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Nucléaire Cinq ex-secrétaires d’État US appellent au dialogue avec Téhéran

L’Iran fait la sourde oreille aux appels de l’AIEA à la transparence Quelques heures après la publication, lundi, d’un rapport de l’AIEA appelant Téhéran à la transparence sur le dossier du nucléaire, cinq anciens secrétaires d’État américains ont appelé la prochaine administration à ouvrir le dialogue avec l’Iran plutôt que d’envisager des options militaires insatisfaisantes. « Franchement, les options militaires sont très pauvres. Nous ne voulons pas suivre cette voie », a déclaré Warren Christopher, qui a travaillé sous la présidence de Bill Clinton de 1993 à 1997. Outre Christopher, Colin Powell, Madeleine Albright, James Baker et Henry Kissinger se sont joints à cet appel au dialogue. « Je crois que tout consiste à essayer de discuter et de s’accorder avec les pays qui vous posent problème », a dit Albright lors d’un forum organisé à l’Université George Washington. Powell, membre de l’administration Bush de 2001 à 2005, a pour sa part déclaré que des discussions indirectes ont eu lieu pendant le premier mandat de Bush, mais ont été interrompues en 2003. Ces déclarations interviennent alors que l’AIEA a déploré de n’avoir pu faire des « progrès substantiels » pour éclaircir de « prétendues études » menées par Téhéran sur une possible militarisation de son programme nucléaire. En outre, Téhéran a opposé, hier, une fin de non-recevoir au rapport de l’agence onusienne déclarant qu’il n’entendait pas répondre aux « allégations » sur son programme nucléaire. Alors que l’agence a demandé à l’Iran de se soumettre à nouveau au protocole additionnel du Traité de non-prolifération, qui permettrait des contrôles plus poussés de son programme, et que l’Iran a cessé d’appliquer en 2006 lors du transfert de son dossier au Conseil de sécurité, le représentant de l’Iran auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a déclaré que l’agence ne doit « pas s’attendre à ce que nous appliquions le protocole additionnel ». L’Iran a aussi dit qu’il poursuivrait son enrichissement d’uranium, en violation de quatre résolutions du Conseil de sécurité, dont trois assorties de sanctions. Ce procédé permet d’obtenir aussi bien le combustible pour une centrale nucléaire que la matière première d’une bombe atomique. À ce sujet, l’Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS), une organisation américaine, a déclaré hier que l’Iran a réalisé des « progrès significatifs dans le développement et l’opération des centrifugeuses » d’enrichissement. Elles tourneraient « maintenant à environ 85 % de leur capacité théorique », selon l’ISIS, qui calculait ce taux à 50 % à partir des données d’un rapport de l’AIEA en mai dernier. Selon l’agence, l’Iran a produit environ 480 kg d’uranium faiblement enrichi au 30 août 2008. Pour un haut responsable de l’AIEA, il faudrait à l’Iran quelque 1 700 kg d’uranium faiblement enrichi pour pouvoir fabriquer une bombe atomique. Mais selon l’ISIS, l’Iran pourrait, « dans des conditions optimales », se contenter d’obtenir entre 700 et 800 kg d’uranium faiblement enrichi pour produire le cas échéant 20 à 25 kg d’uranium, suffisants pour une arme à fission (nucléaire). Il lui suffirait six mois pour atteindre ce niveau, selon le responsable de l’AIEA. Il faudrait encore, si telle était son intention, que l’Iran réinjecte cet uranium dans ses centrifugeuses pour le porter à un taux d’enrichissement proche de 90 %, contre moins de 5 % actuellement. Une opération qui ne pourrait pas s’effectuer sans que l’AIEA ne la remarque. Face à l’attitude iranienne, la France tout comme les États-Unis se sont déclarés favorables à de nouvelles sanctions contre Téhéran, alors que la Chine a dit que cela n’était pas une « solution ». Les Six (États-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France, Allemagne) doivent se réunir vendredi au niveau des directeurs politiques des Affaires étrangères.
L’Iran fait la sourde oreille aux appels de l’AIEA
à la transparence

Quelques heures après la publication, lundi, d’un rapport de l’AIEA appelant Téhéran à la transparence sur le dossier du nucléaire, cinq anciens secrétaires d’État américains ont appelé la prochaine administration à ouvrir le dialogue avec l’Iran plutôt que d’envisager des options militaires insatisfaisantes. « Franchement, les options militaires sont très pauvres. Nous ne voulons pas suivre cette voie », a déclaré Warren Christopher, qui a travaillé sous la présidence de Bill Clinton de 1993 à 1997. Outre Christopher, Colin Powell, Madeleine Albright, James Baker et Henry Kissinger se sont joints à cet appel au dialogue. « Je crois que tout consiste à essayer de discuter et de s’accorder avec les pays qui vous posent...