L’Irlande est le premier pays européen à entrer en récession.
L’Irlande est entrée en récession au deuxième trimestre, devenant ainsi le premier pays de la zone euro à connaître cette situation cette année, en raison d’un retournement de la construction et de la consommation qui pourrait encore s’aggraver.
Le produit intérieur brut (PIB) irlandais a reculé de 0,5 % au deuxième trimestre par rapport au premier après un recul de 0,3 % au premier trimestre par rapport au quatrième trimestre 2007 : un recul du PIB deux trimestres de suite traduit le début d’une récession, selon une définition généralement admise.
« Au cours des premiers mois de l’année, la faiblesse de l’activité dans le secteur de la construction a été le principal coupable, avec un investissement en baisse de près de 20 %. À cela s’ajoutent à présent des dépenses de consommation beaucoup plus faibles », a noté le chef économiste de la National Irish Bank, Ronnie O’Toole.
L’éclatement de la bulle immobilière est en effet l’un des principaux facteurs de cette récession. « Les prix sont déjà en baisse de 14 % par rapport à leur pic et ils ont l’air partis pour tomber beaucoup plus bas. Nous prédisons à présent qu’ils tomberont de 30 %, mais des chutes encore plus importantes sont possibles », a poursuivi Jonathan Loynes, de Capital Economics.
M. O’Toole a noté aussi « une rapide décélération de la croissance des exportations », qui étaient autrefois un des points forts de l’Irlande. Les exportations de services financiers ont d’abord été frappées par la crise, comme partout ailleurs. Ensuite, les exportations de matériel informatique ont été touchées.
Reine du secteur dans les années 1990 quand les pays européens recherchaient des pays périphériques à coûts de production mois élevés, l’Irlande doit faire face depuis le tournant du millénaire à une concurrence de plus en plus prononcée des pays d’Europe de l’Est.
L’Irlande en récession, c’était bien inenvisageable ces dernières années quand elle caracolait en tête de la zone euro avec des taux de croissance de 6 à 7 %.
L’institut irlandais ESRI a été le premier à tirer la sonnette d’alarme en juin, en révisant en trois mois sa prévision de croissance pour 2008 de +1,8 % à -0,4 %.
Cela paraît désormais bien optimiste. Natixis a envisagé une baisse de 0,5 % hier, et Capital Economics de 1 %. « Mais le chiffre pourrait bien être bien pire encore », a estimé Jonathan Loynes.
« Au total, il est clair que le boom irlandais est bel et bien terminé », a-t-il ajouté. « Et avec la Banque centrale européenne s’inquiétant de l’inflation en zone euro, il y a peu d’aide à attendre à court terme » d’une éventuelle baisse de taux.
Howard Archer, du cabinet Global Insight, a noté qu’en plus de « l’effet massif » du retournement des marchés immobiliers et de la construction, l’Irlande a subi les problèmes européens comme « l’euro fort, les prix élevés du pétrole, des autres matières premières et de l’alimentation, la crise financière et le ralentissement mondial ».
Le Danemark a connu un épisode de récession cette année, mais l’Irlande, qui cumule ainsi problèmes personnels et collectifs, est le premier pays de la zone euro à subir le même sort. Il n’est certainement pas le dernier, de l’avis général des économistes.
« Le retournement a été plus sévère en Irlande que dans d’autres pays européens, mais je pense qu’un nombre grandissant vont la rejoindre dans la récession, dont le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie », a constaté Howard Archer, qui juge aussi cette situation « très possible en Allemagne et en France ».
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L’Irlande est entrée en récession au deuxième trimestre, devenant ainsi le premier pays de la zone euro à connaître cette situation cette année, en raison d’un retournement de la construction et de la consommation qui pourrait encore s’aggraver.
Le produit intérieur brut (PIB) irlandais a reculé de 0,5 % au deuxième trimestre par rapport au premier après un recul de 0,3 % au premier trimestre par rapport au quatrième trimestre 2007 : un recul du PIB deux trimestres de suite traduit le début d’une récession, selon une définition généralement admise.
« Au cours des premiers mois de l’année, la faiblesse de l’activité dans le secteur de la construction a été le principal coupable, avec un investissement en baisse de près de 20 %. À...