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Actualités - Opinion

Les nominations, un jeu de chaises musicales réservé, cette fois, aux champions propres

Le président Michel Sleiman assure que le prochain train de nominations aura lieu sur base de la compétence, loin de tout clientélisme, ajoutant qu’il faut saisir l’occasion de promouvoir un effectif qualifié et qu’il n’y aura pas de litiges sur les choix à retenir. Un ancien haut commis de l’État observe qu’un tri judicieux, particulièrement au niveau de la première catégorie, constitue déjà un premier barrage face à la corruption. Surtout quand on disqualifie le clientélisme politique ou communautaire, au profit de la spécialisation et de l’expérience. La lutte contre la corruption commence par le haut de la pyramide. Un président de la République intègre ne fait appel qu’à un président du Conseil qui le soit, ce dernier s’entourant naturellement de ministres parfaitement transparents, ce qui se répercute sur les cadres de leurs départements respectifs. En pratique, il est nécessaire, pour assurer une saine sélection, de recourir au concours des organismes de contrôle administratifs, notamment le Conseil de la fonction publique et l’Inspection centrale. Pour la bonne raison qu’ils sont le mieux informés sur l’état de service des fonctionnaires. Ils peuvent établir des listes de plusieurs noms pour les directions générales ou autres grands postes à pourvoir. En tenant compte des conditions exigées, qu’elles soient techniques ou relatives aux équilibres communautaires. Avec échange éventuel de chasse gardée, au cas où l’on ne trouverait pas, pour une fonction déterminée, de postulant appartenant à la communauté traditionnellement détentrice de ce poste. La bonne règle induit qu’un ministre soumette les recommandations des organismes de contrôle au Conseil des ministres, tout en soulignant, le cas échéant, ses propres préférences. Le Conseil tranche ensuite et décrète les nominations, soit à l’amiable, soit à l’issue d’un vote nécessitant une majorité des deux tiers. Il est clair que les nominations ne doivent pas être effectuées à partir d’une confiance aveugle, mais sur base de capacités certifiées. Un critère qui doit de plus en plus prendre le pas sur le confessionnalisme que l’évolution des temps et le service d’État bien compris commandent d’abolir progressivement. Rotation Toujours pour améliorer la technicité et le climat même du travail, l’ancien responsable cité estime qu’à l’avènement de tout nouveau régime, les fonctionnaires de première catégorie précédemment nommés hors cadre devraient présenter leur démission. Le cabinet mis en place aurait à les accepter, à les refuser ou à proposer un contrat quelconque, au cas par cas. Parallèlement, les fonctionnaires du cadre seraient soumis à un large mouvement administratif, les affectations visant à placer the right man at the right place. En tenant compte de la nécessité de veiller à la cohésion du corps administratif, c’est-à-dire à une bonne coordination entre les cadres supérieurs et leurs subordonnés. Il est de même essentiel, répète cette source, que l’allégeance d’un fonctionnaire, en tant que tel, aille à l’État et à lui seul, sans référence à des recours extérieurs, partisans ou confessionnels. En revanche, les fonctionnaires déclarés mis à disposition, c’est-à-dire mis sur la touche, ont le droit d’être rapidement fixés sur leur sort. Il y va d’ailleurs de l’intérêt des finances publiques, car leur nombre accumulé en fait des bouches inutiles que le Trésor nourrit. On pourrait, par ailleurs, aérer régulièrement les hautes sphères de l’administration en opérant des permutations tous les cinq ou six ans. D’autant qu’un nouveau régime peut souhaiter installer à des postes sensibles un personnel lui inspirant confiance. Cela, naturellement, sans préjudice pour le critère de compétence et de spécialisation. À dire vrai, cette dernière exigence rend la rotation difficile et douteuse dans ses résultats. De plus, on imagine les récriminations si un fonctionnaire devait se voir attribuer une direction générale d’une importance moindre que la sienne. La Constitution (alinéa B de l’article 95) édicte l’abolition du confessionnalisme dans la fonction publique au profit de la compétence et de la spécialisation. En rajoutant cependant une exception nuancée pour les postes de première catégorie, en ce sens qu’ils restent partagés à égalité entre musulmans et chrétiens « tout en appliquant les principes de spécialisation et de compétence, et sans spécification d’aucune fonction pour une communauté déterminée ». Mais les us et coutumes, qui ont pratiquement force de loi, dévoluent en permanence nombre de directions générales à des communautés déterminées. Cela parce qu’il est difficile, pour les membres d’un gouvernement, de s’entendre sur des trocs. Dès lors, il n’y a que les services hautement techniques qui soient dotés d’un encadrement sélectionné sur une base aconfessionnelle. Enfin, l’administration souffre, on le sait, d’un défaut et de son contraire : un manque de personnel par-ci, un excédent par-là. Et c’est doublement coûteux : dans le premier cas, il faut recruter et payer des contractuels ; dans le second cas, on revient aux bouches inutiles à nourrir citées précédemment. Bien évidemment, les absents et les trop présents ne sont, techniquement, pas interchangeables, et on ne peut pas combler le vide avec du survide. Une commission a été chargée d’étudier le dossier. Émile KHOURY
Le président Michel Sleiman assure que le prochain train de nominations aura lieu sur base de la compétence, loin de tout clientélisme, ajoutant qu’il faut saisir l’occasion de promouvoir un effectif qualifié et qu’il n’y aura pas de litiges sur les choix à retenir.
Un ancien haut commis de l’État observe qu’un tri judicieux, particulièrement au niveau de la première catégorie, constitue déjà un premier barrage face à la corruption. Surtout quand on disqualifie le clientélisme politique ou communautaire, au profit de la spécialisation et de l’expérience.
La lutte contre la corruption commence par le haut de la pyramide. Un président de la République intègre ne fait appel qu’à un président du Conseil qui le soit, ce dernier s’entourant naturellement de ministres parfaitement transparents, ce qui se...