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Actualités - Chronologie

Chartes Husseini : Doha incarne l’effondrement du système, la solution est dans l’État civil

Le député démissionnaire Hussein Husseini a présenté hier, au nom du Centre civil pour l’initiative nationale, un document politique prônant l’édification d’un État civil au Liban et opposant la dynamique de Doha à celle de Taëf. Prenant la parole dans le cadre d’un meeting au Bristol, Hussein Husseini a dénoncé hier la déliquescence de la situation politique dans le pays, de l’absence de l’État aux interventions étrangères, en passant par les affrontements de mai dernier et sa propre démission du Parlement. Une démission de protestation, non seulement contre cette dévolution de la République, mais aussi contre la loi électorale qui était en cours d’élaboration et qui constitue « une volte-face dans le cheminement du projet de l’État au Liban, l’État qui appartient au peuple et non pas aux pouvoirs sectaires et politiques ou aux tutelles étrangères ». L’interrogation qui sous-tend l’argumentation de M. Husseini est la suivante : « Où va la nation ? » Pour y répondre, l’ancien président de la Chambre procède à une comparaison entre l’accord de Taëf et l’accord de Doha. L’objectif du premier était de « mettre fin aux guerres des milices, leurs circonstances et leurs conditions, et dépasser le système confessionnel ». Le second est venu « occulter tout le système constitutionnel pour instaurer un système de marchés individuels » et « aliéner les institutions aux équilibres instables générés par les forces sectaires et les États qui (les) commandent ». Partant, c’est à « la chute de Taëf en tant que projet de construction nationale de l’État » que les Libanais ont assisté, insiste Hussein Husseini. Cette chute est donc consacrée par l’adoption de la loi électorale actuelle, qui, loin de permettre dans son application la mise en place d’un système bicaméral (les communautés étant représentées au Sénat et les citoyens à l’Assemblée) dans l’esprit de Taëf, va exactement dans le sens contraire. Si Taëf prônait une loi dont le découpage administratif serait fondé sur le mohafazat avec l’adoption du scrutin proportionnel, Doha a consacré, pour sa part, le caza et le système majoritaire. Or une telle loi ne peut que conduire à une suppression de toute limite existant entre le sectarisme et la politique. La représentation devenue hypercommunautariste, le pays tombe immédiatement sous la menace permanente d’un conflit à caractère sectaire, souligne Hussein Husseini. Fustigeant l’accord de Doha, le député démissionnaire estime qu’il a établi une institution parallèle aux institutions, la table de dialogue, qui possède désormais la prérogative de discuter de l’autorité de l’État sur son territoire ou des relations de l’État avec les groupes armés. On a donc dessaisi l’État de ses prérogatives au profit de parties qui ne sont responsables devant personne, et ce au nom même de la consolidation de l’État. Doha consacre donc cette déliquescence de l’État et marque, pour M. Husseini, « l’effondrement du système politique libanais ». Les forces politiques confessionnelles, qu’elles soient dans l’opposition ou au pouvoir, n’appliquent plus des principes constitutionnels qui sont eux-mêmes désormais en décalage par rapport à la réalité sociale et politique du pays. Après avoir procédé à un rappel de l’évolution du système (et de ses tares) du Mandat à nos jours, l’ancien président de la Chambre explique qu’il ne peut tout simplement plus fonctionner. Le Liban est donc devant trois possibilités : soit aller vers encore plus de démembrement, sans qu’il ne reste plus aucune référence constitutionnelle ou juridique, en prétendant que tout va pour le mieux et que tout fonctionne très bien, ce qui implique des incidents sécuritaires sporadiques et, en cas de conflits graves, de la violence. Soit plonger dans la guerre régionale, l’État étant incapable d’assurer la protection des frontières, des individus et des institutions, avec ce que cela implique comme appel au dépassement du système ou même de l’entité. Soit, enfin, reconstruire l’État et restaurer les relations internes et externes. Or les Libanais aspirent à la paix, et savent ce que sont la guerre et les tutelles étrangères, affirme M. Husseini. Cette paix signifie, à l’intérieur, l’existence d’un seul État, et, à l’extérieur, la capacité de résister à une agression potentielle. Le projet du Liban est arrivé à un stade crucial : il peut soit aller vers l’indépendance, la libération et l’humanisme, soit sombrer dans un désordre de groupes et de mini-États sectaires. S’ils veulent accéder à la citoyenneté, les Libanais doivent accepter le principe de l’égalité entre eux, inciter le frère, l’ami et l’ennemi à reconnaître l’indépendance du Liban, et clarifier la formule qui doit régir les relations internes et externes et qui garantit les deux principes d’égalité et d’indépendance. La formule qui est nécessaire, dans ce cadre, est celle de l’État civil, qui garantit à la fois les intérêts de l’État, du peuple, des groupes et des individus, souligne M. Husseini. Et ce que ce soit au niveau du statut personnel, de la représentation politique, ou des politiques sociales et culturelles. En ce qui concerne enfin la politique étrangère et de défense, Hussein Husseini critique le Hezbollah sans le nommer, et souligne que « toute politique dans ce cadre qui est tracée par une seule communauté sans être associative, c’est-à-dire sans l’aval des autres communautés et religions, est vouée à l’échec, dans la mesure où elle met en péril l’unité interne et l’allégeance des Libanais à leur État, et ouvre la voie aux ingérences extérieures ». « Il faut donc consolider la Résistance, non la supprimer, mais il faut la généraliser, sans consolider son caractère sectaire ou partisan », souligne-t-il, et « l’État doit absolument être indépendant des axes régionaux et internationaux ». Et l’ancien président de la Chambre de conclure en appelant les Libanais à commencer à œuvrer dès maintenant en faveur de l’édification de l’État civil.
Le député démissionnaire Hussein Husseini a présenté hier, au nom du Centre civil pour l’initiative nationale, un document politique prônant l’édification d’un État civil au Liban et opposant la dynamique de Doha à celle de Taëf.
Prenant la parole dans le cadre d’un meeting au Bristol, Hussein Husseini a dénoncé hier la déliquescence de la situation politique dans le pays, de l’absence de l’État aux interventions étrangères, en passant par les affrontements de mai dernier et sa propre démission du Parlement. Une démission de protestation, non seulement contre cette dévolution de la République, mais aussi contre la loi électorale qui était en cours d’élaboration et qui constitue « une volte-face dans le cheminement du projet de l’État au Liban, l’État qui appartient au peuple et non pas aux...