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Actualités - Opinion

Le commentaire d'Emile Khoury Une source d’inspiration : le discours d’investiture présidentiel

Tous les partis, les blocs et les courants avaient déclaré approuver la teneur du discours d’investiture du président Sleiman. Pourquoi, dès lors, ne pas en faire un programme commun et mettre ainsi un terme au clivage ravageur entre 14 et 8 Mars. Certains se dressent contre l’idée d’un bloc indépendant dans la prochaine législature. Ils indiquent, de la sorte, qu’ils préfèrent la persistance de la division du pays politique entre deux camps farouchement opposés. Sans force d’interposition calmante ni arbitrage. Mais, à l’ombre d’un cabinet d’union nationale, on se demande suivant quelle logique les forces en présence ne traduisent pas en actes l’accord de Doha. En admettant qu’il y ait des ministres et des députés plus particulièrement engagés à réaliser le plan de marche du chef de l’État. Une telle formation pourrait du reste polariser à la Chambre plusieurs blocs qui cesseraient de s’affronter pour défendre leurs propres projets. Un rassemblement d’autant plus justifié que tous affirment croire en un Liban souverain, indépendant, libre, à régime démocratique parlementaire. Un groupe ministériel et un bloc parlementaire indépendants auraient un double rôle utile. D’abord, jouer les conciliateurs entre loyalistes et opposants. Ensuite, en cas de désaccord persistant sur un point donné, faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, en fonction de l’intérêt national bien compris. Retour au discours présidentiel. Il se résume dans les points transcendants suivants : – Le Liban est un pays message, à message pluraliste de rencontre des civilisations et des cultures. Pour mieux assumer cette vocation, et reprendre sa juste place dans le concert des nations, il doit ordonner sa demeure. Nous devons donc lancer ensemble un chantier de réformes politiques, administratives, économiques et sécuritaires. – Il faut protéger et consolider le choix national pris à Taëf, d’autant qu’il régule les relations extérieures du pays. En imposant le respect de ses particularismes comme de son statut de modèle de coexistence des cultures. Lui redonnant ainsi un rôle actif dans son environnement arabe, comme au sein de la communauté internationale. – La caractéristique essentielle de la démocratie reste l’alternance du pouvoir à travers des élections libres. Il est certes important d’adopter une loi électorale saine. Mais il est encore plus important de savoir s’incliner devant le verdict des urnes. – Il faut reconnaître le droit des émigrés et prendre des mesures fonctionnelles consolidant leur attachement à la mère patrie, pour tirer profit de leur potentiel. Ils ont bien plus droit à la nationalité libanaise que ceux qui l’ont obtenue sans justification légitime. – La stabilité sécuritaire et politique est indispensable pour sortir du marasme économique, encourager le rendement compétitif, attirer les investisseurs par une infrastructure adéquate. Il faut combattre le chômage et résorber le mouvement d’émigration. Un plan de développement équilibré, qui implique une décentralisation administrative élargie, est également nécessaire. – Le respect des préceptes de l’ONU et d’une légalité internationale qui se fonde sur des principes de droit et de justice s’impose de lui-même. Nous certifions notre contribution à la mise en place d’un tribunal international devant juger l’affaire de l’assassinat du président martyr Rafic Hariri et de ses compagnons, comme les assassinats qui ont suivi. – La désagrégation de l’État avait rendu nécessaire l’émergence de la Résistance. Le maintien des hameaux de Chebaa sous occupation israélienne, la persistance des menaces et des transgressions de l’ennemi nous imposent d’établir une stratégie de défense. À travers un dialogue calme, visant à mettre le potentiel de la Résistance au service de cette stratégie, sans épuiser ses réalisations dans des conflits internes. Le fusil doit être dirigé uniquement contre l’ennemi. – Renforcement des liens avec les frères arabes et fraternisation avec la Syrie, dans le respect réciproque de la souveraineté, avec établissement de relations diplomatiques privilégiées, cordiales, épurées des défauts antérieurs.
Tous les partis, les blocs et les courants avaient déclaré approuver la teneur du discours d’investiture du président Sleiman. Pourquoi, dès lors, ne pas en faire un programme commun et mettre ainsi un terme au clivage ravageur entre 14 et 8 Mars.
Certains se dressent contre l’idée d’un bloc indépendant dans la prochaine législature. Ils indiquent, de la sorte, qu’ils préfèrent la persistance de la division du pays politique entre deux camps farouchement opposés. Sans force d’interposition calmante ni arbitrage. Mais, à l’ombre d’un cabinet d’union nationale, on se demande suivant quelle logique les forces en présence ne traduisent pas en actes l’accord de Doha. En admettant qu’il y ait des ministres et des députés plus particulièrement engagés à réaliser le plan de marche du chef de l’État. Une...