de Khalil Fleyhane
L’histoire a le sens de la contradiction. À l’heure où certains s’employaient à la torpiller, le président Sleiman entamait en Arabie saoudite une de ses visites les plus réussies. Selon les sources proches de la délégation officielle, le président Sleiman semble avoir conquis le roi Abdallah par son calme proche du flegme, et ce mélange de respect pour tous et de pragmatisme de stratège qui sait prendre ce qui se présente, sans prendre de risques inutiles.
Et c’est bien ce que tout le monde, y compris le roi Abdallah, tient à ce qu’il demeure : le rassembleur, l’homme de la modération, le responsable capable de maintenir la stabilité au Liban et de le conduire à bon port à travers les écueils.
Par le biais de la visite du président Sleiman, c’est un message à plusieurs niveaux qui a été adressé par l’Arabie saoudite aux Libanais et aux Arabes. Le message le plus important est que l’Arabie saoudite est véritablement à égale distance de tous, à l’exact opposé des diagnostics à l’emporte-pièce de certains qui pensent que, depuis le départ des Syriens du Liban, le Liban ne respire plus qu’avec un seul poumon.
L’Arabie saoudite est, en fait, outrée de l’amalgame de mauvaise foi fait par certains Libanais qui ne distinguent plus entre le royaume wahhabite et les groupuscules terroristes qui se réclament du salafisme.
Cet amalgame a d’ailleurs été rejeté par le président Sleiman qui, s’adressant aux hommes d’affaires libanais en Arabie saoudite, leur a affirmé que « tout Libanais qui s’en prend à ses frères, que ce soit dans la presse ou autrement, et en particulier à l’Arabie saoudite, s’éloigne de l’arabité ».
Selon des sources fiables, le roi Abdallah a renouvelé au président Sleiman l’assurance que le royaume se tient aux côtés du Liban, face aux menaces israéliennes qui lui sont désormais adressées en même temps qu’au Hezbollah. Cet appui, l’Arabie saoudite est également prête à l’accorder aux forces de sécurité et à l’armée. Le président Sleiman, pour sa part, s’est félicité de ce que le Liban ait été à l’abri de la crise financière mondiale, tout en exprimant ses craintes que le processus d’implantation des Palestiniens soit irréversible.
Par ailleurs, le président Sleiman a apporté son soutien à l’initiative du roi Abdallah au sommet arabe de Beyrouth (2002), où la paix a été offerte à Israël en échange des territoires conquis en 1967.
Mais la teneur la plus intéressante des entretiens de Riyad porterait, selon une source fiable, sur les dernières informations relatives au rapport Bellemare communiquées aux responsables libanais. Des informations qui seront du domaine public avant la fin de l’année, si rien ne vient entraver le cours normal des choses.
Enfin, le chef de l’État a communiqué au roi Abdallah la teneur de ses entretiens en Syrie, aussi bien au sujet de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays qu’au niveau du contrôle de leur frontière commune. Mais il ne semble pas que le sujet de l’assainissement des relations syro-saoudiennes ait été abordé par le chef de l’État.
Sur le plan économique, on devait apprendre que les chiffres disponibles indiquent qu’en 2006, le volume des échanges entre le Liban et l’Arabie saoudite était de 1 285 millions de riyals, dont 1 854 millions d’exportations vers l’Arabie et 569 millions en importations.
Par ailleurs, la part des partenaires libanais dans les 542 projets conjoints, dont 228 projets industriels et 314 projets non industriels, est respectivement de 29,11 % et 7,61 %.
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