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Actualités - Opinion

Le Liban oscille, et s’égare, entre devenir Hanoï ou redevenir Hong Kong

«Quel avenir pour… » Sur ce thème général, que de bla-bla verbeux, oiseux, partout, dans tous les domaines, et de tout temps. Il arrive pourtant que la question se trouve posée à juste escient. Dans le cas, par exemple, d’un de ces enfants qu’autrefois on qualifiait de difficiles, et qu’aujourd’hui on dit à problèmes. S’adressant, justement, à des écoliers de Aïn Saadé, David Satterfield, alors ambassadeur chez nous, observait que le plus important défi pour les Libanais « est qu’ils parviennent à s’entendre, tous, sur ce qu’ils veulent que leur pays soit, côté État-gouvernement, ou côté société. Depuis l’émergence du Liban, ils n’y sont pas parvenus. S’ils continuent à errer de la sorte, le Liban continuera à pâtir d’un manque de stabilité, à subir conflits, déchirements et troubles, d’origine intérieure ou extérieure. Les Libanais, concluait-il, doivent régler leurs dilemmes aussi bien au niveau du culturel que du socio-économique ou du politique ». Ces propos remontent à 1999. Depuis lors, ils n’ont, malheureusement, jamais cessé de gagner en acuité. Les espérances nées de la révolution du Cèdre ont été, en partie, gommées par une contre-offensive multiforme. Et le pays se retrouve à cheval entre Hanoï et Hong Kong, selon l’expression que Joumblatt a popularisée. Autrement dit, déchiré entre une culture de mort, divinisant le martyre, vrai ou faux, le suicide au nom de la confrontation avec l’ennemi israélien. Et une option de vie, de paix, d’existence digne, d’échanges enrichissants entre civilisations distinctes. De neutralité positive autant que relative, qui exempte ce pays du rôle de fer de lance et de bouc émissaire. Tout en veillant, avec le soutien de la communauté internationale, à se mettre à l’abri d’Israël. Est-il besoin d’ajouter que le premier choix implique un État, parallèle ou usurpé, de guerre illimitée, fondé sur la violence et par là même sur le non-droit. Tandis que le deuxième induit, tout au contraire, un État de plein droit, forcément souverain, indépendant, maître et protecteur unique du territoire national, dispensateur d’équité, de sécurité et de justice. Les positions, en raccourci. Pour le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, « le rôle de la Résistance ne s’arrête pas à la libération. Car elle constitue, en soi, une vision d’édification de la société tout entière. La Résistance doit donc constituer un pan du projet de tout Libanais confronté à la question : quel Liban voulons-nous ? » Réponse, en substance, du président Amine Gemayel : « Le Hezbollah veut fonder une société résistante, en soutenant que son armement est sacré. Où sont les députés et les ministres, quel est leur rôle, ont-ils le droit de décider du sort du pays, ou cela leur échappe-t-il ? Il est temps que nous répondions au regretté cheikh Pierre Gemayel qui demandait : quel Liban voulons-nous ? » Réponse que seul un dialogue national peut produire. Effort qu’il faut tenter, aussi inconciliables que semblent être les points de vue. Émile KHOURY
«Quel avenir pour… » Sur ce thème général, que de bla-bla verbeux, oiseux, partout, dans tous les domaines, et de tout temps. Il arrive pourtant que la question se trouve posée à juste escient. Dans le cas, par exemple, d’un de ces enfants qu’autrefois on qualifiait de difficiles, et qu’aujourd’hui on dit à problèmes.
S’adressant, justement, à des écoliers de Aïn Saadé, David Satterfield, alors ambassadeur chez nous, observait que le plus important défi pour les Libanais « est qu’ils parviennent à s’entendre, tous, sur ce qu’ils veulent que leur pays soit, côté État-gouvernement, ou côté société. Depuis l’émergence du Liban, ils n’y sont pas parvenus. S’ils continuent à errer de la sorte, le Liban continuera à pâtir d’un manque de stabilité, à subir conflits, déchirements et...