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Actualités - Opinion

Une tare d’une tonne sur le plateau : les intentions contradictoires du Hezbollah

Quarante-cinq jours pour former le soi-disant cabinet d’union. Trois semaines pour en rédiger la déclaration ministérielle. Combien de temps faudra-t-il pour la traduire en actes ? Va-t-on, d’ailleurs, y parvenir ? On peut en douter, car les violons désaccordés risquent de grincer de nouveau très fort quand il faudra s’entendre sur les mécanismes d’application. Surtout en ce qui concerne cette clé d’influence prépondérante que sont les nominations administratives, diplomatiques, militaires et policières. Les ministres, divisés, vont se tirer dans les pattes à qui mieux mieux, chacun cherchant à améliorer ses atouts et ceux de son camp à l’approche des élections législatives. En regardant au plus près, on prévoit que la Chambre va octroyer au poupon hybride une confiance massive. Par adhésion naturelle de nombre de députés à des décisions de parti, de courant ou de bloc. Ou, pour certains, par approbation des dispositions de la déclaration ministérielle. Approbation conditionnelle car nul n’ignore que de tels documents restent le plus souvent lettre morte. Du reste, et par exemple, il est peu important que la déclaration ministérielle s’engage ou non à soutenir la Résistance. Et encore moins à en exiger la soumission à l’autorité de l’État car ce que le texte dit ne pèse rien face à ce que veut le Hezbollah. Pour le moment, ce parti s’engage à ne pas provoquer de guerre avec Israël. Il promet que l’été en cours restera paisible et fructueux. Mais c’était exactement la même proclamation d’intentions que les dirigeants du Hezb faisaient à l’orée de l’été 2006 pour capturer, le 12 juillet, deux soldats israéliens et déclencher une guerre dévastatrice de trente et un jours. Idem, à la virgule près, pour l’armement. Le Hezbollah jure ses grands dieux qu’il ne s’en servira pas à l’intérieur. Comme il ne cessait de le marteler depuis la libération du Sud. Sauf qu’en mai dernier… Expériences Certains seraient tentés d’objecter que, les donnes ayant changé, on peut, cette fois, croire le Hezb sur parole. Peut-être. Mais dans ce cas-là, sa parole, s’il ne s’en dédit pas, c’est aussi de venger Imad Moghniyé. Plus exactement, de tirer vengeance des Israéliens, même si les investigations des autorités syriennes n’ont pas permis d’identifier la partie coupable. Et même au prix d’une nouvelle guerre, que les menaces préventives des Israéliens laissent entrevoir. Des observateurs pensent qu’on peut encore désamorcer ce dossier explosif en s’accordant sur une stratégie de défense, mais aussi de libération, comme le réclame le Hezbollah. La finalité du processus étant de régulariser l’armement de ce parti, en le mettant sous contrôle étatique pour prévenir, sans doute, un choc avec Israël. Mais surtout pour protéger Beyrouth-Ouest et la Montagne d’une nouvelle invasion, lancée, encore une fois, sous l’étrange prétexte qu’il est nécessaire de contrer les parties qui tentent d’abolir cet armement. Ces cadres soulignent que la Syrie elle-même tente de récupérer le Golan par la voie diplomatique et n’y a jamais résisté par les armes. Ajoutant qu’au cas où le Liban ne suivrait pas son exemple et voudrait libérer de force Chebaa, il lui faudrait affronter seul, avec ses modestes moyens, un ennemi surpuissant. À moins que les Arabes n’établissent une stratégie de confrontation commune, ce qui tiendrait du prodige. Ou que la Syrie ne s’engage aux côtés du Liban, au nom de son propre slogan de communauté de sort, ce qui tiendrait du miracle. Ces sources concluent que le Hezb n’accepterait sans doute de mettre son arsenal sous contrôle étatique qu’à la stricte condition d’avoir la haute main sur les nominations militaires et sécuritaires. Ou, à tout le moins, de garder dans ce cadre un droit de veto déterminé pour être rassuré sur les décisions pratiques que le commandement prendrait, concernant son potentiel. Mais, en tout cas, une stratégie libanaise unifiée est-elle réalisable quand les points de vue de fond restent aussi opposés sur les moyens de compléter la libération, de prévenir une agression israélienne ? Mais aussi et surtout sur le choix entre un Liban pays de confrontation, aux ordres de l’axe syro-iranien, et un Liban pays de soutien. Diplomatique s’entend. Émile KHOURY
Quarante-cinq jours pour former le soi-disant cabinet d’union. Trois semaines pour en rédiger la déclaration ministérielle. Combien de temps faudra-t-il pour la traduire en actes ? Va-t-on, d’ailleurs, y parvenir ? On peut en douter, car les violons désaccordés risquent de grincer de nouveau très fort quand il faudra s’entendre sur les mécanismes d’application. Surtout en ce qui concerne cette clé d’influence prépondérante que sont les nominations administratives, diplomatiques, militaires et policières. Les ministres, divisés, vont se tirer dans les pattes à qui mieux mieux, chacun cherchant à améliorer ses atouts et ceux de son camp à l’approche des élections législatives.
En regardant au plus près, on prévoit que la Chambre va octroyer au poupon hybride une confiance massive. Par adhésion naturelle de...