Ce nouvel « Atlas du Liban » a la particularité de mettre l’accent sur les transformations qu’a connues le Liban au cours des dernières décennies. À lire.
Le nouvel atlas, avec pour sous-titre « territoires et société », est le fruit de neuf ans de travail assidu et de collaboration entre l’Institut français du Proche-Orient (IFPO) et le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS). Il est signé Éric Verdeil, Ghaleb Faour et Sebastien Veult. Son approche est thématique, et il vise, au gré de ses chapitres et de ses cartes, de montrer les transformations qui ont modifié le Liban au cours des quatre décennies passées.
Les cartes, qui suivent une échelle fine et couvrent tout le territoire, traitent de divers sujets en relation avec les axes que sont les chapitres qui divisent l’ouvrage : la construction nationale et géopolitique régionale (notamment la construction de l’État), le Liban dans la mondialisation (avec sa diaspora), la population et le peuplement, les mutations territoriales, l’économie, la société (niveau de vie, équipements, infrastructure) et, enfin, la politique d’aménagement.
Les cartes portent, par exemple, sur la localisation foncière, sur les zones municipalisées, sur le changement de la ligne de côte en raison de l’urbanisation intense (document très impressionnant, réalisé, notamment, grâce à des photos aériennes), sur le retour des déplacés par région (exemple de croisement entre les informations, les statistiques et l’analyse, à travers lequel on constate que le retour a été plus massif dans les villages proches de la côte, donc plus proches de Beyrouth), sur le nombre et la localisation des compagnies étrangères groupées par pays d’origine (économie), sur la densité de la population par kilomètre carré (70 % vivent sur le littoral entre Tyr et Tripoli), sur la répartition des cultures par régions (agriculture), etc.
Accès difficile à l’information
La parution a été annoncée officiellement hier lors d’une conférence de presse au Centre culturel français, tenue conjointement par Mouïn Hamzé, secrétaire général du CNRS, et Éric Verteil et Ghaleb Faour, deux des auteurs de l’ouvrage, représentant l’IFPO et le CNRS. Outre les explications sur le contenu du livre et la méthodologie adoptée, qui repose sur des croisements entre l’information, les statistiques et l’analyse, les deux auteurs ont insisté sur la difficulté d’avoir accès aux informations au Liban, souvent contradictoires, manquantes, lacunaires ou tout simplement indisponibles, qu’il fallait souvent faire l’effort d’homogénéiser.
M. Verdeil a souligné qu’il ne s’agit pas du seul atlas publié récemment, mais que celui-ci a plusieurs particularités, dont celle de saisir la dynamique des transformations sur une période d’une quarantaine d’années, et d’avoir une échelle si fine qu’il pourvoit des cartes sur lesquelles sont représentées des localités qui ne l’étaient jamais auparavant, tout en offrant une analyse régionale (interférence de la géopolitique du Moyen-Orient dans les transformations sociales libanaises), voire mondiale (surtout à travers la répartition de la diaspora), en passant par les changements dans les modes de vie (exemple : familles plus réduites).
Pour sa part, M. Hamzé a estimé que « l’originalité de cet ouvrage réside dans le fait qu’il rassemble à la fois des données scientifiques et socio-économiques », soulignant que « ce genre d’instruments était jusque-là quasi inexistant au Liban ». Et d’ajouter : « Le mérite de cet ouvrage est qu’il aborde des thèmes fédérateurs pour un pays que l’on cherche malheureusement à désintégrer. Il se base sur une approche objective et lucide pour analyser les territoires d’un pays, il est vrai, très petit, mais extrêmement compliqué, et il résume des thèmes essentiels pour la compréhension de la société libanaise composée en réalité de plusieurs communautés, cherchant à se réconcilier autour d’un projet d’État, qui tarde à se concrétiser mais auquel nous aspirons tous. »
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Le nouvel atlas, avec pour sous-titre « territoires et société », est le fruit de neuf ans de travail assidu et de collaboration entre l’Institut français du Proche-Orient (IFPO) et le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS). Il est signé Éric Verdeil, Ghaleb Faour et Sebastien Veult. Son approche est thématique, et il vise, au gré de ses chapitres et de ses cartes, de montrer les transformations qui ont modifié le Liban au cours des quatre décennies passées.
Les cartes, qui suivent une échelle fine et couvrent tout le territoire, traitent de divers sujets en relation avec les axes que sont les chapitres qui divisent l’ouvrage : la...