L’odieux attentat de Tripoli contre un bus transportant principalement des militaires continue de susciter l’indignation dans les milieux politiques internationaux et locaux. Si la communauté internationale s’inquiète des atteintes à la sécurité au Liban, au Liban, dans les divers milieux politiques, on juge indispensable un plan de sécurité établi sur l’ensemble du territoire national.
Dans un communiqué, le ministre canadien des Affaires étrangères a dénoncé « énergiquement » l’attentat de Tripoli. « Une telle violence est inacceptable et on ne peut tolérer qu’elle compromette les mesures que le Liban a prises récemment pour consolider sa stabilité politique et sa sécurité », a-t-il dit, ajoutant que « le Canada appuie totalement le gouvernement du Liban et espère que le peuple libanais ainsi que ses dirigeants politiques se rallieront aux mesures prises pour démasquer les auteurs de cet attentat et les traduire en justice. »
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul Gheit, a de son côté exprimé son inquiétude face aux opérations terroristes dirigées contre l’armée, selon un communiqué distribué par l’ambassade d’Égypte à Beyrouth. « L’Égypte, a-t-il ajouté, stigmatise les actes criminels entrepris par des individus et des groupes suspects dans le but de déstabiliser le Liban ». « Il est regrettable que les tentatives de déstabilisation de ce pays se poursuivent en dépit des développements positifs qu’il a connus, dont dernièrement la confiance accordée par le Parlement au gouvernement », a poursuivi M. Aboul Gheit, avant d’indiquer que l’Égypte « continue de soutenir l’État libanais et ses institutions constitutionnelles, notamment l’armée, face à toute partie qui cherche à provoquer la discorde et à menacer la paix civile ».
Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a également jugé inquiétante la situation au Liban-Nord et a affirmé, dans un communiqué, que son pays soutient l’évolution du processus d’application de l’accord de Doha. « Nous jugeons indispensable que toutes les parties libanaises œuvrent dans un esprit constructif pour se conformer à tous les accords rejetant l’usage de la force et pour ne pas se laisser entraîner sur la voie de la provocation entreprise par ceux qui veulent entraver le progrès réalisé par le Liban au niveau de la réalisation de l’entente nationale », a déclaré le porte-parole russe.
Au plan local, le représentant de l’Autorité palestinienne à Beyrouth, Abbas Zaki, a adressé au président de la République, Michel Sleiman, un télégramme de condoléances, alors que le ministre d’État Waël Bou Faour a invité toutes les parties libanaises à assurer une couverture politique aux forces militaires et de sécurité et à traiter radicalement le dossier des apparences armées.
L’Option libanaise
Le Amid du Bloc national, Carlos Eddé, a appelé à conjuguer les efforts des services de sécurité pour démasquer les auteurs et les instigateurs de l’attentat dans lequel il a vu « un message à multiples facettes ». Selon M. Eddé, si l’on est arrivé à cette situation dramatique, c’est parce que la question des armes illégales n’a pas été réglée. Ce point de vue est également partagé par l’Option libanaise pour qui le laisser-aller au niveau du règlement des incidents de sécurité « a fait perdre à l’armée son prestige ». Pour l’Option libanaise, il est indispensable que les forces régulières fassent preuve de fermeté face aux fauteurs de troubles. Ce parti a en outre invité le gouvernement à établir une stratégie de sécurité globale, faisant de Tripoli une ville sans armes, ce qui constituerait, à ses yeux, un premier pas vers la suppression des îlots de sécurité.
L’uléma Mohammad Hussein Fadlallah a considéré que les instigateurs du crime ont profité des tensions exacerbées sur le plan interne afin de commettre l’attentat. « Cela prouve, a-t-il raisonné, que les criminels au Liban savent exploiter le timing politique et la superficialité de la classe politique libanaise pour approfondir les divergences internes et empêcher les Libanais de trouver les solutions adéquates à leurs problèmes ou d’éteindre les feux politiques qui favorisent les sinistres au niveau de la sécurité. »
Le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel-Amir Kabalan, a plaidé en faveur de la fermeture de tous « les bureaux armés et de la saisie des armes cachées dans les habitations », alors que le mufti du Mont-Liban a considéré que l’attentat de Tripoli a pour objectif de semer la discorde entre l’armée et les islamistes à Tripoli.
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Dans un communiqué, le ministre canadien des Affaires étrangères a dénoncé « énergiquement » l’attentat de Tripoli. « Une telle violence est inacceptable et on ne peut tolérer qu’elle compromette les mesures que le Liban a prises récemment pour consolider sa stabilité politique et sa sécurité », a-t-il dit, ajoutant que « le Canada appuie totalement le gouvernement du Liban et espère que le peuple libanais ainsi...