La réconciliation interchrétienne est manifestement gelée, les médiateurs font du surplace et les protagonistes, que la conjoncture met en vedette, veulent en tirer le maximum en faisant monter les enchères. Sans apparemment se laisser impressionner par l’argument qu’après les sunnites, les druzes, qui se sont réconciliés entre eux ainsi qu’avec les chiites, il est grand temps que les chrétiens fassent de même. C’est que leur dossier s’alourdit de considérations personnelles et de rivalités au sujet du leadership bien plus prononcées qu’ailleurs.
Selon les loyalistes, le 8 Mars et ses alliés attendent en réalité le feu vert de Damas. Ajoutant que le régime syrien attend lui-même, avant de débloquer le processus, des assurances, notamment via Baabda et Bkerké, que la réconciliation ne servirait pas à affaiblir électoralement ses bons amis du cru face au 14 Mars.
Les majoritaires affirment qu’ils sont prêts à rencontrer les opposants n’importe où et à n’importe quel moment. Ajoutant que leurs vis-à-vis ne sont pas dans les mêmes dispositions d’ouverture. Et cela en raison de craintes projetées sur la perspective des prochaines législatives. Comme de voir se renforcer la position de l’État. Autrement dit, de tirer les marrons du feu au profit de Baabda, qui émergerait comme arbitre dominant sur la scène chrétienne, en cas d’accord général. Même si, comme le précisent ses visiteurs, le président Sleiman n’entend pas soutenir les candidats d’un camp déterminé.
Bkerké, de son côté, se trouverait également conforté, en cas de réconciliation, dans son statut de recours, aux dépens des leaderships maronites réticents à son encontre. Explicitant leurs supputations, ces loyalistes relèvent que l’ancien ministre Sleimane Frangié ne cesse d’insister sur la nécessité de reconnaître Michel Aoun comme pôle maronite principal, sinon unique.
Les opposants répliquent que leurs adversaires manœuvrent, pour exploiter électoralement la situation. Ils affirment que si Samir Geagea voulait vraiment la réconciliation, il ne se serait pas contenté de le chanter sur tous les toits, mais aurait pris dans ce sens une initiative concrète.
Les loyalistes répondent par la pareille, si Aoun et Frangié voulaient vraiment la réconciliation, disent-ils, ils n’auraient qu’à prendre langue avec Baabda pour un rendez-vous avec Gemayel et Geagea. Qui a bien, ajoutent-ils, informé Mgr Matar qu’il est prêt à rencontrer sur l’heure Aoun et Frangié au palais présidentiel.
Quoi qu’il en soit, la Ligue maronite poursuit inlassablement ses efforts. Les quatre évêques maronites également, mais loin des feux de la rampe, par souci d’efficacité.
Il faut dire que le patriarche Sfeir, il l’a dit à la Ligue, est ulcéré par les attaques dont l’Église fait l’objet. Et personnellement écœuré par la bassesse du niveau du comportement, et du discours de certains hommes politiques. Le prélat, qui se trouve à Rome, n’en soutient pas moins à fond le processus de réconciliation interchrétienne et nationale. Il approuve qu’elle ait lieu sous l’égide de Baabda, et confirme qu’il serait ensuite prêt à la bénir. En précisant toutefois qu’il n’est pas disposé à lancer des invitations à des retrouvailles à Bkerké, après les désillusions subies ntérieurement.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La réconciliation interchrétienne est manifestement gelée, les médiateurs font du surplace et les protagonistes, que la conjoncture met en vedette, veulent en tirer le maximum en faisant monter les enchères. Sans apparemment se laisser impressionner par l’argument qu’après les sunnites, les druzes, qui se sont réconciliés entre eux ainsi qu’avec les chiites, il est grand temps que les chrétiens fassent de même. C’est que leur dossier s’alourdit de considérations personnelles et de rivalités au sujet du leadership bien plus prononcées qu’ailleurs.
Selon les loyalistes, le 8 Mars et ses alliés attendent en réalité le feu vert de Damas. Ajoutant que le régime syrien attend lui-même, avant de débloquer le processus, des assurances, notamment via Baabda et Bkerké, que la réconciliation ne servirait pas à...