Après le sauvetage historique de l’assureur AIG par la Fed et le rachat par Barclays d’une partie des actifs de Lehman Brothers, les regards se tournent aujourd’hui sur la banque britannique HBOS, qui devrait être rachetée en urgence par sa rivale Lloyds TSB.
Alors que depuis ce week-end, la planète financière va de bouleversement en bouleversement, l’œil du cyclone, jusqu’ici concentré sur Wall Street, se déplaçait désormais vers les autres établissements perçus comme les prochains « maillons faibles », au premier rang desquels le groupe bancaire Halifax-Bank of Scotland (HBOS).
Jusqu’à l’an dernier, ce groupe écossais issu de la fusion en 2001 de la Bank of Scotland, plus ancienne banque de détail britannique, et de Halifax, numéro un des crédits immobiliers en Grande-Bretagne, était l’incarnation du sérieux et de la solidité, et l’une des toutes premières banques du Royaume-Uni.
Mais la crise du crédit a tout balayé. Depuis son éclatement l’an dernier, HBOS s’est retrouvée plongée dans une effroyable tourmente boursière, alimentée par ses besoins importants en liquidités et sa forte exposition à un marché immobilier britannique en plein marasme.
La précédente attaque remonte à mars, lorsque le cours de Bourse de HBOS a chuté de 17 % suite à des rumeurs la donnant au bord de la faillite. Des spéculations qui faisaient suite au rachat en catastrophe de Bear Stearns par JPMorgan.
Avec le dépôt de bilan de Lehman Brothers lundi matin, les spéculations ont repris de plus belle, en dépit des dénégations de la banque et du régulateur du secteur financier britannique, qui ont assuré qu’elle n’avait aucun problème de financement.
Hier, le cours de HBOS a ainsi plongé encore de 52 % en début de séance, faisant perdre au groupe les deux tiers de sa valeur depuis le début de la semaine.
Mais des espoirs de sauvetage du groupe par un chevalier blanc ont permis à la banque d’enrayer sa chute libre en milieu de matinée. En effet, HBOS pourrait être rachetée pour 15 milliards de livres (environ 19 milliards d’euros) par sa compatriote et rivale Lloyds TSB, a indiqué hier le responsable du service économique de la BBC Robert Peston.
En séance, portée par ces espoirs, HBOS regagnait 3,90 % à 189,10 pence.
Autre chamboulement qui secouait le secteur bancaire britannique et mondial, Barclays a annoncé dans la nuit l’acquisition de la majeure partie des activités de Lehman Brothers aux États-Unis.
Un coup stratégique incroyable : pour un prix (250 millions de dollars) qui aurait été jugé ridicule il y a à peine quelques mois, Barclays va faire de sa filiale BarCap la troisième banque d’affaires de Wall Street, payant de surcroît 1,5 milliard de dollars pour le siège new-yorkais et deux centres de traitement de données dans le New Jersey.
De l’autre côté de l’Atlantique, le sauvetage historique de l’assureur AIG par la Fed n’a que temporairement rassuré les places boursières qui s’interrogent déjà sur le nom de la prochaine victime de la crise financière.
La Banque centrale américaine, la Fed, qui était restée inflexible dimanche devant les difficultés de Lehman Brothers, a opéré avant-hier un virage à 180 degrés, en apportant une aide sans précédent de 85 milliards de dollars à l’assureur AIG dont elle a pris le contrôle à 79,9 %.
La Réserve fédérale s’est résolue à prêter elle-même les sommes nécessaires à AIG, alors que l’ex-numéro un mondial de l’assurance ne disposait plus que de quelques heures avant de devoir déposer son bilan, ce qui aurait pu provoquer selon des analystes une réaction en chaîne aux conséquences incalculables.
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Alors que depuis ce week-end, la planète financière va de bouleversement en bouleversement, l’œil du cyclone, jusqu’ici concentré sur Wall Street, se déplaçait désormais vers les autres établissements perçus comme les prochains « maillons faibles », au premier rang desquels le groupe bancaire Halifax-Bank of Scotland (HBOS).
Jusqu’à l’an dernier, ce groupe écossais issu de la fusion en 2001 de la Bank of Scotland, plus ancienne banque de détail britannique, et de Halifax, numéro un des crédits immobiliers en Grande-Bretagne, était...