Le cours du baril de pétrole évoluait à son plus bas niveau depuis quatre mois en fin d’échanges européens, après avoir enfoncé hier le seuil de 110 dollars à Londres et l’avoir frôlé à New York, le marché ayant défalqué des cours le risque lié au passage de l’ouragan Gustav.
En séance, le baril s’échangeait en baisse de 3,93 dollars à Londres à 110,16 dollars sur l’Intercontinental Exchange de Londres (ICE), après avoir plongé jusqu’à 109,17 dollars, un plus bas depuis le 1er mai.
Considérée par les opérateurs comme un seuil de résistance important, la barre des 110 dollars n’avait pas été enfoncée depuis le 2 mai.
À la même heure, le baril de Light Sweet Crude pour livraison en octobre lâchait 4,06 dollars à 111,40 dollars sur les échanges électroniques du New York Mercantile Exchange (Nymex), après une chute jusqu’à 110,60 dollars. Le marché était fermé hier pour cause de la fête du Travail.
Le marché a réagi à l’annonce d’un affaiblissement de l’ouragan Gustav : celui-ci a été rétrogradé hier de la catégorie 3 à la catégorie 2 sur une échelle qui en compte 5, selon le Centre national des ouragans à Miami (NHC).
Avant même d’apprendre que l’ouragan perdait en intensité, le marché était resté quasi impassible face à la menace.
« Sachant que la demande s’affaiblissait de manière importante, que toutes les infrastructures transportant du pétrole et du gaz avaient été fermées à l’avance et que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait promis de fournir du pétrole en cas de dommages importants, le marché a été relativement insensible à l’ouragan », ont expliqué les analystes de la banque Barclays Capital.
Pour éviter que ne se répète le scénario de l’ouragan Katrina trois ans plus tôt, les compagnies pétrolières avaient arrêté leurs activités pétrolières et gazières dans leur quasi-totalité depuis dimanche, soit une perte de production de 1,3 million de barils par jour de pétrole, et 210 millions de mètres cubes de gaz naturel par jour.
L’AIE avait également contribué à empêcher les prix de grimper en annonçant la semaine dernière qu’elle était disposée à puiser dans ses réserves stratégiques pour fournir au marché les barils qui auraient pu manquer après le passage de l’ouragan.
La « prime de risque » liée au passage de l’ouragan ayant été défalquée des prix, les opérateurs se concentraient à nouveau sur la demande, dont les signes d’affaiblissement se multiplient.
La morosité économique a été renforcée par les déclarations du ministre des Finances britannique, Alistair Darling, qui a averti que son pays et le reste du monde étaient confrontés à ce qui semble « certainement le pire » déclin économique depuis 60 ans et que celui-ci serait « plus profond et plus long » que prévu.
L’activité dans l’industrie a continué à se contracter en août dans la zone euro pour le troisième mois consécutif, selon une nouvelle estimation de l’indice des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier publiée hier.
« Ces événements montrent la fragilité des économies mondiales en ce moment et n’augurent rien de bon pour la demande pétrolière à court terme », a commenté Nimit Khamar, analyste de la maison de courtage Sucden.
Depuis leur record à 147,50 dollars le baril touché le 11 juillet, les prix du pétrole ont perdu plus de 38 dollars.
Les regards des opérateurs vont se tourner dorénavant vers Vienne, où se tiendra le 9 septembre la prochaine réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).
L’OPEP ne devrait pas toucher à sa production lors de cette réunion, a estimé Choukri Ghanem, président de la compagnie pétrolière nationale libyenne, qui tient lieu de ministre.
L’offre de l’OPEP a augmenté en août
L’offre pétrolière de l’OPEP a augmenté pour le quatrième mois d’affilée en août, en raison surtout d’une augmentation de la production de l’Iran et, dans une moindre mesure, du Nigeria et de l’Angola, rapporte une enquête de Reuters, publiée hier.
La production des 13 pays membres de l’OPEP a atteint 32,82 millions de barils par jour (bpj) en août contre 32,59 millions bpj en juillet, suivant cette enquête effectuée auprès de pétroliers, de responsables de l’OPEP et d’analystes.
Cette croissance de la production, concomitante avec une baisse de la demande des pays occidentaux pour cause de flambée des cours, a produit une forte décrue des cours du brut et le futur du brut léger texan se traite à présent autour de 113 dollars le baril après un record de 147,27 dollars.
L’OPEP se réunit le 9 septembre à Vienne et certains analystes pensent qu’elle réduira sa production à cette occasion, certains membres craignant que l’offre soit déjà trop abondante sur le marché mondial.
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En séance, le baril s’échangeait en baisse de 3,93 dollars à Londres à 110,16 dollars sur l’Intercontinental Exchange de Londres (ICE), après avoir plongé jusqu’à 109,17 dollars, un plus bas depuis le 1er mai.
Considérée par les opérateurs comme un seuil de résistance important, la barre des 110 dollars n’avait pas été enfoncée depuis le 2 mai.
À la même heure, le baril de Light Sweet Crude pour livraison en octobre lâchait 4,06 dollars à 111,40 dollars sur les échanges électroniques du New York Mercantile Exchange...