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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE Pour le Hezbollah, Israël pourrait bien bombarder l’Iran...

La petite phrase du président français Nicolas Sarkozy prononcée à Damas n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. En demandant aux pays proches de l’Iran de conseiller à la République islamique de ne pas jouer avec le feu, car Israël compte frapper ses installations nucléaires, M. Sarkozy a confirmé en quelque sorte l’analyse de la situation régionale que fait le Hezbollah. Sarkozy a même été affirmatif, déclarant que si l’Iran ne renonce pas à son programme nucléaire, il sera forcément prise pour cible par l’aviation israélienne. Selon ses proches, le Hezbollah prend les propos du président français parfaitement au sérieux et il est désormais convaincu que l’État hébreu s’apprêterait à bombarder des sites nucléaires iraniens en profitant du temps mort que constitue pour l’ensemble de la planète l’élection présidentielle américaine. D’après les informations parvenues au Hezbollah, les Israéliens auraient à maintes reprises évoqué cette éventualité avec les responsables américains au cours de l’année écoulée. Et ces derniers, qui étaient plus favorables à cette idée il y a quelques mois encore, auraient récemment déconseillé aux Israéliens de tenter la moindre opération de ce genre. Les mêmes sources précisent que les Américains avaient eux-mêmes songé à mener pareille attaque en utilisant à la fois l’aviation et la marine. Les plans les plus sophistiqués avaient même été publiés dans la presse américaine et britannique. Mais les développements dans la région, ainsi que la crise économique aux États-Unis et la baisse spectaculaire de la popularité du président américain Bush et son l’administration les auraient contraints à renoncer à ce projet. Les responsables américains auraient même déclaré aux Israéliens qui évoquaient avec eux le dossier du nucléaire iranien : « Nous sommes actuellement engagés dans deux guerres dans la région, en Irak et en Afghanistan, et nous ne sommes pas en mesure de nous lancer dans une troisième. » Toujours selon les informations parvenues au Hezbollah, les responsables américains auraient même fortement déconseillé aux Israéliens de se lancer dans une aventure militaire dans ce contexte explosif et surtout après le coup de force russe en Géorgie qui montre l’émergence d’un nouvel axe dans la région et au-delà. Toutefois, malgré ces conseils, les Israéliens semblent vouloir exécuter leur projet, avec ou sans un feu vert américain, car, toujours selon les mêmes sources, ils ne peuvent pas prendre le risque de laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire. Et les responsables iraniens ont beau affirmer qu’ils ne projettent nullement de se doter de la bombe atomique, précisant que leur programme nucléaire est civil, nul ne les croit et surtout pas les Israéliens. Ces derniers considèrent en effet qu’une bombe atomique entre les mains de la République islamique d’Iran, dont les dirigeants ont à maintes reprises déclaré vouloir rayer Israël de la carte, est une sorte d’arrêt de mort pour eux et ils se trouveraient donc, selon leur propre logique, en situation de légitime défense. Frapper les sites nucléaires serait donc devenu une urgence pour les Israéliens, même si, dans la foulée, une telle opération devait provoquer une nouvelle guerre régionale ou même un embrasement généralisé. Les propos du président français à Damas sont venus confirmer cette approche et le Hezbollah reste très vigilant. D’ailleurs, le leader du PSP, Walid Joumblatt, a lui aussi, dans une déclaration faite au cours du week-end, relevé la déclaration du président français en faisant le commentaire suivant : « Nous nous serions passés de cette menace contre l’Iran, car en définitive, c’est nous, Libanais, qui allons payer la facture... » Pourtant, le Hezbollah refuse de préciser quelle sera son attitude si l’Iran est bombardé par les Israéliens. À toute question précise sur le sujet, ses cadres et les proches du parti préfèrent garder un mutisme prudent, tout en ajoutant que les nuages noirs continuent à planer au-dessus de la région et de la planète en général. Même si, officiellement, il place les menaces israéliennes contre le Liban dans le cadre des problèmes israéliens internes, le Hezbollah se déclare prêt à toutes les éventualités. En dépit de la campagne politique contre ses armes, il continue à considérer qu’il est en état d’alerte. D’ailleurs, les sources proches du parti affirment que les menaces adressées par Hassan Nasrallah à Ehud Barak et la façon dont il a dévoilé que le ministre de la Défense israélien se prépare à envoyer cinq unités d’élite au Liban – alors que c’était en principe un secret militaire israélien – visaient à dissuader les responsables israéliens de se lancer dans une nouvelle aventure. Nasrallah cherchait aussi à leur donner un échantillon de la force du Hezbollah, au moins dans la surveillance des activités militaires israéliennes. Une telle menace suffira-t-elle à faire renoncer Israël à un projet qu’il considère comme vital ou, en tout cas, à mettre le Liban à l’abri au cas où l’Iran est bombardé ? En tout cas, les contacts diplomatiques se multiplient et rien n’indique qu’un conflit armé est une fatalité inévitable. Souvent, les menaces sont d’ailleurs un moyen d’éviter justement la guerre. Mais, pour le Hezbollah, il vaut mieux rester prêt à toutes les éventualités... Scarlett HADDAD
La petite phrase du président français Nicolas Sarkozy prononcée à Damas n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. En demandant aux pays proches de l’Iran de conseiller à la République islamique de ne pas jouer avec le feu, car Israël compte frapper ses installations nucléaires, M. Sarkozy a confirmé en quelque sorte l’analyse de la situation régionale que fait le Hezbollah. Sarkozy a même été affirmatif, déclarant que si l’Iran ne renonce pas à son programme nucléaire, il sera forcément prise pour cible par l’aviation israélienne. Selon ses proches, le Hezbollah prend les propos du président français parfaitement au sérieux et il est désormais convaincu que l’État hébreu s’apprêterait à bombarder des sites nucléaires iraniens en profitant du temps mort que constitue pour l’ensemble de la...