Rien ne va plus entre les deux anciens alliés Talal Arslan et Wi’am Wahhab. Ce dernier a très mal pris le discours prononcé la veille, dimanche, par M. Arslan, lors de la réconciliation dans village de Khelouate, au Liban-Sud, entre les deux familles Abou Ibrahim et Bou Faour. Bien que le ministre de la Jeunesse et des Sports n’ait pas cité M. Wahhab, celui-ci a apparemment estimé ses propos sur les « considérations politiques suspectes génératrices de discorde » comme une attaque personnelle, à laquelle il a riposté en accusant son ancien allié de « chercher à gagner les grâces de Walid Joumblatt », chef du PSP.
« Nous nous sommes arrêtés avec surprise sur la position adoptée par le ministre Talal Arslan, lors de la réconciliation de Khelouate. Ce qui nous a le plus étonnés, c’est la facilité avec laquelle Arslan modifie la liste de ses accusations, en fonction des circonstances politiques. Après avoir fait assumer au père du ministre Waël Bou Faour la responsabilité de l’incident (qui avait coûté la vie en 2006 à cheikh Abou Ghaleb Kamal Abou Ibrahim), l’accusant d’être un agent israélien, il a modifié hier (dimanche) ses accusations, dans une tentative de rapprochement de Walid Joumblatt, dans l’espoir de gagner les grâces de ce dernier », a indiqué un communiqué du bureau d’information du Courant al-Tawhid al-Loubnani que préside M. Wahhab.
Le texte a ensuite rappelé, mais sous la forme interrogative, que « M. Arslan avait empêché, il y a plusieurs mois, le retour des Bou Faour au village et attaqué à la même époque le commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleiman ». Il l’a accusé d’avoir lui-même nommé un deuxième cheikh Akl druze « pour consacrer la division druze, en dépit de l’opposition du ministre Wi’am Wahhab qui n’a approuvé cette démarche qu’à la suite de nombreuses interventions ».
Le bureau d’information du Courant al-Tawhid al-Loubnani a ensuite indiqué qu’il n’aurait pas réagi de la sorte « si M. Arslan n’avait pas tenu des propos dangereux ».
Interrogé par le site d’informations, nowlebanon.com, M. Wahhab a indiqué que son ancien allié s’en est pris à lui dans de nombreux cercles privés, mais qu’il l’avait attaqué directement, dimanche pour la première fois, ce qui l’a poussé à réagir. Rappelons que dans son discours, M. Arslan avait « maudit », en son nom personnel et au nom de M. Joumblatt, « ceux qui ont provoqué une discorde au sein de la communauté » druze. « La discorde est une ligne rouge. Nous ne permettrons à personne de laisser en héritage aux druzes des rancœurs et des rancunes motivées par des considérations politiques suspectes, génératrices de discorde », avait-il ajouté en demandant aux druzes « de ne laisser personne s’introduire parmi eux à travers le mensonge et l’hypocrisie ».
« Quelle est la raison de ces contradictions dans les positions de l’émir que j’apprécie et que je respecte beaucoup ? Notre relation était une des meilleures. Mais qu’il s’en prenne à moi personnellement est une chose que je ne peux pas accepter », a déclaré M. Wahhab.
Après avoir souligné qu’il avait proposé la candidature de M. Arslan pour présider l’opposition druze à la table de dialogue, l’ancien ministre s’est arrêté sur le thème de la discorde abordé par son ancien allié. « Les familles druzes qui exploitent dans le cadre de leurs conflits les druzes, leurs intérêts et leur argent sont bien connues. Que l’émir s’arme de patience, surtout qu’un siège parlementaire ne mérite pas tant de concessions et encore moins une accréditation auprès de Walid Joumblatt », a-t-il dit.
Interrogé ensuite sur la réconciliation de Khelouate, il a répondu : « Il n’y a pas eu de conflit pour qu’il y ait une réconciliation. Joumblatt a donné une leçon à l’émir aux élections de 2005 et maintenant il le récupère. Il me reste beaucoup à dire, mais chaque chose en son temps », a fait valoir M. Wahhab.
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« Nous nous sommes arrêtés avec surprise sur la position adoptée par le ministre Talal Arslan, lors de la réconciliation de Khelouate. Ce qui nous a le plus étonnés, c’est la facilité avec...