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Environnement La Lésio-Louna, un sanctuaire pour gorilles orphelins

Le Congo développe un projet de réintroduction des primates menacés notamment par le braconnage. Rupère le gorille a 21 ans et pèse « plus ou moins 250 kg », dit fièrement le conservateur de la réserve de Lésio-Louna (170 km au nord de Brazzaville). Rupère est l’un des primates vivant en totale ou semi-liberté dans ce sanctuaire de 170 000 hectares, entre forêts, savanes, collines et rivières, selon le conservateur Florent Ikoli. Ils doivent leur survie au Projet de protection de gorilles (PPG), lancé en 1994 par le gouvernement congolais et financé par la Fondation britannique John Aspinall, permettant de récupérer des bébés gorilles abandonnés par des braconniers ou des riverains de forêts. Deux fois par jour – en milieu de matinée et au coucher du soleil –, des « écogardes » et « écoguides » présentent les animaux à des touristes attentifs, conduits en pirogue motorisée sur la rivière Louna. « La réserve est délimitée par trois rivières », ce qui empêche les gorilles de la quitter, explique Florent Ikoli à l’AFP, montrant trois gorilles réfugiés sur une île à des visiteurs admiratifs. Un havre de paix exceptionnel, surtout quand on songe aux grands primates qui font partie des victimes du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, à des centaines de km de là. « Nous les appelons par leurs prénoms. Ils les connaissent bien », assure le conservateur. Rupère est le plus imposant des trois. Il y a aussi Titi, puis Side, ayant souffert de la polio à l’âge de 5 ou 6 ans, qui soutient sa mâchoire avec sa main gauche chaque fois qu’il mâchouille. Ces trois gorilles ont été élevés jusqu’à l’âge de 6-8 ans par des hommes, avant d’être « récupérés et réintroduits dans cette réserve », dit M. Ikoli. Le site de Lésio-Louna abrite actuellement quatre bébés primates, amenés dans la réserve en 2006 et 2008, d’après Luc Mathot, coordonnateur du projet de réintroduction des primates dans leur milieu naturel. « Ces petits gorilles ont entre 2 et 4 ans et dorment encore dans des cages. (...) Ils doivent être nourris au lait jusqu’à 6 ans et ils seront ensuite relâchés dans la forêt », indique-t-il. La Fondation John Aspinall exécute le même projet dans le parc national des Plateaux Batéké au Gabon voisin depuis mi-1990. Sur les gorilles réintroduits dans les deux pays, un tiers – soit une soixantaine d’individus – ont survécu et sont encore vivants aujourd’hui, selon les responsables. Cependant, tous les gorillons n’atteignent pas la longévité de Rupère, à en croire le conservateur. « Il y a eu des bébés qui n’ont pas supporté leur réintroduction et sont malheureusement morts. » « Bien qu’ils soient agressifs, les gorilles sont essentiellement végétariens, contrairement aux chimpanzés », animaux omnivores qui peuvent « dévorer même de petites antilopes », explique M. Mathot. « Ils mangent les fruits de la forêt, les asperges de la famille des rotins, la papaye, l’ananas, les troncs de bananiers, les avocats, les mangues, les concombres », poursuit M. Mathot. Le Congo et le Gabon comptaient avant l’apparition de la maladie d’Ebola, au début de 2000, au moins 100 000 gorilles. Ce nombre a considérablement diminué, selon les scientifiques. Les forêts congolaises renferment bien d’autres espèces animales. Elles couvrent 60 % du territoire du pays et représentent 10 % de l’étendue du bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète.
Le Congo développe un projet de réintroduction des primates menacés notamment par le braconnage.
Rupère le gorille a 21 ans et pèse « plus ou moins 250 kg », dit fièrement le conservateur de la réserve de Lésio-Louna (170 km au nord de Brazzaville). Rupère est l’un des primates vivant en totale ou semi-liberté dans ce sanctuaire de 170 000 hectares, entre forêts, savanes, collines et rivières, selon le conservateur Florent Ikoli. Ils doivent leur survie au Projet de protection de gorilles (PPG), lancé en 1994 par le gouvernement congolais et financé par la Fondation britannique John Aspinall, permettant de récupérer des bébés gorilles abandonnés par des braconniers ou des riverains de forêts.
Deux fois par jour – en milieu de matinée et au coucher du soleil –, des « écogardes » et « écoguides »...