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Actualités - Opinion

La Situation Divisions chrétiennes et réconciliations nationales Mahmoud HARB

D’un côté la réconciliation, d’un autre les divisions. D’un côté, les rencontres entre adversaires, les poignées de main, les photos tout sourire. D’un autre, la joute verbale, les accusations, les attaques tous azimuts. Sleimane Frangié l’a bien relevé. Les chrétiens ont réussi à s’épargner les affres du 7 mai pour sombrer dans les querelles, au moment où les acteurs des incidents de la Montagne et de Beyrouth scellent leurs retrouvailles. Un pas supplémentaire – et pas des moindres – sera d’ailleurs franchi aujourd’hui dans le sens de la réconciliation intermusulmane. Il est désormais confirmé qu’une délégation hezbollahie sera reçue aujourd’hui même à Koraytem. Les députés Mohammad Raad, Amine Cherry et Mohammad Fadlallah ainsi que le vice-président du conseil politique du parti de Dieu, Mahmoud Comaty, s’afficheront donc sous les flashes aux côtés de Saad Hariri et de plusieurs responsables du Courant du futur pour apaiser les ardeurs de leurs partisans respectifs et couper court à la surenchère confessionnelle. Cette rencontre, minutieusement préparée, intervient parallèlement à l’amorce, depuis quelques semaines, d’un processus de coordination sécuritaire entre le responsable de liaison du Hezbollah, Wafic Safa, et le chef des RG des FSI, le colonel Wissam Hassan, aux dires de sources autorisées. Une source proche du Courant du futur souligne à cet égard que la formation haririenne est favorable à toute forme de coordination « qui puisse étouffer dans l’œuf toute velléité de dérapage sécuritaire ». « Wissam Hassan que nous respectons ne représente le Courant du futur ni de loin ni de près, ajoute toutefois cette source. Il s’agit d’un officier supérieur des FSI qui accomplit sa mission, et non pas d’un responsable partisan. » Une source autorisée de la majorité affirme de son côté que Saad Hariri « dialoguera avec les responsables du Hezbollah en toute ouverture et sans aucun complexe ». « Le but de cette démarche est d’inscrire le différend politique dans le cadre démocratique et d’en finir avec les rixes et les heurts. Les divergences politiques, les conflits d’opinions sont tout à fait légitimes et naturels. Mais le sang ne doit plus couler. Les parties prenantes à la réunion de Koraytem évoqueront tous les dossiers, sans exception : le règlement des problèmes sécuritaires dans les zones sensibles, l’éventuelle rencontre entre Saad Hariri et Hassan Nasrallah, le retrait des affiches, portraits et banderoles partisans de tout Beyrouth et pourquoi pas de tout le territoire », précise-t-elle. Cette source met en outre l’accent sur le fait qu’« il ne faut pas s’attendre à voir le Courant du futur et le Hezbollah cosigner un document ou une entente politique ». « Comme il l’a maintes fois affirmé, Saad Hariri reste attaché à ses alliances et à l’agenda du 14 Mars. Les accords de Doha et de Taëf sont les seules plates-formes politiques qui puissent servir de base au dialogue avec l’autre camp », a-t-elle indiqué. De l’autre côté de la carte confessionnelle, les divisions interchrétiennes ranimées par l’incident de Bsarma continuent d’alimenter la polémique. Même le mea culpa lucide et profond de Samir Geagea n’a pas réussi à résorber les tensions ou du moins à geler le ping-pong médiatique. Les Marada et le CPL ont en effet riposté avec virulence aux excuses du chef des FL, s’en prenant notamment au patriarche maronite. Un déluge de critiques s’est ainsi abattu sur Bkerké et sur l’évêque Roland Abou Jaoudé qui a célébré la messe en l’honneur des « martyrs de la résistance libanaise ». De plus, une source proche du Courant aouniste a indiqué à l’agence al-Markazia que Nasrallah Sfeir « ne peut plus jouer de rôle central dans la réconciliation interchrétienne, eu égard à ses dernières prises de position ». Il reste que si les remontrances adressées par le patriarche maronite à « celui qui prétend lutter contre la corruption » a suscité l’ire de Rabieh, les propos tenus hier par le patriarche grec-orthodoxe ne seront pas pour satisfaire les milieux du CPL. Ignace IV Hazim a en effet jugé que la bataille autour des prérogatives du vice-Premier ministre – menée par Issam Abou Jamra et Michel Aoun – « n’a pas lieu d’être »… Toujours est-il que dans ce contexte, plusieurs initiatives de réconciliations interchrétiennes sont menées en coulisses. Pour le moment, aucune d’elles n’a encore abouti, aux dires de sources autorisées qui indiquent que Michel Sleiman ne devrait pas manquer de contribuer activement à ce processus, dès son retour de sa tournée à l’étranger. Il va sans dire que ces démarches sont motivées par les craintes justifiées de heurts et d’incidents sécuritaires entre les adversaires chrétiens. Toujours est-il que la pluralité, la diversité, l’existence de plusieurs voix, de plusieurs forces politiques au sein de la communauté chrétienne ne devraient pas être perçues comme une menace, mais plutôt comme une garantie pour la démocratie et la liberté dans un Liban où les autres collectivités sont habituellement nanties d’un seul chef. Tant que multipolarité ne dégénère pas en nouvelle guerre de l’élimination…
D’un côté la réconciliation, d’un autre les divisions.
D’un côté, les rencontres entre adversaires, les poignées de main, les photos tout sourire. D’un autre, la joute verbale, les accusations, les attaques tous azimuts.
Sleimane Frangié l’a bien relevé. Les chrétiens ont réussi à s’épargner les affres du 7 mai pour sombrer dans les querelles, au moment où les acteurs des incidents de la Montagne et de Beyrouth scellent leurs retrouvailles.
Un pas supplémentaire – et pas des moindres – sera d’ailleurs franchi aujourd’hui dans le sens de la réconciliation intermusulmane. Il est désormais confirmé qu’une délégation hezbollahie sera reçue aujourd’hui même à Koraytem. Les députés Mohammad Raad, Amine Cherry et Mohammad Fadlallah ainsi que le vice-président du conseil politique du parti de...