professionnels de la politique le soin d’enchaîner par deux petites questions dubitatives. Pourquoi la Syrie prend-elle conscience si tard de cette contrebande et de ces infiltrations qui durent depuis des décennies ? Pourquoi se résout-elle à prendre acte de cette 1701 ignorée jusque-là avec superbe et même décriée ?
Mais quelles seraient les véritables motivations syriennes ? Les cadres cités avouent ne pas les cerner avec certitude. Et ils évoquent un certain nombre d’hypothèses. Il s’agirait d’abord de détourner les regards de la question de l’armement du Hezbollah. Non pas simplement par sympathie pour ce parti. Mais parce que cet élément est plutôt gênant dans les négociations avec Israël, qui en fait un élément de pression.
Il y aurait ensuite une volonté effective d’entrer dans le cercle des États qui combattent résolument le terrorisme. Un changement de ligne qui s’explique par le fait que ce fléau commence à frapper la Syrie. Comme en attestent l’assassinat de Imad Moghniyé puis l’attentat meurtrier à la bombe, perpétrés à Damas.
Dans ce cadre, il n’est pas exclu qu’un jour la Syrie cherche à traquer hors de son territoire, c’est-à-dire au Liban, les terroristes ou les ennemis qui la ciblent. En suivant l’exemple des Américains, qui ont récemment opéré chez elle, de la Russie qui est intervenue en Géorgie après la Tchétchénie et des Turcs qui pourchassent en Irak les rebelles kurdes.
Les législatives
Que cette menace soit mise ou non à exécution, elle offrirait l’avantage, poursuivent les analystes, de peser sur les prochaines législatives libanaises. Notamment au Nord et dans la Békaa, régions sous influence syrienne, à des degrés divers. Et régions électoralement sensibles car elles se trouvent disputées entre partisans de Damas et loyalistes. Alors qu’au Sud, où règne le tandem ami Amal-Hezbollah, les jeux sont faits. Et qu’au Mont-Liban, les adversaires du 14 Mars, le CPL en tête, n’ont pas besoin, au contraire même, d’un soutien syrien déclaré.
Une victoire de ses alliés intéresse la Syrie urgemment. Car pour le régime syrien, il y aurait moyen de neutraliser sa bête noire, le tribunal international.
Par souci d’objectivité, les sources citées n’écartent pas la possibilité que la Syrie soit animée de bonnes intentions. Elle pourrait vouloir se mettre en harmonie avec la légalité internationale, en appliquant sa part de la 1701. Pour faciliter les pourparlers avec Israël sur le Golan. Comme pour assainir ses relations d’État à État avec le Liban, dont elle soutient verbalement le président. Une normalisation qui rendrait plus accessible l’édification d’un État de droit libanais pleinement souverain, étendant son autorité sur l’ensemble du territoire national. Et juridiquement mieux armé pour contrer les visées de l’État hébreu et les transgressions israéliennes de la 1701, dénoncées par les présidents Sleiman et Siniora.
Mais on revient à la question-clé : pour respecter la 1701, la Syrie devrait cesser de soutenir l’armement du Hezbollah. Y est-elle disposée ?
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Nord d’abord et maintenant l’Est. Les unités d’élite syriennes, infanterie et cavalerie de chars, se massent à ces frontières avec le Liban. Simples mesures de sécurité, assure le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem. Tandis que le président Bachar el-Assad précise que le déploiement a pour but d’empêcher contrebande et infiltration d’éléments subversifs, en application de la résolution 1701.
Un objectif qui, techniquement, ne nécessite ni autant de troupes ni un armement aussi sophistiqué, aussi lourd, qui n’a rien de défensif et encore moins de policier. C’est ce que relèvent des spécialistes de l’art militaire.
Qui laissent à des professionnels de la politique le soin d’enchaîner par deux petites questions dubitatives. Pourquoi la Syrie prend-elle conscience si tard de...