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Actualités - Opinion

Israël-Hezbollah : l’échange de menaces suscite autant le doute que l’inquiétude

Israël menace de détruire le Liban si le Hezbollah organise une opération hostile sous prétexte de venger Imad Moghniyé. Cet avertissement, faut-il le prendre au sérieux ou n’y voir que de l’intimidation dissuasive ? Le Hezbollah y répond sur le même ton, pour instaurer un équilibre de la terreur. En promettant à Barak de détruire non seulement les cinq corps d’élite que le ministre israélien de la Défense mentionne dans ses menaces, mais aussi « l’ensemble de l’entité qui spolie la Terre sainte ». Le Hezb ajoute : « Une nouvelle guerre aurait des retombées infiniment plus importantes que la précédente. En effet, cette fois, notre victoire sera claire et précise, absolument indiscutable, et décisive. Avant d’attaquer le Liban, les sionistes y réfléchiront à dix mille fois. » Répétition de la même question : cette riposte, qu’en penser ? Autre interrogation importante, voire capitale : où se situe la Syrie, par rapport à cet échange de défis ? Très étrangement, elle n’a jusqu’à présent pas pipé mot à ce propos. Un mutisme d’autant plus frappant que le président Assad n’a pas hésité une seconde à prendre parti pour la Russie dans sa guerre contre la Géorgie. Tout comme il avait, de suite, confirmé qu’il se tiendrait aux côtés de l’Iran si ce pays était attaqué par les Israéliens et/ou par les Américains. Plus même : la retenue syrienne paraît injustifiable en regard du slogan syrien de communauté de sort. Tout comme en regard du pacte de défense qui lie la Syrie au Liban, dans le cadre de ce traité de la fraternité auquel Damas continue de s’accrocher, dans l’espoir d’en utiliser au mieux les ressources, les protocoles, pour promouvoir son influence au Liban. Or, est-il besoin de le rappeler, et de le souligner, une clause fondamentale du pacte bilatéral de défense ordonne de « préparer des plans communs pour faire face à toute menace comme à toute agression dirigée contre la sécurité pan-nationale. » Partant de ce même terme, de ce même attribut, on se demande du reste à quelle trappe la Syrie passe ses positions de champion du front de refus. Ou encore ses sempiternelles réclamations d’une mise en place d’une stratégie arabe de défense. Face à un État hébreu ennemi que Damas ménage désormais, en engageant avec lui des pourparlers via les Turcs. Encore plus surprenant : l’Iran n’a pas commenté non plus les menaces israéliennes contre le Liban. Alors que son filleul, le Hezbollah, a toujours martelé qu’il ne resterait pas les bras croisés si l’Iran devait être la cible d’attaques américaines et israéliennes. Précisant qu’au premier engin tiré par l’entité sioniste contre le sol iranien, il riposterait par une salve de « mille missiles. » On n’en a pas fini avec les contradictions absurdes, étonnantes et révoltantes. Ainsi, Israël impute au Liban non seulement la responsabilité de toute opération militaire ou de tout acte terroriste éventuel, mais encore l’afflux d’armes sophistiquées destinées au Hezbollah. Alors que cet arsenal, fourni par l’Iran, transite par la Syrie. Pourquoi donc l’État hébreu voudrait-il châtier le Liban et non pas les fournisseurs ? Pourquoi insiste-t-il sur la menace que le Hezbollah constitue pour lui en fermant les yeux sur l’activisme des organisations palestiniennes qui lui restent hostiles et qui sont basées à Damas ? Pourquoi le Liban devrait-il payer les suites de l’assassinat de Moghniyé, tué en Syrie où il était de passage, mais résidant en Iran, ces deux pays n’ayant pas réagi au meurtre, et ne prenant manifestement pas la peine d’en éclaircir les circonstances. Émile KHOURY
Israël menace de détruire le Liban si le Hezbollah organise une opération hostile sous prétexte de venger Imad Moghniyé. Cet avertissement, faut-il le prendre au sérieux ou n’y voir que de l’intimidation dissuasive ?
Le Hezbollah y répond sur le même ton, pour instaurer un équilibre de la terreur. En promettant à Barak de détruire non seulement les cinq corps d’élite que le ministre israélien de la Défense mentionne dans ses menaces, mais aussi « l’ensemble de l’entité qui spolie la Terre sainte ». Le Hezb ajoute : « Une nouvelle guerre aurait des retombées infiniment plus importantes que la précédente. En effet, cette fois, notre victoire sera claire et précise, absolument indiscutable, et décisive. Avant d’attaquer le Liban, les sionistes y réfléchiront à dix mille fois. » Répétition de la...