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Irak SOFA : Bush se veut coopératif, mais invoque certains « principes »

Bagdad a pris hier le contrôle de la province chiite de Wassit, frontalière de l’Iran. Quatorze personnes tuées dans des violences, notamment dans la capitale. Washington a commencé hier à examiner les nouvelles demandes de Bagdad sur les conditions futures de la présence militaire américaine en Irak, avec la volonté de coopérer, mais aussi le refus de transiger sur certains principes selon les mots du président George W. Bush. « Nous avons reçu aujourd’hui les amendements » proposés par le gouvernement irakien à un projet d’accord, « nous sommes en train d’analyser ces amendements », a dit M. Bush, qui recevait le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani. « Nous voulons nous montrer coopératifs et constructifs sans saper les principes de base, et je reste plein d’espoir et très confiant dans le fait que le SOFA sera adopté », a-t-il dit. Depuis début 2008, les deux gouvernements négocient âprement ce SOFA (Status of Forces Agreement), dont les termes régiraient le déploiement militaire US en Irak après le 31 décembre. À cette date expire le mandat de l’ONU sous lequel opère actuellement la coalition conduite par les États-Unis. Le gouvernement irakien a lui-même demandé à l’ONU de ne pas renouveler le mandat. Alors qu’il ne reste plus que deux mois pour empêcher que les soldats US ne se retrouvent en Irak en dehors de tout cadre légal et alors que les Américains croyaient toucher au but, les Irakiens viennent de soumettre de nouvelles propositions de changement. Un projet qui a circulé en octobre stipule que les troupes US devront s’être retirées d’ici à fin 2011. Mais il a soulevé de fortes objections dans une classe politique irakienne divisée et voyant dans la souveraineté du pays l’un des thèmes majeurs d’élections provinciales qui devraient avoir lieu d’ici au 31 janvier. Une personnalité aussi éminente que le grand ayatollah Ali Sistani, dirigeant spirituel de la communauté chiite majoritaire en Irak, « insiste sur le fait que la souveraineté de l’Irak ne soit pas entamée », a indiqué hier son bureau. De son côté, M. Barzani a rappelé son soutien au SOFA. Les Kurdes sont parmi les rares à s’être ouvertement prononcés pour l’accord. Selon des responsables irakiens, le texte devrait être plus précis sur la date exacte du retrait et sur l’immunité des soldats US. Dans une autre revendication de souveraineté irakienne et une illustration du jeu complexe des alliances irakiennes, le conseiller à la Sécurité nationale, Mouaffak al-Roubaïe, a indiqué qu’aux termes du projet d’accord, les Américains ne pourraient pas se servir du sol irakien pour lancer des attaques contre les pays voisins. Cela peut valoir pour un pays comme la Syrie, mais aussi pour l’Iran, qui jouit d’une grande influence sur certains groupes irakiens. L’administration Bush a clairement signifié sa forte réticence à rouvrir la porte des négociations, qu’elle jugeait « pour ainsi dire fermée ». M. Bush n’a pas précisé de quels « principes » il parlait. Mais le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell, a invoqué la nécessité de protéger les soldats US et d’achever la mission. Pour sa part, le porte-parole de l’armée US en Irak a mis en garde Bagdad contre les conséquences néfastes d’un refus de signer l’accord. Faute d’accord d’ici au 31 décembre, les soldats US devraient être confinés à leur base, voire se retirer, à moins d’un nouveau mandat de l’ONU. Cette dernière éventualité a recommencé à être évoquée récemment. Elle n’est pas écartée par l’ambassadeur irakien aux Nations unies, cité hier dans le Washington Post. Des millions d’Irakiens en danger faute de soins et d’eau potable La santé de millions d’Irakiens est en danger faute de soins adéquats et de services corrects d’approvisionnement en eau et d’assainissement, s’est alarmé hier le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Beaucoup trop d’Irakiens n’ont toujours pas d’autre choix que de boire de l’eau polluée et de vivre dans des conditions insalubres », a expliqué Juan Pedro Schaerer, chef de la délégation du CICR pour l’Irak. « Il en résulte qu’un plus grand nombre de malades essaient de se faire soigner dans un système de soins de santé qui a déjà atteint ses limites », a-t-il ajouté. Environ 40 % des ménages irakiens, surtout dans les campagnes et les faubourgs des villes, vivent dans des maisons non reliées à un réseau d’eau, s’inquiète le CICR. Ces personnes « doivent, soit acheter de l’eau – au prix moyen de 0,5 dollar pour 10 litres – soit, si elles sont trop pauvres pour en acheter, en prendre dans les rivières et les puits, qui sont souvent pollués », explique l’organisation. « Même les ménages qui sont approvisionnés par canalisation connaissent régulièrement des problèmes dus à un manque chronique de maintenance et aux innombrables branchements illégaux sur le réseau. En outre, comme les ordures ménagères ne sont pas ramassées et les eaux usées pas traitées, la santé de nombreux Irakiens est constamment en danger », s’inquiète encore le CICR.
Bagdad a pris hier le contrôle de la province chiite de Wassit, frontalière de l’Iran. Quatorze personnes tuées dans des violences, notamment dans la capitale.
Washington a commencé hier à examiner les nouvelles demandes de Bagdad sur les conditions futures de la présence militaire américaine en Irak, avec la volonté de coopérer, mais aussi le refus de transiger sur certains principes selon les mots du président George W. Bush. « Nous avons reçu aujourd’hui les amendements » proposés par le gouvernement irakien à un projet d’accord, « nous sommes en train d’analyser ces amendements », a dit M. Bush, qui recevait le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani. « Nous voulons nous montrer coopératifs et constructifs sans saper les principes de base, et je reste plein d’espoir et...