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Actualités - Analyse

La situation La semaine du Conseil constitutionnel, mais les réconciliations se font attendre...

Scarlett Haddad Une nouvelle semaine commence pour le Liban... Et les mêmes thèmes continuent de dominer l’actualité locale. Sécurité, réconciliations, élections, des mots qui commencent à perdre leur sens, tant ils sont utilisés à toutes les sauces... Cette semaine devrait toutefois être marquée d’une pierre blanche avec l’adoption par le Parlement réuni en séance plénière du projet de loi sur la formation du Conseil constitutionnel. Élaboré par le ministre de la Justice Ibrahim Najjar, ce projet devrait passer sans problèmes et ouvrir la voie à la formation effective de ce Conseil, avant l’échéance électorale du printemps prochain, donnant à celle-ci une certaine garantie de crédibilité. Mais sur le plan politique, les polémiques se poursuivent. Alors que le président de la République rentre du Canada après avoir représenté le Liban au sommet de la Francophonie, le député Walid Joumblatt se rend en Égypte, trois jours après le retour de Samir Geagea du Caire, et deux jours après celui de Michel Aoun de Téhéran. Si, dans une interview à la chaîne al-Jazira, Geagea a démenti l’existence d’un lien entre sa rencontre avec Hosni Moubarak et celle du général Aoun avec Ahmadinejad, il a toutefois précisé que « l’Égypte et l’Arabie saoudite sont des alliées politiques et stratégiques, alors que l’Iran est un adversaire politique ». En d’autres termes, le Liban est plus que jamais dans la politique des axes régionaux, l’opposition parlementaire étant proche de la Syrie et de l’Iran alors que la majorité parlementaire est plus proche de l’autre camp. D’ailleurs, les critiques de la majorité ont continué à pleuvoir sur la visite du chef du CPL à Téhéran, l’accusant d’avoir nui aux intérêts des chrétiens. Ce qui a poussé plusieurs figures de l’opposition à défendre cette visite, expliquant qu’elle a permis de « tisser des liens avec un pays important dans la région où les droits des chrétiens sont préservés ». Le général Aoun devrait d’ailleurs aborder cette question aujourd’hui au cours de la réunion hebdomadaire du bloc parlementaire qu’il préside. Avec le retour du président Sleiman, du général Aoun et du Dr Geagea, la réconciliation chrétienne revient sur le tapis. Mais si le numéro 2 des FL, Georges Adwan, annonce la tenue de la rencontre entre Samir Geagea et Sleimane Frangié cette semaine, les proches de Frangié assurent qu’elle n’est pas imminente. Responsable des relations politiques au courant des Marada, Youssef Saadé explique à L’Orient-Le Jour qu’il y a une grande différence dans les positions des deux camps. Les Marada estiment qu’il s’agit d’une réconciliation historique qu’il faut bien préparer parce qu’elle met un terme à un conflit de trente ans, qui a longtemps divisé la communauté chrétienne, alors que les Forces libanaises y voient un moyen de faire baisser la tension sur le terrain après le déplorable incident de Bsarma. Toujours selon M. Saadé, les Marada exigent donc la formation d’une commission regroupant les deux camps, pour préparer la réunion entre Frangié et Geagea. Cette commission devrait rédiger un communiqué qui servirait en quelque sorte de feuille de route à la rencontre. Les FL, par contre, estiment que le plus urgent est de tenir la rencontre entre Geagea et Frangié, pour éviter l’éclatement de nouveaux incidents sur le terrain. La formation de la commission devrait ainsi venir après. En ce début de semaine, les Marada attendent la réponse officielle des FL à leur demande de formation d’une commission. Elle devrait leur être transmise par la Ligue maronite, qui se charge de la médiation. Selon ses propres sources, la Ligue maronite pourrait d’ailleurs entreprendre dans le courant de la semaine une nouvelle tournée de concertations avec les pôles chrétiens et avec le président de la République. Mais la rencontre annoncée n’est pas forcément pour cette semaine, d’autant que le chef de l’État doit aussi préparer son voyage au Vatican, prévu le 30 octobre. De même, les rencontres de réconciliation entre Walid Joumblatt et Mohammad Raad et entre le chef du Courant du futur et le secrétaire général du Hezbollah ne semblent pas non plus imminentes, noyées dans des préparatifs sécuritaires et attendant des agendas propices. Sur le plan de la sécurité, le démantèlement des deux cellules, celle de « Tripoli » et celle de « Kfarchouba », continue d’occuper l’actualité. Les habitants de Kfarchouba contestent d’ailleurs la référence à leur localité dans l’appellation de la cellule et les investigations se poursuivent pour identifier les matériaux explosifs trouvés en possession de ses membres. Selon les premiers résultats de l’enquête, ils étaient destinés à des attaques contre la Finul, mais des sources sécuritaires officielles invitent les médias à ne pas amplifier l’importance de cette cellule. L’enquête se poursuit aussi au sujet de la cellule de Tripoli, dont trois membres-clés, notamment le chef présumé Abdel Ghani Jawhar, sont encore en fuite. La priorité des services de sécurité est aujourd’hui à leur arrestation. La coordination sécuritaire entre les services syriens et libanais aurait d’ailleurs été renforcée le long des frontières, pour éviter qu’ils ne se réfugient en Syrie. Les sources de sécurité libanaises estiment en tout cas qu’il s’agit d’un important coup de filet et que les sept personnes déjà arrêtées, pour la plupart de nationalité libanaise, auraient déjà fait d’importants aveux. Pour les Libanais, ce qui compte en tout cas, c’est que les bombes nocturnes cessent d’exploser régulièrement et que les attentats s’arrêtent...
Scarlett Haddad

Une nouvelle semaine commence pour le Liban... Et les mêmes thèmes continuent de dominer l’actualité locale. Sécurité, réconciliations, élections, des mots qui commencent à perdre leur sens, tant ils sont utilisés à toutes les sauces... Cette semaine devrait toutefois être marquée d’une pierre blanche avec l’adoption par le Parlement réuni en séance plénière du projet de loi sur la formation du Conseil constitutionnel. Élaboré par le ministre de la Justice Ibrahim Najjar, ce projet devrait passer sans problèmes et ouvrir la voie à la formation effective de ce Conseil, avant l’échéance électorale du printemps prochain, donnant à celle-ci une certaine garantie de crédibilité.
Mais sur le plan politique, les polémiques se poursuivent. Alors que le président de la République rentre du...