L’automne a fait son apparition, mais il semblerait que nos dirigeants aient carrément oublié de préparer la saison des pluies. Dès les premières averses de la saison, pourtant tant attendues, le résultat était consternant. À Beyrouth, que ce soit à Wata Mousseitbé ou dans le secteur du Musée, non seulement la population a pataugé dans l’eau jusqu’aux jambes et d’inextricables embouteillages se sont formés sur les routes, mais les flots se sont invités chez les plus démunis, à l’intérieur de leurs modestes logements, noyant tout sur leur passage, faisant d’énormes dégâts, comme d’habitude.
Ce genre de phénomène se produit pourtant à chaque première pluie, tel un marronnier. Mais nos chers responsables sont bien trop occupés à se crêper le chignon plutôt que d’anticiper les problèmes des citoyens. Ils se lancent alors dans d’interminables accusations, dénoncent le manque de responsabilité d’entrepreneurs véreux ou de consultants incompétents. Ils condamnent même la politisation de l’entretien des routes et des voiries. Ils laissent entendre, au passage, qu’ils risqueraient bien de démissionner.
Mais toutes ces belles paroles, le citoyen n’en a cure. Il voudrait, lui, qu’à la veille de la saison des pluies, soient menés d’office les travaux d’entretien nécessaires pour que les égouts et les canalisations en tout genre ne débordent pas, mais recueillent l’eau des pluies, aussi diluviennes soient-elles. Il voudrait aussi, le citoyen, que les routes, les rigoles et les regards soient correctement et régulièrement nettoyés, pour que rien ne vienne entraver l’écoulement des eaux en période de pluie. Il voudrait également, le citoyen, que quelqu’un l’écoute lorsqu’il exprime ses craintes, lorsqu’il met en garde contre les risques que peut représenter un chantier inondé pour sa sécurité et celle de ses voisins. Il voudrait surtout, le citoyen, que cessent ces polémiques stériles entre politiciens du 8 Mars et du 14 Mars qui éclatent dès lors qu’il est concerné.
Il se prend alors à rêver que les responsables se mettent enfin au travail, non pas suivant leurs propres intérêts et leurs petits calculs, mais dans l’intérêt du citoyen qui sombre un peu plus chaque jour. Ce rêve deviendra-t-il, un jour, réalité ?
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Ce genre de phénomène se produit pourtant à chaque première pluie, tel un marronnier. Mais nos chers responsables sont bien trop occupés à se crêper le chignon plutôt que d’anticiper les problèmes des...