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Actualités - Chronologie

Pétrole Malgré la décision de l’OPEP, l’Arabie veillera sur l’équilibre du marché

Coincée entre les « durs » de l’OPEP et ses alliés occidentaux, Riyad a dû accepter une réduction de la production du cartel pétrolier pour préserver l’unité de l’organisation, mais les analystes dans le Golfe ne doutent pas qu’elle continuera à répondre aux besoins du marché. «Je ne pense pas que l’Arabie saoudite réduise sa production, à moins que ce ne soit nécessaire. Elle a toujours été le leader des efforts pour stabiliser les prix et assurer l’équilibre du marché », a déclaré à l’AFP l’expert koweïtien Kamel al-Harami. « Je ne m’attends pas non plus à ce que d’autres pays de l’OPEP réduisent (leurs extractions) et le scénario le plus probable est qu’ils vont attendre jusqu’à leur réunion de décembre pour prendre une décision finale », a-t-il ajouté. Le royaume saoudien, qui assure environ le tiers de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), est soumis aux pressions opposées des « faucons » du cartel, partisans d’une baisse de l’offre pour enrayer la chute des prix, et des pays consommateurs, conduits par les États-Unis, qui réclament davantage de pétrole sur le marché. Après une réunion-marathon à Vienne qui s’est terminée mercredi à l’aube, l’OPEP a pris la décision inattendue de retirer 520 000 barils par jour du marché, ce qui a été interprété comme une défaite pour Riyad. Cette décision n’affecte toutefois pas les quotas officiels de production, qui s’élèvent à 28,8 millions bj (mbj), mais vise à retirer du marché le surplus de production. La plupart des pays dépassent, en effet, leurs quotas et devraient donc tous réduire leur production pour appliquer la décision du cartel, explique M. Harami. Avant la réunion, l’influent ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi, avait pourtant jugé que le marché était « assez bien équilibré », laissant entendre que le niveau de production de l’OPEP resterait inchangé. L’Iran et le Venezuela, traditionnels leaders des « durs » au sein du cartel, ont fait campagne pour une baisse, recevant le soutien de l’Algérie et de la Libye. « Oui, le royaume a été mis sous pression (...), mais la réduction de 520 000 bj n’aura pas un grand effet sur les prix, car l’excédent (de brut) sur le marché atteint quelque deux mbj », a estimé l’économiste saoudien Ali al-Dakkak. Les États-Unis ont aussitôt critiqué la décision de Vienne. « Nous voudrions voir plus de pétrole sur le marché, pas moins », a déclaré la porte-parole de la présidence américaine, Dana Perino. « La politique pétrolière saoudienne a pour but depuis un certain temps d’atteindre un équilibre entre les deux parties, en prenant en considération la situation du marché et les prix », a ajouté M. Dakkak. « Lorsqu’il y a une pénurie dans les approvisionnements, Riyad augmente la production, et vice-versa », a-t-il expliqué. Le royaume a ainsi augmenté sa production de 500 000 bj en mai et juin alors que les prix s’envolaient. En août, il pompait 9,45 mbj, bien au-delà de son quota de 8,94 mbj, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les cours du brut ont atteint un record de 147 dollars/baril en juillet, mais ont chuté depuis de 30 %, passant mardi sous la barre symbolique des 100 dollars/baril au moment même où l’OPEP était réunie à Vienne. Pour M. Dakkak, la décision de Riyad d’accepter cette réduction a permis de maintenir l’unité de l’OPEP, car « l’Arabie saoudite ne veut pas engager une guerre des prix avec certains membres » du cartel. L’OPEP est aussi hantée par le risque d’une chute brutale des cours, comme ce fut le cas à la fin des années 1990 lorsque le prix du baril était tombé de 20 à 8 dollars. « Il y a une crainte réelle que les cours du pétrole s’effondrent, car l’offre est supérieure à la demande. Bien que l’Arabie saoudite puisse supporter une forte baisse des prix, elle cherche un prix “objectif” aux alentours de 90 à 95 dollars/baril », conclut-il.
Coincée entre les « durs » de l’OPEP et ses alliés occidentaux, Riyad a dû accepter une réduction de la production du cartel pétrolier pour préserver l’unité de l’organisation, mais les analystes dans le Golfe ne doutent pas qu’elle continuera à répondre aux besoins du marché.
«Je ne pense pas que l’Arabie saoudite réduise sa production, à moins que ce ne soit nécessaire. Elle a toujours été le leader des efforts pour stabiliser les prix et assurer l’équilibre du marché », a déclaré à l’AFP l’expert koweïtien Kamel al-Harami. « Je ne m’attends pas non plus à ce que d’autres pays de l’OPEP réduisent (leurs extractions) et le scénario le plus probable est qu’ils vont attendre jusqu’à leur réunion de décembre pour prendre une décision finale », a-t-il ajouté.
Le royaume...