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Actualités - Opinion

Le commentaire Les réconciliations : une trêve ou une solution, au choix Émile Khoury

Comme le souligne un dignitaire religieux, des réconciliations qui ne seraient pas bâties sur des principes directeurs découlant d’une entente autour des constantes nationales n’apporteraient qu’une trêve, plus ou moins durable. Alors que le pays a besoin d’une solution. Impliquant tout d’abord qu’il cesse de servir de lice pour des conflits extérieurs. Et, par voie de conséquence, que les parties locales arrêtent de se chamailler, de se livrer à une lutte pour le pouvoir. Pour servir ensemble un État de droit fort, ouvert sur tous, sous condition de réciprocité. En d’autres termes, l’objet du débat se rapporte à la sempiternelle question : quel Liban voulons-nous ? Doit-il être un État suivant une ligne de neutralité positive, sauf à l’égard de l’ennemi israélien ? C’est-à-dire un État équidistant de l’Orient et de l’Occident, sans être affilié à l’un ou l’autre des axes en présence. Ne se ranger, par exemple, ni aux côtés des Arabes modérés face aux Arabes radicaux, ni aux côtés des Arabes face aux Perses. Ni avec l’Amérique, ni avec la Syrie. Bref, un État indépendant de tels liens, libre et souverain, correspondant à l’image que le président Sleiman en a donné dans son discours à l’ONU, lorsqu’il a souligné que notre pays est dans son essence un site privilégié de rencontre positive entre les religions, les cultures et les civilisations. Un rôle dont la consécration ferait de nouveau du Liban le lieu de rendez-vous de l’Est et de l’Ouest, en même temps que l’université, l’hôpital, le palace, la banque de l’Orient. Un pays dont chaque ressortissant, quelle que soit sa religion ou son appartenance politique, se sentirait pleinement chez lui, libre de son opinion, dans le respect de l’autre et de ses soucis. Une solidarité dans la coexistence et la dignité, loin de toute violence, donnant à tous un puissant sentiment de confiance et de sécurité. Sur une voie parallèle, les Libanais doivent décider s’ils veulent de ce système laïc que prône le président Hussein Husseini. Qui précise cependant qu’un tel État devrait prendre en compte la multiplicité des intérêts, pour les canaliser, en coordonner et en harmoniser les aspirations. Afin qu’elles rejoignent et servent l’intérêt public, dont l’État est le premier défenseur. Harmonie La convergence doit, dans ce cadre, se faire pour les statuts personnels. Mais aussi pour le sens que l’on donne à l’indépendance et à la souveraineté de l’État, et pour la représentation politique, comme pour les stratégies sociales, culturelles ou de défense. Du côté des institutions, l’Assemblée nationale devrait se composer de deux Chambres, l’une traduisant la représentation des groupes de la société (communautés), et l’autre assurant la représentation du peuple, des citoyens en tant que tels regroupés autour d’un État qui les protège tous. Sur une autre voie parallèle, est-ce que les Libanais veulent d’un État fédéral permettant de prévenir la partition ? Ou d’un État fortement décentralisé, sans être fédéré ? Ou préfèrent-ils se partager en deux États, deux armées, deux systèmes, pour que chaque fraction puisse vivre à sa propre manière ? Sur une voie cette fois contraire, les Libanais veulent-ils d’un État inféodé, mobilisé au service de causes extérieures et par là, gravement divisé à l’intérieur ? Se penchant sur le cas des chrétiens, le prélat cité se demande si les pôles de cette composante essentielle du paysage politique voudraient, ou pourraient, se réunifier. Et s’entendre entre eux comme avec la communauté musulmane, comme cela s’était produit en 1943 autour de la devise ni Est ni Ouest. Ou encore comme du temps du Helf, quand Chamoun, Gemayel et Eddé avaient conjugué leurs forces pour endiguer l’invasion du nassérisme et du pouvoir policier parallèle du Deuxième Bureau. Ou, également encore quand le Front libanais s’était dressé pour empêcher que le Liban ne devienne un État palestinien de substitution. Sur le plan chrétien, la logique voudrait que l’entente de base se fasse autour du principe de la neutralité positive du Liban. Le président Gemayel, le Dr Samir Geagea, Carlos Eddé et Dory Chamoun plaident pour ce choix. Et il convient de souligner que Walid Joumblatt leur fait largement écho. Ces leaders soulignant que le Liban ne doit plus être une lice pour des règlements de compte extérieurs. On se demande dès lors s’il est raisonnable que le général Michel Aoun ne soit pas favorable à cette option et préfère la politique des axes qui a causé tant de malheurs à ce pays.
Comme le souligne un dignitaire religieux, des réconciliations qui ne seraient pas bâties sur des principes directeurs découlant d’une entente autour des constantes nationales n’apporteraient qu’une trêve, plus ou moins durable. Alors que le pays a besoin d’une solution. Impliquant tout d’abord qu’il cesse de servir de lice pour des conflits extérieurs. Et, par voie de conséquence, que les parties locales arrêtent de se chamailler, de se livrer à une lutte pour le pouvoir. Pour servir ensemble un État de droit fort, ouvert sur tous, sous condition de réciprocité.
En d’autres termes, l’objet du débat se rapporte à la sempiternelle question : quel Liban voulons-nous ? Doit-il être un État suivant une ligne de neutralité positive, sauf à l’égard de l’ennemi israélien ? C’est-à-dire un État...