À l’exception de Wall Street, les marchés mondiaux ont à nouveau plongé hier, tétanisés par des perspectives économiques très sombres et les craintes de récession aux États-Unis.
Plombées par de mauvais indicateurs américains, les places européennes ont continué à sombrer, effaçant pratiquement les rebonds enregistrés lundi et mardi.
Paris a perdu 5,92 %, Londres 5,35 et Francfort 4,91 %. Milan cédait 6,78 %, Madrid 4,11 %, Amsterdam 5,69 % et la Bourse suisse 3,26 %, tandis que les deux places moscovites, le RTS et Micex, s’effondraient de près de 10 %.
La Bourse de New York, qui avait connu la veille sa pire dégringolade en 20 ans, repartait hier fortement à la hausse en fin de séance, un sursaut d’optimisme après une longue hésitation dans un marché où une volatilité élevée facilitait les mouvements brusques.
Auparavant, la baisse avait été généralisée en Asie, avec une nouvelle dégringolade historique à Tokyo (-11,41 %).
Il est vrai que les signes de retournement de la conjoncture se multiplient.
Aux États-Unis, la production industrielle américaine, en recul de 2,8 % en septembre, a enregistré sa plus forte baisse depuis décembre 1974, enfonçant les prévisions des analystes.
Le gouvernement allemand a drastiquement révisé en baisse sa prévision de croissance pour 2009, qui atteindrait seulement 0,2 % au lieu de 1,2 %. La croissance de l’Allemagne, premier exportateur mondial, s’établirait à son plus bas niveau depuis 2003. L’Irlande, elle, est déjà en récession.
Mardi, une responsable de la Fed avait évoqué le spectre de la récession aux États-Unis.
« Les craintes concernant les menaces de récession ont pris le pas sur l’optimisme retrouvé suite aux plans de sauvetage du secteur financier », ont estimé à Paris les analystes de CM-CIC Securities.
Cependant, la baisse des Bourses résulte aussi des opérations des fonds spéculatifs.
« Les “hedge funds” (fonds spéculatifs, NDLR) se voient contraints de liquider leurs positions face à d’importants retraits de capitaux », explique Tony Dolphin, économiste du gestionnaire de fonds Henderson Global Investors.
« Nous sommes désormais dans la seconde phase de recul des marchés où la liquidation des positions va saper toute remontée durable », selon Simon Denham, directeur de Capital Spreads.
Réunis en sommet à Bruxelles, les 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord pour prendre toutes les « mesures nécessaires pour soutenir la croissance et l’emploi », invitant la Commission européenne à leur soumettre des propositions d’ici à la fin de l’année « pour préserver la compétitivité internationale de l’industrie européenne ».
Les 27 pays de l’UE ne sont cependant pas encore convaincus de l’opportunité d’un véritable plan de relance européen, même si le président en exercice du Conseil, le chef de l’État français Nicolas Sarkozy, a appelé de ses vœux « la même coordination pour la politique économique que pour la crise financière ».
« Il n’y aura pas de programme de relance généralisé en Europe », a assuré le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, faisant valoir qu’il creuserait davantage les déficits publics.
Signe que la santé du système bancaire européen reste chancelante, la Suisse a entrepris à son tour de recapitaliser ses banques.
M. Sarkozy n’a d’ailleurs pas exclu qu’il faut aller plus loin que les plans massifs de sauvetage des banques déjà décidés dans l’UE pour stabiliser le système financier.
Les Européens veulent en outre obtenir une « réforme réelle et complète » du système financier international et entendent s’attaquer aux paradis fiscaux, aux agences de notation et aux fonds spéculatifs.
Londres et Berlin proposent aussi de donner un rôle de supervision mondiale au Fonds monétaire international (FMI).
L’UE fait pression sur les États-Unis pour obtenir si possible dès novembre un sommet sur la question des huit grandes puissances du G8 (États-Unis, Japon, Canada, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, France et Russie) et des plus importantes économies émergentes. Un « G15 » ou un « G20 » est évoqué.
Réticents au départ, les États-Unis en ont accepté avant-hier le principe « dans un avenir proche ». La question sera abordée samedi lors d’une rencontre à Camp David entre le président George W. Bush, Nicolas Sarkozy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
« L’Europe veut le sommet avant la fin de l’année. L’Europe le veut, l’Europe le demande et l’Europe l’obtiendra », a martelé hier le président français.
« Nous ne voulons pas que cela recommence, nous voulons que des conséquences soient tirées » de la crise, a-t-il souligné.
Les Européens parlent même d’un « nouveau Bretton Woods » – le sommet qui avait défini en 1944 un nouvel ordre financier mondial – associant le G8 aux grandes économies émergentes.
Fin octobre, 43 pays d’Europe et d’Asie se réuniront déjà à Pékin à l’occasion du sommet de l’ASEM, ce qui devrait donner lieu à des « discussions très intenses » sur la crise financière, selon l’UE.
De son côté, le marché interbancaire, dont la quasi-paralysie était au cœur de la crise financière, continue à se détendre. L’Euribor à trois mois, un des principaux taux de référence sur le marché monétaire, baissait à 5,090 contre 5,168 mercredi, après un sommet à 5,393 % les 8 et 9 octobre, un record depuis sa création début 1999.
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Plombées par de mauvais indicateurs américains, les places européennes ont continué à sombrer, effaçant pratiquement les rebonds enregistrés lundi et mardi.
Paris a perdu 5,92 %, Londres 5,35 et Francfort 4,91 %. Milan cédait 6,78 %, Madrid 4,11 %, Amsterdam 5,69 % et la Bourse suisse 3,26 %, tandis que les deux places moscovites, le RTS et Micex, s’effondraient de près de 10 %.
La Bourse de New York, qui avait connu la veille sa pire dégringolade en 20 ans, repartait hier fortement à la hausse en fin de séance, un sursaut d’optimisme après une longue hésitation dans un marché où une volatilité élevée facilitait les...