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Actualités - Opinion

Le commentaire Réconciliation interne : la Ligue maronite gagne du terrain d’Émile Khoury

Dans le droit-fil de la mission conciliatrice des quatre prélats mandatés par Bkerké, la Ligue maronite, que dirige Joseph Torbey, a démarché les pôles de la communauté. Et les sons de cloche, c’est le mot, qu’elle a pu entendre lui donnent de bonnes raisons d’espérer. D’obtenir sinon une réunification spectaculaire des rangs, du moins un rapprochement suffisant pour aborder le périlleux tournant des législatives sans regrettables secousses. Car on sait que c’est en pays chrétien que cette échéance, cette mise à l’épreuve politique et sécuritaire, prend un caractère heurté, aigu. Alors que, dans d’autres régions, les jeux sont presque faits. Il en va tout à fait de même au niveau des communautés en tant que telles. Globalement, à hauteur des parties qui comptent vraiment, les sunnites se sont réconciliés entre eux ; idem pour les druzes, et les deux formations chiites de tête l’ont fait depuis longtemps. Du côté des maronites, on le sait également, le fil d’acier reste tendu. Mais la double pression de la vague des réconciliations et de l’opinion publique commence à faire ses effets de détente. Logiquement, aucun pôle n’aimerait se voir reprocher de naviguer à contre-courant quand le flot se dirige vers un havre de sûreté. Et de s’entendre accuser de torpiller le processus de détente devant affermir la paix civile, et rétablir la stabilité. Infraction lourdement aggravée, comme on sait, par le fait que ce sabotage viserait directement la communauté mère. C’est sans doute pourquoi les médiateurs de la Ligue ont recueilli, au cours de leurs entretiens avec les chefs, des propos bien plus amènes et ouverts qu’ils n’en tiennent généralement dans les médias. Il en ressort, en gros, que ces leaders admettent désormais l’impératif de garder tout litige, tout différend, tout conflit politique dans un cadre strictement professionnel, sans aucun caractère d’ordre personnel. Et, partant, sans aucune menace de recourir aux armes et à la violence de rue, seules les urnes devant trancher. Le vote devant être libre, dégagé de tout chantage, moral, matériel ou physique. Cela, en principe, pour que le pays choisisse entre les projets opposés du 14 et du 8 Mars. Mais pratiquement, où en est-on ? Il semble acquis que, sauf retournement de vestes, la Ligue maronite a fait admettre la nécessité d’une feuille de route à destination d’une rencontre générale à Baabda, sous l’égide du président Sleiman. Retrouvailles qui seraient scellées ensuite à Bkerké, autour du patriarche Sfeir. La puissance symbolique de cet enchaînement saute aux yeux : la présidence incarne la nation politique plurielle voulue par les maronites. Tandis que, selon la devise, le siège patriarcal, haute autorité morale, a reçu en partage la gloire du Liban, et c’est tout dire. Cependant, l’on n’a pas encore décidé si les protagonistes devraient signer, pour officialiser la réconciliation, un pacte d’honneur. Encore un ? demandent les sceptiques, qui rappellent que le précédent document du genre collecté, par les évêques, est resté lettre morte. Plus exactement que certains n’ont pas respecté l’engagement de cesser les attaques publiques, et d’apaiser les tensions internes. En outre, font valoir ces sources, Doha tient déjà lieu de pacte d’honneur, quand il prohibe la violence, armée ou verbale, et prône un partenariat menant au renforcement de l’État tutélaire. Il faut enfin reconnaître, avec ces cadres réalistes, que ce sont toujours les (bonnes) intentions qui comptent, et non pas les textes protocolaires.
Dans le droit-fil de la mission conciliatrice des quatre prélats mandatés par Bkerké, la Ligue maronite, que dirige Joseph Torbey, a démarché les pôles de la communauté. Et les sons de cloche, c’est le mot, qu’elle a pu entendre lui donnent de bonnes raisons d’espérer. D’obtenir sinon une réunification spectaculaire des rangs, du moins un rapprochement suffisant pour aborder le périlleux tournant des législatives sans regrettables secousses.
Car on sait que c’est en pays chrétien que cette échéance, cette mise à l’épreuve politique et sécuritaire, prend un caractère heurté, aigu. Alors que, dans d’autres régions, les jeux sont presque faits.
Il en va tout à fait de même au niveau des communautés en tant que telles. Globalement, à hauteur des parties qui comptent vraiment, les sunnites se sont...