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Actualités - Analyse

Développement Les investissements seront-ils au rendez-vous de la zone franche de Tripoli ?

Mahmoud HARB Le gouvernement a amorcé le processus de création d’une « zone économique spéciale » dans la deuxième ville du pays. Mais ce projet, qui doit permettre de relancer l’économie du Liban-Nord, n’en est encore qu’à ses débuts. Pour faire face à la crise sécuritaire qui a ébranlé la capitale du Nord au cours des derniers mois, le gouvernement avait annoncé un plan composite reposant à la fois sur la recherche d’une solution politique aux heurts intermiliciens et sur la mise en place de projets de développement économiques dans la région. Dans le but de réduire la pauvreté endémique qui offre un terrain propice à la montée de l’intégrisme, le cabinet a fait voter, lors de la dernière séance législative du Parlement, un projet de loi datant de 2005 et stipulant la création d’une zone économique spéciale dans Tripoli. Quelle est donc l’utilité de cette zone et en quoi consistent ses principaux avantages pour la capitale du Liban-Nord ? Dans un entretien avec L’Orient-Le Jour, le président du Conseil du développement et de la reconstruction, Nabil Jisr, originaire de Tripoli, a noté que la ville « a attiré très peu d’investissements et de touristes étrangers au cours des dernières années ». « Tripoli s’est économiquement recroquevillée sur elle-même. L’argent qui y circule est dépensé par les résidants ou transféré par les expatriés dont les familles vivent dans cette région », a-t-il précisé. Le but de la nouvelle structure est donc de désenclaver l’économie de la ville, en y créant une zone franche « sur le modèle de Djebel Ali aux Émirats arabes unis ». Ainsi, tout projet d’investissement dans cette zone sera exempté des frais de douane à l’export aussi bien qu’à l’import, de l’impôt sur les bénéfices, des taxes immobilières et des impôts sur les émissions de valeurs mobilières et de titres financiers. Les salariés des compagnies concernées seront affranchis de l’impôt sur le revenu. Par contre, tout produit exporté de la zone économique vers le reste du territoire libanais sera soumis aux taxes douanières, conformément aux dispositions de la loi en la matière. Plus précisément, ces incitations et avantages permettront aux sociétés de réduire considérablement leurs charges fiscales, opérationnelles, salariales ou autres. Les compagnies industrielles pourront importer machines, matières premières et produits semi-finis sans avoir à acquitter de frais de douane, pour fabriquer et exporter leurs propres produits à moindre coût, note une source proche de ce dossier. Il en va de même pour les entreprises commerciales spécialisées dans le transit, l’import et l’export. Aux côtés de ces avantages, les sociétés concernées pourront profiter de la position stratégique de Tripoli pour les échanges régionaux, la ville étant à la fois portuaire et proche de la Syrie. Le gouvernement mise sur le fait que cet arsenal d’incitations devrait drainer des capitaux privés vers le Nord. Le développement du secteur privé, « moteur de la croissance », selon Nabil Jisr, devrait créer des emplois pour les Tripolitains et améliorer les conditions socio-économiques à Tripoli. Sauf qu’avant d’en arriver là, il reste à concrétiser les stipulations de la loi de la zone économique sur le terrain. Il s’agit en premier pour le gouvernement d’émettre les décrets d’application dudit texte législatif. Les autorités doivent notamment choisir l’emplacement de la zone économique à Tripoli. Le port de la ville a, semble-t-il, de fortes chances d’être sélectionné pour accueillir la structure. Mais d’autres solutions sont également envisagées. Le gouvernement devrait également nommer les membres de l’Autorité générale de la zone économique spéciale à Tripoli. Cette instance qui échappe au contrôle de l’Inspection centrale et du Conseil de la Fonction publique est directement rattachée à la présidence du Conseil. Elle a pour mission d’élaborer et de suivre l’application des projets implantés dans la zone. Elle est également autorisée à conclure des contrats avec des personnes morales ou physiques auxquelles elle pourra confier la gestion de la zone. Le Premier ministre Siniora a nommé, jeudi dernier, un comité ad hoc présidé par le magistrat Choukri Sader et qui a pour mission d’élaborer les statuts de l’autorité. Ce comité s’est réuni mercredi, pour la première fois, afin de procéder à une lecture détaillée de la loi en question qui est en passe d’être publiée dans le Journal officiel. La création effective de la zone n’est donc pas pour sitôt, eu égard à la lourdeur et à la lenteur de la machine de l’État. Nabil Jisr exhorte donc les députés et responsables de Tripoli à suivre l’application de ce dossier et à encourager le gouvernement à accélérer son exécution. « Les Tripolitains doivent saisir cette chance en or qui leur est offerte, conclut-il, sinon, ils n’auront qu’à pleurer sur les ruines de leur économie. »
Mahmoud HARB

Le gouvernement a amorcé le processus de création d’une « zone économique spéciale » dans la deuxième ville du pays. Mais ce projet, qui doit permettre de relancer l’économie du Liban-Nord, n’en est encore qu’à ses débuts.

Pour faire face à la crise sécuritaire qui a ébranlé la capitale du Nord au cours des derniers mois, le gouvernement avait annoncé un plan composite reposant à la fois sur la recherche d’une solution politique aux heurts intermiliciens et sur la mise en place de projets de développement économiques dans la région. Dans le but de réduire la pauvreté endémique qui offre un terrain propice à la montée de l’intégrisme, le cabinet a fait voter, lors de la dernière séance législative du Parlement, un projet de loi datant de 2005 et stipulant la création d’une...