s Un millier de personnes demandent chaque mois l’asile en Hollande et ont souvent du mal à commencer une nouvelle vie.
Son mari et ses espoirs sont morts en République démocratique du Congo (RDC) mais, dans les cuisines d’un restaurant aux Pays-Bas, ouvert pour venir en aide à des réfugiés, la femme aux cheveux gris ose à nouveau rêver à un avenir meilleur. Le restaurant, à Tilburg (Sud), s’appelle le Blend (« mélange » en anglais). Il emploie quinze réfugiés, venus d’Iran, d’Irak ou de Sierra Leone, en salle et en cuisine. Objectif : les former durant un an pour leur permettre de trouver enfin un vrai travail.
« Elle cuisine avec amour et beaucoup de goût », dit de sa nouvelle recrue le chef néerlandais du Blend, Robin Van Es. « J’ai toujours aimé faire à manger, c’est ma passion », confirme la femme aux cheveux gris en faisant fièrement goûter la sauce qui mijote. Le méli-mélo de légumes qu’elle a imaginé figure en bonne place sur la carte du Blend, le premier établissement de ce type aux Pays-Bas. « Et sa sauce aux poivrons rouges est nettement meilleure que la mienne », reconnaît en souriant le chef. Intarissable sur les desserts qu’elle a appris à préparer, dont un bavarois français, l’apprentie cuisinière refuse pourtant de dire son nom. Elle répugne à évoquer sa vie il y a quinze ans à Lubumbashi, au sud-est de la République démocratique du Congo.
Le restaurant de cent couverts, aux murs clairs et aux tables de bois sombre, ouvert depuis quelques semaines, est l’œuvre de la Fondation pour les nouveaux arrivants et les réfugiés. Quelque 250 000 euros, apportés par des entreprises et des ONG, y ont été investis. « Beaucoup de réfugiés se battent pour trouver un emploi aux Pays-Bas », explique à l’AFP la coordinatrice du projet, Liesbeth Van der Schoof. « Nous avons créé ce restaurant pour les former et leur permettre de trouver un travail », dit-elle. Les serveuses et les cuisiniers du Blend ont en partie été sélectionnés sur leur volonté. « Ils ont un courage et une fierté extraordinaires : c’est pour cela qu’ils sont venus ici au lieu de rester des victimes dans leur pays », affirme Liesbeth Van der Schoof.
Un millier de personnes demandent chaque mois l’asile aux Pays-Bas. La plupart viennent de Somalie et d’Irak, les autres d’Afghanistan, du Burundi, de Sierra Leone et d’Érythrée. Ceux qui obtiennent le statut de réfugié, à l’issue d’un long parcours, ont souvent du mal à commencer une nouvelle vie.
« Ça a été très difficile », raconte Zanu, ancienne membre de l’opposition en Éthiopie et apprentie serveuse au Blend. Elle a fui son pays il y a 14 ans, en payant un passeur, pour venir aux Pays-Bas. Elle a échappé aux persécutions politiques, mais a dû enchaîner les petits boulots mal payés, en intérim. Elle a travaillé dans une blanchisserie et dans une usine, où elle collait des étiquettes sur des bouteilles de vin. « C’est ma dernière chance », dit à l’AFP cette femme de 38 ans, assise à la table qu’elle vient de débarrasser. « Je crois que l’avenir sera meilleur, j’espère que ça va m’aider à trouver un travail, un vrai », ajoute-t-elle.
Sur la vitrine du restaurant et sur les cartes, cette invitation : « Rencontre, goûte et apprécie ». Les plats proposés, soupe fa-fa de Djibouti, steak sauce piquante d’Afrique du Sud, agneau à l’iranienne ou salade afghane à l’aubergine, sont légèrement moins épicés que dans leur pays d’origine, pour ne pas heurter les Néerlandais. « J’espère que dans dix ans, un des nos apprentis sera ici à ma place et formera d’autres apprentis », dit la directrice du restaurant, Irene Groenen.
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Son mari et ses espoirs sont morts en République démocratique du Congo (RDC) mais, dans les cuisines d’un restaurant aux Pays-Bas, ouvert pour venir en aide à des réfugiés, la femme aux cheveux gris ose à nouveau rêver à un avenir meilleur. Le restaurant, à Tilburg (Sud), s’appelle le Blend (« mélange » en anglais). Il emploie quinze réfugiés, venus d’Iran, d’Irak ou de Sierra Leone, en salle et en cuisine. Objectif : les former durant un an pour leur permettre de trouver enfin un vrai travail.
« Elle cuisine avec amour et beaucoup de goût », dit de sa nouvelle recrue le chef néerlandais du Blend, Robin Van Es. « J’ai toujours aimé faire à manger, c’est ma passion », confirme...