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Actualités - Analyse

La situation Menaces syriennes et « rupture » française

Mahmoud HARB De jour en jour, l’étau de la violence se resserre sur Tripoli. La ville que se sont naguère disputée Yasser Arafat et Hafez el-Assad, la capitale du Liban-Nord, mise à sac par les adversaires arabes dans les années 1980, semble être en train de payer, encore une fois, le prix des querelles des frères ennemis. Le gouvernement n’a ménagé aucun effort pour tenter d’épargner à Tripoli le triste sort qui semble lui être réservé et qui menace de déferler sur tout le pays. Il a ainsi réservé une manne substantielle à la ville, sanctifiée de longue date par la misère, en la destinant à accueillir une zone économique libre, moderne et avantageuse. De plus, les autorités, Saad Hariri en tête, ont réussi la prouesse ardue d’élaborer une réconciliation dans cette fourmilière politique qu’est devenue la ville où les adversités partisanes remontent à plusieurs dizaines d’années. Sauf qu’il semble qu’il y ait des parties qui tentent de faire croire que « l’État, les forces légales et tout particulièrement l’armée sont incapables d’assurer la sécurité, malgré les réconciliations, la formation d’un gouvernement d’union nationale et le consensus autour de la loi électorale », comme l’a souligné le ministre d’État, Nassib Lahoud. L’avertissement lancé par le chef du Renouveau démocratique revêt une importance extrême à la lumière d’une série d’événements dont la concomitance pourrait laisser redouter les pires scénarios pour le Nord et pour le pays en général. En effet, l’explosion qui a ciblé un bus de l’armée hier, à Tripoli, est intervenue quelques jours seulement après l’attentat de Damas. La Syrie étant la boîte noire que l’on sait, il serait difficile d’analyser la portée de l’explosion qui a secoué sa capitale, samedi dernier. Il reste que l’agence officielle syrienne SANA a indiqué que ledit attentat aurait été perpétré par un islamiste qui aurait pénétré en Syrie « via le poste frontière d’un pays arabe voisin ». L’agence n’a pas précisé de quel pays il s’agit. Néanmoins, le président syrien Bachar el-Assad a semblé donner quelques précisions à cet égard hier, en affirmant, dans une interview au président de l’ordre des journalistes, Melhem Karam, que « le Liban-Nord est devenu une véritable base pour l’extrémisme qui menace la Syrie ». Le chef du régime baasiste avait tenu des propos similaires lors du sommet quadripartite de Damas, qui l’avait réuni au prince du Qatar, au président français et au Premier ministre turc. Bachar el-Assad avait, quelques jours auparavant, lors d’une visite à Moscou, établi un parallèle entre les relations russo-géorgiennes et les rapports entre la Syrie et le Liban. À la lumière de ces propos et alors que Damas a déployé plusieurs de ses unités d’élite le long de la frontière nord du Liban et que ses alliés libanais défilent sur les rives du Barada, peut-on craindre une intervention syrienne au Liban, sur le modèle des campagnes russes en Géorgie ? C’est ce que semblait redouter le chef du Courant du futur, Saad Hariri, qui a vu dans les propos de Bachar el-Assad « une tentative d’intimider les Libanais et de garder le Nord dans une situation d’instabilité ». « Nous mettons en garde contre les dangers de toute ingérence syrienne directe ou indirecte dans les affaires du Liban », a également lancé Saad Hariri à l’adresse de la communauté internationale et notamment de la France. Ce n’est pas par hasard que le leader du Courant du futur a choisi de nommer expressément l’Hexagone qui n’est plus le même, depuis que le président Nicolas Sarkozy a, « rupture » oblige, balayé les préceptes de politique étrangère établis par Jacques Chirac. Le silence étrange observé par Nicolas Sarkozy face aux propos tenus par Bachar el-Assad lors du sommet quadripartite de Damas, pourrait en effet prêter à équivoque. La France serait-elle donc prête à couvrir une intervention syrienne au Liban, au nom de la lutte contre le terrorisme ? Paris croit-il encore qu’une dictature peut endiguer la déferlante mondiale de l’intégrisme ? Et le cas échéant, l’Europe serait-elle disposée à suivre Nicolas Sarkozy dans une telle aventure ? Un diplomate occidental répond par un « non » ferme à cette dernière interrogation. « Nicolas Sarkozy tente une manœuvre, en prônant l’ouverture face à la Syrie, estime-t-il. Mais cette politique unilatérale n’engage que Paris. L’Europe reste ferme dans son soutien au Liban. Si le président français réussissait à obtenir quelque chose de bon de Damas dans le dossier libanais, c’est tant mieux. Sinon, il subira seul les conséquences de son échec et la communauté internationale n’abandonnera jamais le Liban »…
Mahmoud HARB

De jour en jour, l’étau de la violence se resserre sur Tripoli.
La ville que se sont naguère disputée Yasser Arafat et Hafez el-Assad, la capitale du Liban-Nord, mise à sac par les adversaires arabes dans les années 1980, semble être en train de payer, encore une fois, le prix des querelles des frères ennemis.
Le gouvernement n’a ménagé aucun effort pour tenter d’épargner à Tripoli le triste sort qui semble lui être réservé et qui menace de déferler sur tout le pays. Il a ainsi réservé une manne substantielle à la ville, sanctifiée de longue date par la misère, en la destinant à accueillir une zone économique libre, moderne et avantageuse. De plus, les autorités, Saad Hariri en tête, ont réussi la prouesse ardue d’élaborer une réconciliation dans cette fourmilière politique qu’est...