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Actualités

Société À Dubaï, le ramadan est aussi un « business »

Loin des banquets de charité, les hôteliers rivalisent d’ingéniosité pour animer les soirées d’une clientèle huppée et dépensière. À Dubaï, cette ville-État entièrement vouée aux affaires où le luxe s’affiche de manière tapageuse, le mois sacré est pour ces professionnels une autre occasion de faire de l’argent, comme le dit franchement le responsable d’une des 35 tentes de ramadan ouvertes à travers la ville. « Dubaï est devenue au fil des ans un endroit des plus cosmopolites et ma clientèle est internationale. Le ramadan crée une atmosphère propice pour notre business, et on en profite », déclare à l’AFP Rami Shehada, qui dit avoir été l’un des précurseurs de ce concept des tentes, importé d’Égypte et du Liban. La tente, dressée au milieu d’un parc entouré d’immeubles flambant neufs, peut accueillir jusqu’à 600 clients qui, moyennant 100 dirhams chacun (27 dollars), peuvent profiter d’un buffet oriental pour l’« iftar », le repas de rupture du jeûne, et passer la soirée entre amis. Mais la note est en général beaucoup plus lourde, car on facture les plats à la carte, tout comme les « chichas », dont la consommation explose à Dubaï en dépit des mesures antitabac prises par les autorités. Le prix par personne peut alors être multiplié par huit. L’accès à l’une des tentes montées sur un bateau de croisière coûte à lui seul 600 dirhams (163 dollars). Le contraste est frappant avec les banquets de charité que multiplient associations religieuses, bienfaiteurs et groupes commerciaux à même la rue, autour des mosquées, et où tout un chacun peut prendre gratuitement l’« iftar ». Une poignée de dates, un plat de riz à la viande ou au poulet et une barquette de jus constituent le menu immuable de ces restaurants du cœur. « Parfois, je refuse de la clientèle, surtout le week-end », dit avec malice M. Shehada, en assurant que sa tente, sponsorisée par un groupe immobilier, est « la plus élégante de la ville ». Écrans plats branchés sur les chaînes musicales, sofas d’un blanc immaculé, tables basses et plantes vertes remplissent l’immense espace où l’air est brassé par de puissants climatiseurs. Le décor est similaire, mais encore plus luxueux, dans un hôtel cinq étoiles voisin. La tente y est disposée autour d’une piscine qui donne sur des gratte-ciel illuminés. Les 300 places sont entièrement réservées durant tout le mois pour des iftars offerts par les grandes firmes à leurs employés et clients. Un soin particulier est apporté à la cuisine, plus variée. Sushis japonais et plats indiens au curry s’ajoutent ainsi aux assortiments de salades libanaises. « Je ne m’attendais pas à faire si bien », déclare Ashok Subba, un ressortissant indien qui dirige le restaurant, dont une partie a été aménagée en tente. « Ici, on est quasiment plein de l’iftar au “souhour” », le repas tardif pris à l’aube, juste avant le début du jeûne quotidien, souligne-t-il, alors que des musiciens se préparent à jouer de la musique classique arabe et que les serveurs virevoltent entre les tables des 300 invités d’un grand groupe immobilier. À la tête d’une chaîne de 14 restaurants, l’Émirati Hamad Mohammad Hareb confirme que le ramadan constitue « la haute saison ». « Les affaires sont meilleures cette année en dépit de la hausse des prix des produits alimentaires », ajoute-t-il, expliquant le succès des tentes par le fait que « Dubaï attire toujours plus de monde et (qu’)il y a donc plus de clients potentiels ».
Loin des banquets de charité, les hôteliers rivalisent d’ingéniosité pour animer les soirées d’une clientèle huppée et dépensière.
À Dubaï, cette ville-État entièrement vouée aux affaires où le luxe s’affiche de manière tapageuse, le mois sacré est pour ces professionnels une autre occasion de faire de l’argent, comme le dit franchement le responsable d’une des 35 tentes de ramadan ouvertes à travers la ville. « Dubaï est devenue au fil des ans un endroit des plus cosmopolites et ma clientèle est internationale. Le ramadan crée une atmosphère propice pour notre business, et on en profite », déclare à l’AFP Rami Shehada, qui dit avoir été l’un des précurseurs de ce concept des tentes, importé d’Égypte et du Liban. La tente, dressée au milieu d’un parc entouré d’immeubles flambant...