Les propositions entérinées à Berlin ne font pas l’unanimité au sein
des principales ligues européennes.
Le projet de l’Euroligue de réformer la principale Coupe européenne de basket-ball se heurte à de fortes résistances au sein des principales Ligues européennes qui ont esquissé à Paris un contre-projet bâti sur une formule de compétition moins restrictive.
« On est en plein imbroglio », a expliqué à l’AFP le vice-président de l’Union des Ligues européennes de basket-ball (ULEB), René Le Goff, par ailleurs président de la Ligue française (LFB) qui a réuni lundi et mardi à Paris la grande majorité de ses homologues européens.
L’Euroligue a en effet entériné début juillet à Berlin une réforme qui comporte, selon les principales ligues, trop de risques juridiques et politiques d’une part, et qui, d’autre part, n’est même « pas actée » puisqu’elle n’a pas obtenu les 4/5es des voix nécessaires à l’adoption du projet.
Actuellement, l’Euroligue fonctionne déjà sur principe de ligue semi-fermée avec 24 équipes dont une large part bénéficie d’un bail garanti de trois ans.
Aujourd’hui, elle veut aller plus loin en offrant notamment une place « à vie » à seize équipes choisies en fonction de leurs résultats, mais aussi selon des critères économiques.
Un modèle qui se rapprocherait de celui de la NBA, mais qui se heurte aux spécificités juridiques du sport européen. « On a fait faire une analyse juridique par un cabinet externe qui estime que le risque est très grand parce que les articles de la constitution européenne sur les règles de la concurrence s’appliqueraient à plein avec cette nouvelle formule », a expliqué M. Le Goff.
« On risque de plus de se retrouver avec une dimension politique à cette histoire avec ceux qui veulent défendre le modèle européen ouvert et respectueux de la logique sportive, soit un système aux antipodes de ce que propose l’Euroligue. »
À la recherche d’un consensus
Du coup, l’ULEB a dessiné les contours d’une contre-proposition, sur le modèle de la Ligue des champions de football. « Il n’y aurait plus de “ranking”, plus de club protégé pendant trois ans, plus de licence à vie, mais une compétition à 30 clubs, avec 22 clubs qualifiés directement et 16 autres passant par un tour préliminaire (qui en qualifierait la moitié, NDLR) », a souligné M. Le Goff.
« On a demandé aux ligues d’étudier cette formule et de se revoir d’ici à la fin octobre pour la valider et la soumettre à l’Euroligue », a ajouté M. Le Goff, assurant qu’elle avait reçu un accueil favorable de la plupart des ligues sauf de l’allemande qui préfère s’abstenir.
L’Euroligue a réagi par le biais d’un communiqué diffusé mardi. « À Berlin, 25 des 33 membres de l’assemblée générale ont voté en faveur du projet et cinq autres ont réservé leur réponse en attendant des compléments d’information », a souligné son directeur exécutif Jordi Bertomeu.
« Depuis, a-t-il ajouté, on a travaillé pour obtenir un consensus général tout en restant ouvert aux propositions pour améliorer la formule, comme la possibilité de faire disputer un tour préliminaire qui nous paraît intéressante puisqu’elle permet une compétition plus ouverte et plus fluide. »
« On est confiants dans les chances d’arriver à un accord à travers le dialogue », a conclu l’Euroligue. Au vu du contre-projet formulé par l’ULEB, rien ne semble moins sûr.
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