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Actualités - Chronologie

Cimaises Au Centre Pompidou, un hommage à Georges Rouault, peintre «?singulier?»

Le Centre Pompidou a choisi de rendre hommage à Georges Rouault, «?peintre singulier?», à l’occasion du 50e anniversaire de sa disparition, en présentant des œuvres de ses débuts (1905-1914) autour de ses thèmes favoris de l’époque, les «?filles?», le cirque, les paysages. Intitulée «?L’effervescence des débuts?», l’exposition du Musée national d’art moderne, qui se tient jusqu’au 13 octobre, présente 25 œuvres, la plupart sur papier, de ce peintre né à Paris en 1871 et décédé en 1958. Simple hommage et non rétrospective, elle est de taille modeste et vient en contrepoint des artistes fauves présentés au musée. Des fauves (Henri Matisse, Albert Marquet) dont Rouault était l’ami sans pour autant se sentir des leurs. Plusieurs venaient comme lui de l’atelier du peintre Gustave Moreau, mais le style de Rouault était déjà «?singulier?», «?différent?», souligne Angela Lampe, commissaire de l’exposition et conservateur au Centre Pompidou. Le style de Rouault est «?plus nerveux, le trait est vif?», relève-t-elle. À cette époque, les bleus dominent, avivés par les noirs, avec des effets de «?calligraphie japonaise?», poursuit le conservateur. Certains rouges sont «?incandescents?», comme le bras du Clown (1910-1913), cerné de noir dans un effet vitrail qu’affectionnait le peintre qui avait démarré comme apprenti verrier. Au Salon d’automne de 1905, Rouault présente cinq toiles, mais elles ne figurent pas dans la célèbre salle qui deviendra sous la plume d’un critique d’art «?la cage aux fauves?». «?Le jeu de massacre?» (aquarelle, gouache et encre de Chine, craies de couleur) est remarquable de cette période. Rouault se plaît à représenter une humanité déchue ou marginale (gens du cirque, prostituées) pour laquelle il éprouve de la «?pitié?», selon Mme Lampe. Ses «?filles?» et ses «?nus?», qu’il peint dans un atelier partagé avec Marquet, choquent par «?leur ignominie?», «?leurs visages tuméfiés, disgracieux?», explique-t-elle. La fille au miroir (1906) a le maintien d’une statue, mais son reflet traduit une angoisse intérieure. Rouault éprouve de «?la compassion mêlée d’admiration pour la force de ces filles?» qui font commerce de leurs charmes, considère Mme Lampe. «?L’art, celui que j’espère, sera l’expression plus profonde, plus complète, plus émouvante de ce que sentira l’homme, face-à-face avec lui même et avec l’humanité?», disait Rouault à cette époque. En quête de spiritualité, il avait défini sa «?trinité?» : couleur, forme et harmonie. Au moment de son décès, en 1958, Rouault est «?un peintre français de première importance et il a droit à des obsèques nationales en l’église Saint-Germain-des-Prés?», rappelle Mme Lampe. Après une parenthèse relative, il suscite un «?renouveau d’intérêt depuis deux ou trois ans?», indique-t-elle. Les œuvres présentées proviennent de la collection du Musée national d’art moderne, qui détient un important fonds de ce peintre, du Musée d’art moderne Lille métropole et de la Fondation Rouault. Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT (AFP)
Le Centre Pompidou a choisi de rendre hommage à Georges Rouault, «?peintre singulier?», à l’occasion du 50e anniversaire de sa disparition, en présentant des œuvres de ses débuts (1905-1914) autour de ses thèmes favoris de l’époque, les «?filles?», le cirque, les
paysages.
Intitulée «?L’effervescence des débuts?», l’exposition du Musée national d’art moderne, qui se tient jusqu’au 13 octobre, présente 25 œuvres, la plupart sur papier, de ce peintre né à Paris en 1871 et décédé en 1958.
Simple hommage et non rétrospective, elle est de taille modeste et vient en contrepoint des artistes fauves présentés au musée. Des fauves (Henri Matisse, Albert Marquet) dont Rouault était l’ami sans pour autant se sentir des leurs.
Plusieurs venaient comme lui de l’atelier du peintre Gustave Moreau, mais...