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Actualités - Chronologie

Terrorisme Attentat du « Marriott » : le Pakistan accuse les talibans liés à el-Qaëda

Condamnation unanime de l’attaque au camion piégé ayant tué au moins 60 personnes à Islamabad. Le Pakistan a accusé hier les talibans pakistanais liés à el-Qaëda d’avoir perpétré l’attaque au camion piégé ayant tué la veille au moins 60 personnes à Islamabad, dans un pays en proie à une vague d’attentats islamistes qui a fait près de 1 300 morts en plus d’un an. Le conseiller du Premier ministre chargé de l’Intérieur, Rehman Malik, a expliqué à la presse que les responsables de l’attentat contre l’hôtel Marriott venaient des zones tribales du nord-ouest du Pakistan frontalières avec l’Afghanistan, repaires de combattants islamistes proches d’el-Qaëda et des talibans afghans. « Tous les chemins conduisent aux Fata », l’acronyme désignant ces zones tribales, a-t-il dit. Cet attentat, avec 600 kg d’explosifs, « porte la marque d’el-Qaëda », avait déclaré auparavant à l’AFP un enquêteur. Personne n’a revendiqué cette attaque – « le 11-Septembre du Pakistan » selon Najam Sethi, rédacteur en chef du Daily Times – mais les spécialistes du réseau d’Oussama Ben Laden estiment depuis des mois que le nord-ouest du Pakistan est devenu « le nouveau front de la guerre contre le terrorisme ». Les États-Unis sont convaincus que les talibans et el-Qaëda ont reconstitué leurs forces dans ces zones tribales. Les forces américaines en Afghanistan y multiplient les tirs de missiles ciblant les combattants fondamentalistes, mais sans épargner des civils, au grand dam d’Islamabad qui proteste en vain. Washington estime en outre qu’Islamabad ne fournit pas assez d’efforts dans le cadre de sa « guerre contre le terrorisme ». Sous pression américaine, l’armée pakistanaise a donc lancé en août une vaste offensive dans le district tribal de Bajaur, qui a fait 800 morts, pour l’essentiel des combattants islamistes. Oussama Ben Laden en personne et son adjoint Ayman al-Zawahiri – dont Washington pense qu’ils se terrent dans les zones tribales – avaient décrété il y a un an le jihad au général Pervez Musharraf, qualifié de « chien de Bush ». Or son successeur à la présidence du Pakistan, Asif Ali Zardari, est perçu, dans son pays comme à l’étranger, lui aussi comme « l’homme des États-Unis ». Il a promis samedi soir d’éliminer le « cancer » du terrorisme et a reçu le soutien de toute la communauté internationale condamnant d’une seule voix un acte « ignoble ». Le bilan officiel était hier soir de 53 morts et 266 blessés selon M. Malik, mais plusieurs responsables de la police ont assuré à l’AFP qu’au moins 60 personnes avaient péri, dont un Américain et un autre « étranger ». Prague a annoncé que son ambassadeur au Pakistan, Ivo Zdarek, avait été tué dans l’attentat et le Danemark qu’un de ses diplomates était porté disparu. Et les secouristes s’affairaient toujours dimanche soir pour rechercher des corps dans les décombres de l’hôtel de luxe, entièrement dévasté et calciné par l’incendie qui a suivi l’attentat. Une vidéo diffusée hier à la télévision a montré que le kamikaze a d’abord précipité son énorme camion sur la barrière de sécurité du Marriott, avant de se faire exploser dans la cabine. Plusieurs minutes après, l’énorme charge de 600 kg a sauté. Un cratère de 18 m de diamètre et huit mètres de profondeur trouait la chaussée. Les alentours ressemblaient encore dimanche soir à une vraie scène de guerre. L’attentat contre l’hôtel Marriott a été fermement condamné, les États-Unis, la Russie, la Chine, l’Inde et les pays européens assurant le Pakistan de leur soutien et de leur détermination à lutter contre le terrorisme. Paris et l’OTAN démentent les rumeurs sur les soldats tués en Afghanistan À la veille d’un vote au Parlement français sur l’engagement en Afghanistan, Paris et l’OTAN sont montés au créneau hier pour démentir l’existence d’un rapport « secret » qui affirme que les soldats français étaient sous-équipés lors de l’embuscade meurtrière d’août. Le journal canadien Globe and Mail a relancé samedi la polémique sur les combats du 18 août au cours desquels dix soldats français ont été tués et 21 blessés par quelque 150 talibans dans la vallée d’Uzbeen, à l’est de Kaboul. Le quotidien a fait état de l’existence d’un rapport « secret » de l’OTAN selon lequel les Français avaient manqué de munitions et de moyens de communication, face à des rebelles bien équipés. « Je suis en mesure d’affirmer qu’il n’y a eu aucun rapport, ni de l’OTAN, ni de l’ISAF (la force internationale en Afghanistan) sur ces événements », a affirmé à l’AFP le porte-parole de l’Alliance, James Appathurai. « Il n’y a pas de rapport de l’OTAN », a confirmé pour sa part le porte-parole de l’état-major français, le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, qui a fait état de « rumeurs ». Zardari demande au Parlement de réduire ses pouvoirs Le nouveau président du Pakistan, Asif Ali Zardari, a demandé samedi au Parlement de réduire les pouvoirs que s’était attribués son prédécesseur Pervez Musharraf. « Je demande au Parlement de former une commission rassemblant tous les partis afin de revoir » les dispositions de la Constitution octroyant au chef de l’État notamment les pouvoirs de dissoudre le Parlement et de démettre le gouvernement, a déclaré le veuf de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, dans son premier discours devant les députés et sénateurs. « Vous avez une responsabilité : celle de mettre un terme à ces distorsions de la Constitution introduites par les dictateurs successifs qui voulaient prolonger leur pouvoir », a poursuivi M. Zardari. Mais la nouvelle coalition au pouvoir est extrêmement fragile et M. Zardari devra rassembler une majorité qualifiée des deux tiers des deux Chambres du Parlement pour modifier la Constitution. Cela ne devrait pas poser de problème majeur puisque même l’opposition réclame un régime parlementaire dans lequel le président ne dispose que de pouvoirs restreints. L’ambassade de Grande-Bretagne au Yémen fermée après l’attentat antiaméricain L’ambassade de Grande-Bretagne à Sanaa a fermé ses portes jusqu’à nouvel ordre, a déclaré samedi une source diplomatique britannique trois jours après un attentat meurtrier contre la chancellerie des États-Unis dans la capitale yéménite. À Londres, le porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré que les services de l’ambassade avaient été « suspendus provisoirement (...) jusqu’à ce que des mesures de sécurité additionnelles aient été mises en place ». L’attentat a été revendiqué par le groupe le Jihad islamique au Yémen, qui a dit être lié à el-Qaëda, a demandé la fermeture des chancelleries américaine et britannique et a menacé les autorités yéménites, les intérêts occidentaux ainsi que l’ambassade d’Arabie saoudite à Sanaa. Le groupe réclame la libération de ses détenus dans les prisons yéménites. Les services de sécurité yéménites ont pour leur part renforcé les mesures de sécurité autour des missions diplomatiques étrangères et ailleurs dans la capitale yéménite.
Condamnation unanime de l’attaque au camion piégé ayant tué au moins 60 personnes à Islamabad.


Le Pakistan a accusé hier les talibans pakistanais liés à el-Qaëda d’avoir perpétré l’attaque au camion piégé ayant tué la veille au moins 60 personnes à Islamabad, dans un pays en proie à une vague d’attentats islamistes qui a fait près de 1 300 morts en plus d’un an.
Le conseiller du Premier ministre chargé de l’Intérieur, Rehman Malik, a expliqué à la presse que les responsables de l’attentat contre l’hôtel Marriott venaient des zones tribales du nord-ouest du Pakistan frontalières avec l’Afghanistan, repaires de combattants islamistes proches d’el-Qaëda et des talibans afghans.
« Tous les chemins conduisent aux Fata », l’acronyme désignant ces zones tribales, a-t-il dit. Cet attentat,...