Turquie
Procès du réseau « Ergenekon » : 86 suspects nommés dans l’acte d’accusation
le 15 juillet 2008 à 00h00
Le procureur en chef d’Istanbul a annoncé hier l’envoi devant un tribunal correctionnel d’un acte d’accusation nommant 86 suspects dans l’enquête sur le réseau dit « Ergenekon », accusé de vouloir renverser le gouvernement turc. Le document, long de 2 455 pages, soutient que les accusés ont créé une « organisation terroriste armée » et tenté d’utiliser « la force et la violence pour renverser le gouvernement ou l’empêcher de remplir ses fonctions ». Le procureur en chef, Aykut Cengiz Engin, a déclaré qu’il ne pouvait entrer dans le détail de l’acte d’accusation, qui devra d’abord être approuvé par le tribunal devant lequel il a été envoyé. L’enquête dans l’affaire « Ergenekon », qui a vu plusieurs personnalités connues (anciens militaires, journalistes, hommes d’affaires) arrêtées, a été interprétée par plusieurs analystes comme un bras de fer entre le gouvernement islamo-conservateur et les milieux ultrakémalistes. Ils ont accusé le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP), lui-même menacé d’interdiction par la Cour constitutionnelle, d’utiliser « Ergenekon » afin de mettre la pression sur ses adversaires prolaïques. L’acte d’accusation, résultat de plus d’un an de travail de trois procureurs, accuse les suspects d’actes de violence tels des attentats à la bombe contre le quotidien prolaïque Cumhuriyet et une attaque armée contre le siège de la cour d’appel au cours de laquelle un juge avait trouvé la mort. Le but, selon les médias, aurait été de créer des tensions en Turquie avec des manifestations illégales, des assassinats et des attaques contre les forces de l’ordre afin de provoquer une intervention de l’armée turque, auteur de quatre coups d’État en autant de décennies. Selon M. Engin, « l’organisation terroriste mentionnée dans l’acte d’accusation n’est pas une organisation classique dans le sens séparatiste ou idéologique », mais vise simplement à renverser le gouvernement. Il a précisé que 48 des 86 accusés étaient en garde à vue, mais ne les a pas nommés, tout en déclarant qu’une vingtaine d’autres suspects arrêtés au début de ce mois n’étaient pas inclus dans le document présenté hier. Les dernières personnes placées en garde à vue dans l’affaire « Ergenekon » feront l’objet d’une annexe à l’acte d’accusation, a-t-il dit. Le bureau du procureur d’Istanbul enquête sur cette affaire depuis la découverte en juin 2007 d’explosifs dans une maison sur la rive asiatique d’Istanbul.
Le procureur en chef d’Istanbul a annoncé hier l’envoi devant un tribunal correctionnel d’un acte d’accusation nommant 86 suspects dans l’enquête sur le réseau dit « Ergenekon », accusé de vouloir renverser le gouvernement turc. Le document, long de 2 455 pages, soutient que les accusés ont créé une « organisation terroriste armée » et tenté d’utiliser « la force et la violence pour renverser le gouvernement ou l’empêcher de remplir ses fonctions ». Le procureur en chef, Aykut Cengiz Engin, a déclaré qu’il ne pouvait entrer dans le détail de l’acte d’accusation, qui devra d’abord être approuvé par le tribunal devant lequel il a été envoyé. L’enquête dans l’affaire « Ergenekon », qui a vu plusieurs personnalités connues (anciens militaires, journalistes, hommes d’affaires)...
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