Rechercher
Rechercher

Actualités

Afghanistan La guerre contre les talibans est ingagnable militairement

Londres et l’ONU sont d’accord. La stratégie militaire, sans une solution politique, ne suffit pas pour gagner la guerre. « J’ai toujours dit à ceux qui parlaient de renforcement militaire que ce dont nous avions besoin par-dessus tout, c’est d’un coup de pouce politique, de plus d’énergie politique, a déclaré hier le représentant spécial de l’ONU à Kaboul, Kai Eide. Nous savons tous que nous ne pouvons pas gagner militairement. » « Si on veut obtenir des résultats pertinents, il faut parler à ceux qui sont concernés. Si on veut obtenir des résultats qui importent, il faut parler à ceux qui importent », a ajouté Kai Eide. « Si les talibans étaient prêts à s’asseoir à une table pour parler d’une solution politique, ce serait le genre de progrès susceptible de mettre fin à ce type d’insurrection », a pour sa part estimé la veille le commandant des troupes britanniques sur place, le général Mark Carleton-Smith, dans une interview publiée la veille par le Sunday Times de Londres, en précisant que les 8 000 soldats britanniques pourraient quitter le pays sans y avoir maté la rébellion islamiste. « Les talibans ne négocieront jamais avec les envahisseurs, lui avait rétorqué un porte-parole du mouvement islamiste renversé fin 2001 par les forces occidentales. Nous redisons une fois de plus que les forces étrangères doivent se retirer sans aucune condition. » Plus de 70 000 soldats étrangers, principalement occidentaux, sont déployés en Afghanistan, où la violence atteint désormais un niveau inégalé depuis la chute du régime des talibans. Le président Hamid Karzaï a révélé récemment qu’il avait demandé à l’Arabie saoudite de jouer les médiateurs avec le mollah Omar, chef des talibans. Mais ceux-ci ont démenti tout contact avec son régime. À l’inverse, les États-Unis prévoient de dépêcher au début de l’an prochain en Afghanistan 8 000 soldats supplémentaires, qui viendront s’ajouter aux 33 000 hommes qu’ils ont déjà déployés sur le terrain face à la guérilla des talibans et d’el-Qaëda. Le Pentagone a refusé de commenter l’interview de l’officier britannique, renvoyant au dernier briefing du général David MacKiernan, commandant des troupes de l’OTAN en Afghanistan, qui s’était dit mercredi dernier « plus convaincu que jamais que les talibans n’auraient pas le dessus ». Parallèlement, le commandant en chef de l’OTAN en Europe, le général américain John Craddock, a plaidé hier pour une intervention décisive de la force internationale en Afghanistan (ISAF) contre le gigantesque trafic de drogue qui finance les activités des talibans. « On ne combat actuellement pas de manière efficace le trafic de stupéfiants. L’OTAN doit faire plus », a estimé le responsable militaire lors d’un séminaire sur la situation en Afghanistan. Le général Craddock a souligné qu’il en parlerait de nouveau aux ministres de la Défense des 26 pays de l’OTAN lorsqu’ils se réuniraient jeudi et vendredi à Budapest. Par ailleurs, sur le terrain, au moins 25 personnes, civils, militaires et talibans, ont été tuées dans plusieurs incidents en Afghanistan, dont un cuisinier et son fils de 12 ans abattus par la milice fondamentaliste, a-t-on appris hier de sources officielles. Le ministère afghan de la Défense a indiqué par ailleurs que trois talibans avaient été abattus par des soldats dans une autre localité de Ghazni.
Londres et l’ONU sont d’accord. La stratégie militaire, sans une solution politique, ne suffit pas pour gagner la guerre.
« J’ai toujours dit à ceux qui parlaient de renforcement militaire que ce dont nous avions besoin par-dessus tout, c’est d’un coup de pouce politique, de plus d’énergie politique, a déclaré hier le représentant spécial de l’ONU à Kaboul, Kai Eide. Nous savons tous que nous ne pouvons pas gagner militairement. » « Si on veut obtenir des résultats pertinents, il faut parler à ceux qui sont concernés. Si on veut obtenir des résultats qui importent, il faut parler à ceux qui importent », a ajouté Kai Eide. « Si les talibans étaient prêts à s’asseoir à une table pour parler d’une solution politique, ce serait le genre de progrès susceptible de mettre fin à ce type...