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Débat Geagea : Le positionnement stratégique de Aoun est « erroné »

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a estimé que le positionnement régional du général Michel Aoun « ne sert pas les intérêts des chrétiens ni du Liban ». Au terme de sa visite en Égypte, le chef des FL, Samir Geagea, a accordé une interview aux journaux al-Raï et Rose el-Youssef. Il a expliqué qu’il devait se rendre en Égypte le 7 mai dernier, mais qu’il avait dû reporter cette visite en raison des incidents survenus à Beyrouth et la fermeture de l’aéroport. « Toute personne traitant de politique proche-orientale sait qu’il n’est pas possible d’ignorer l’Égypte. On ne peut rien faire sans elle, qu’on soit ou non ami de l’Égypte, a-t-il dit. La vision qu’a l’Égypte du Liban est conforme à la mienne. Et lorsqu’un État de la dimension de l’Égypte partage parfaitement notre vision en tant que Forces libanaises et en tant que 14 Mars, il est tout à fait naturel pour nous de venir dans ce pays », a-t-il ajouté. Interrogé sur ses entretiens avec le président égyptien Hosni Moubarak, M. Geagea a répondu : « Il y a des aspects que je ne pourrais pas dévoiler. Mon sentiment est qu’il y avait davantage un aspect amical que politique dans cette rencontre. » Qualifiant de « mesure positive » l’annonce officielle de l’établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie, le chef des FL a ajouté : « Mais il ne faut pas que les choses s’arrêtent là. Il ne faut pas que les relations soient orphelines. Il y a un certain nombre de dossiers urgents qui doivent être traités pour que les rapports soient normalisés. » Selon lui, les plus importants de ces dossiers sont « la question des prisonniers libanais détenus en Syrie, les bases militaires syriennes sous couverture palestinienne, notamment celles du FPLP-CG, et le tracé de la frontière. Il n’y a pas de souveraineté sans une frontière bien définie ». M. Geagea a souligné que la concomitance de sa visite en Égypte avec celle du général Michel Aoun en Iran était « à cent pour cent le fruit du hasard ». Pour lui, chacune de ces visites « donne une idée claire du projet politique porté par les FL et de celui que défend Michel Aoun ». « L’Iran a sa vision des choses et dispose d’un projet régional qui ne prend pas en compte les intérêts du Liban. Je considère donc que le positionnement stratégique du général Aoun est erroné et ne sert pas les intérêts des chrétiens du Liban, ni ceux du Liban dans son entièreté », a déclaré M. Geagea. « Certains disent qu’il y a eu des promesses en provenance de parties syriennes ou iraniennes selon lesquelles en cas de victoire de Aoun aux législatives, la Syrie ou l’Iran ou les deux à la fois feraient pression sur (le président de la République) Michel Sleiman pour qu’il démissionne, ouvrant ainsi la voie à l’élection de Aoun. C’est une théorie qui circule aujourd’hui au Liban. Pour ma part, je crains davantage ce qui va au-delà de ce qui touche aux intérêts particuliers. Je ne sais pas d’où est venue cette conviction que s’est forgée le général Aoun et qui veut que sa démarche constitue la meilleure voie pour les chrétiens et pour le Liban », a-t-il poursuivi. Selon le chef des FL, les chrétiens ne sont plus nombreux à suivre le général « lorsqu’il va aussi radicalement dans le sens » qu’il prend. « Auparavant, on considérait que son alliance avec le Hezbollah était de nature tactique et servait à sa bataille présidentielle. Il y avait donc une certaine tolérance à cet égard. Mais depuis que l’élection présidentielle a eu lieu et à présent qu’est apparue une sorte de profondeur idéologique dans l’alliance avec le Hezbollah, surtout avec la visite en Iran, le rapport de forces sera modifié. Certes, je préfère attendre quelques jours ou quelques petites semaines pour voir les résultats. Mais à mon sens, un positionnement comme celui-là ne sera pas acceptable pour l’opinion chrétienne », a-t-il dit. Les législatives Au sujet de la situation au sein du 14 Mars, M. Geagea a souligné qu’il n’y avait pas de « problème insoluble ». « Il y a de nombreux petits problèmes liés essentiellement aux législatives. Il peut arriver que je choisisse untel, que Walid Joumblatt en préfère un autre et Saad Hariri un troisième. Cela prendra un mois, voire deux mois, mais c’est tout. Ces problèmes n’occasionneront pas d’explosion, tout au plus des discussions qui peuvent parfois être houleuses », a-t-il souligné. « Nous savons tous qu’au sein des groupes sunnite, chiite ou druze, les résultats seront les mêmes qu’en 2005. La bataille va donc se dérouler chez les chrétiens et il est parfaitement impossible que les résultats soient similaires à ceux de 2005. Il y aura dans tous les cas un changement, mais il reste que la différence pourrait être de 20, 40, 60 ou 80 % », selon lui. Et M. Geagea d’ajouter : « Le pourcentage de la majorité que nous allons remporter dépendra de la manière avec laquelle le 14 Mars va mener la bataille. Je dirais donc ceci : Les données essentielles sur le terrain sont bonnes. Si nous menons une bonne campagne, nous obtiendrons d’excellents résultats et sinon, nous en aurons de mauvais. Il nous faut éviter les erreurs de 2005. Je proposerai donc à mes alliés en premier lieu que nous formions des listes susceptibles de donner des majorités dans toutes les communautés et non dans une seule, et deuxièmement de désigner les meilleurs candidats. » Il a estimé nécessaire en outre de reformuler le projet du 14 Mars de manière conforme à la situation actuelle. « Il n’est pas possible d’exprimer ce projet comme en 2005 bien que son essence n’ait pas changé », a-t-il estimé. Enfin, M. Geagea a réitéré son attachement à l’accord de Taëf, soulignant qu’il n’y avait pas d’autre solution pour le Liban. « Toute autre solution serait un saut dans un autre monde et toute considération démographique signifierait la fin de la logique de Taëf », a-t-il assuré.
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a estimé que le positionnement régional du général Michel Aoun « ne sert pas les intérêts des chrétiens ni du Liban ».
Au terme de sa visite en Égypte, le chef des FL, Samir Geagea, a accordé une interview aux journaux al-Raï et Rose el-Youssef. Il a expliqué qu’il devait se rendre en Égypte le 7 mai dernier, mais qu’il avait dû reporter cette visite en raison des incidents survenus à Beyrouth et la fermeture de l’aéroport.
« Toute personne traitant de politique proche-orientale sait qu’il n’est pas possible d’ignorer l’Égypte. On ne peut rien faire sans elle, qu’on soit ou non ami de l’Égypte, a-t-il dit. La vision qu’a l’Égypte du Liban est conforme à la mienne. Et lorsqu’un État de la dimension de l’Égypte partage parfaitement notre...