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L’association lance son nouveau site Internet Faire Face se mobilise contre le cancer

«Si on peut aider quelqu’un, on devrait le faire. » Alors que cette pensée traverse l’esprit de Jihane Saber, elle s’exclame : « Moi, si un jour j’avais un problème, j’aimerais avoir quelqu’un à mes côtés ! » Cette belle jeune femme n’est pas personnellement touchée par le cancer, mais elle est tout de même venue assister à la conférence de l’association Faire Face pour le lancement de son nouveau site web www.fairefacecancer.org.lb Pourquoi ? Jihane cogite encore l’idée de rejoindre les trente bénévoles chargés d’aider des patients atteints d’une tumeur à mieux gérer leur maladie. « Venir vers notre association, c’est avant tout admettre qu’on a le cancer, ce qui est extrêmement difficile pour les personnes souffrantes », explique Nicole Khayat, la vice-présidente de Faire Face. « Par exemple, quelques patients ne souhaitent même pas informer leurs proches de leur état de santé. Leur décision est constamment renforcée par le spectre de la peur, le spectre de la fatalité. » Ainsi, le seul moyen pour l’association de diminuer ce sentiment de solitude est « de ne pas baisser les bras, mais de tendre la main ». Tel est le devoir du bénévole, qui consacre tout son temps à partager les tristesses et les joies du patient. « Et finalement, on s’attache à eux, admet Nelly Abdallah, une autre bénévole, en toute sincérité. Même un peu trop quelquefois ! Quand je rentre chez moi le soir, je pense encore aux patients que j’ai laissés derrière. » Ce lien fort et affectueux entre le bénévole et le patient est d’autant plus consolidé par la neutralité du volontaire. « Ils attendent nos visites hebdomadaires, car ça les détourne de leur obsession. Nous sommes leur divertissement », insiste-elle. Écouter, « c’est un art » Même si les patients sont, pour la plupart, déterminés à combattre leur cancer, le groupe de volontaires n’oubliera jamais le « patient australien », celui qui, selon eux, était tellement énervé face à son diagnostic qu’il a nié sa maladie jusqu’à la fin. « Il y a des patients qui ne veulent rien écouter, raisonnent les bénévoles. Ils sont tellement en déni qu’ils construisent autour d’eux un mur de béton. À ce moment-là, il leur faut un certain temps avant d’accepter leur maladie et, nous, nous sommes justement là pour faciliter ces différentes étapes. » En effet, non seulement le volontaire doit être extrêmement stable mentalement et psychologiquement, mais il doit également avoir une grande disponibilité. Enfin, il doit savoir écouter. « C’est un art », souligne Grace Haddad, la responsable des relations publiques. Bien que cette dernière soit satisfaite de son apport à l’association, elle ne peut pas s’empêcher de considérer les effets que ces expériences ont sur elle. « On ne peut pas appuyer sur “supprimer”, comme sur un ordinateur, et tout oublier », confie-t-elle à voix basse. Une autre bénévole acquiesce tristement. « C’est vrai que ce n’est pas facile de voir le malheur des autres tous les jours… Surtout quand ils perdent la bataille. » Salwa BOURJI
«Si on peut aider quelqu’un, on devrait le faire. » Alors que cette pensée traverse l’esprit de Jihane Saber, elle s’exclame : « Moi, si un jour j’avais un problème, j’aimerais avoir quelqu’un à mes côtés ! » Cette belle jeune femme n’est pas personnellement touchée par le cancer, mais elle est tout de même venue assister à la conférence de l’association Faire Face pour le lancement de son nouveau site web www.fairefacecancer.org.lb Pourquoi ? Jihane cogite encore l’idée de rejoindre les trente bénévoles chargés d’aider des patients atteints d’une tumeur à mieux gérer leur maladie. « Venir vers notre association, c’est avant tout admettre qu’on a le cancer, ce qui est extrêmement difficile pour les personnes souffrantes », explique Nicole Khayat, la vice-présidente de Faire Face....