Le Conseil d’analyse économique prône une gouvernance politique de l’euro
le 06 septembre 2008 à 00h00
La zone euro devrait se doter d’une gouvernance politique de sa monnaie, estiment plusieurs économistes du Conseil d’analyse économique (CAE), qui vient de publier un rapport intitulé « Politique de change de l’euro », remis au Premier ministre avant-hier et publié hier.
« Au moment où la France préside l’Union européenne, il importe qu’elle mette la question de la réforme de la gouvernance et de la politique de change de l’euro à l’ordre du jour », écrit Jean-Marie Vesperini, dans un commentaire publié en annexe au rapport.
« L’introduction du pouvoir politique permettrait de rééquilibrer la politique de change de l’euro, non seulement entre la croissance et l’inflation, mais aussi entre les pays de la zone », ajoute M. Vesperini.
Il convient donc « de rendre effective la procédure prévue dans le traité de Maastricht, qui prévoit que le Conseil des chefs d’État ou de gouvernement formule les orientations générales de la politique de change », poursuit-il.
Une position partagée par d’autres économistes du CAE ayant participé à la rédaction du rapport.
Michel Didier, directeur général de COE-Rexecode, préconise, lui, un accord de type « Bretton-Woods pour constituer un système de changes, sinon fixes, du moins organisés », a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse du CAE hier.
M. Vesperini propose de son côté la création d’un « comité d’orientation de la politique de change » qui serait « l’interface entre le Conseil européen et la Banque centrale européenne ».
Ce comité serait chargé « d’établir et de coordonner les procédures de détermination du taux de change optimal de l’euro ». Autre recommandation : attribuer la définition de l’objectif de stabilité des prix au Conseil des chefs d’État ou de gouvernement.
M. Vesperini va jusqu’à conseiller de « changer le rôle des présidents ou gouverneurs des Banques centrales nationales au sein du conseil des gouverneurs de la BCE » et de faire en sorte que ces derniers « votent en fonction des intérêts de leur pays et non des intérêts supposés » de la totalité de la zone euro.
Une position à laquelle ne s’associent pas les auteurs du rapport.
Celui-ci paraît la semaine où la ministre française de l’Économie, Christine Lagarde, a appelé à « rénover la relation » des grands argentiers de l’UE avec la BCE, une idée rejetée par le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker qui juge ce dialogue déjà « nourri ».
La France critique régulièrement la BCE, accusée de n’avoir pas réagi ces derniers mois à la hausse de l’euro.
Dans son rapport, le CAE juge que la hausse de l’euro face au dollar a eu un effet « globalement négatif sur la croissance de la zone euro » en défavorisant les exportations européennes par rapport à celles des autres zones, même si la force de l’euro a eu aussi un effet désinflationniste vertueux.
La zone euro devrait se doter d’une gouvernance politique de sa monnaie, estiment plusieurs économistes du Conseil d’analyse économique (CAE), qui vient de publier un rapport intitulé « Politique de change de l’euro », remis au Premier ministre avant-hier et publié hier.
« Au moment où la France préside l’Union européenne, il importe qu’elle mette la question de la réforme de la gouvernance et de la politique de change de l’euro à l’ordre du jour », écrit Jean-Marie Vesperini, dans un commentaire publié en annexe au rapport.
« L’introduction du pouvoir politique permettrait de rééquilibrer la politique de change de l’euro, non seulement entre la croissance et l’inflation, mais aussi entre les pays de la zone », ajoute M. Vesperini.
Il convient donc « de rendre effective la procédure...
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