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Actualités - Chronologie

Les habitants de Chebaa rêvent déjà d’un retour à « leurs » fermes

À 56 ans, Mohammad Hammoudi se souvient de chaque recoin des fermes de Chebaa, où il a grandi avant qu’Israël n’occupe en 1967 ce territoire aux confins du Liban qui se retrouve aujourd’hui sur le devant de la scène internationale, raconte Rana Moussaoui, dans un reportage de l’AFP. « Je connais les fermes, pierre par pierre, car je les ai parcourues quand j’étais adolescent. Comment peuvent-ils dire qu’elles ne sont pas libanaises ? » demande ce Libanais, élu de Chebaa. Ce village, qui donne son nom au secteur situé aux frontières du Liban, de la Syrie et d’Israël, est revendiqué par Beyrouth. « La plupart des gens vivaient là-bas. Nos fermes, nos terres et notre bétail étaient notre gagne-pain », raconte Mohammad. « Nous sommes optimistes, c’est la première fois que l’on se penche aussi sérieusement sur le dossier », se réjouit-il. En début de semaine, la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice avait estimé, après Paris et Londres, que « le moment était venu » pour régler ce problème. « S’il y a un retrait, nous rentrerons tout de suite, même s’il y a des mines », affirme Ali Nabaa, un électricien d’une trentaine d’années. La partie visible des fermes du côté libanais laisse imaginer des étendues de verdure. « On aimerait tellement y aller », dit Ali d’un ton rêveur. « Israël a probablement transformé le paysage, ce qui posera problème, car même si les gens possèdent de vieux manuscrits, les fermes n’ont jamais été cadastrées », indique-t-il. À 71 ans, Kassem Kaadane cultive à Chebaa un petit verger qui, pour lui, est sans comparaison avec les 20 000 mètres carrés de terres héritées de son père dans les fermes. « On y cultivait des olives, des prunes, des amandes, des mûres et du blé. C’est une terre très riche », se souvient cet homme à la peau tannée, qui n’a pas revu son patrimoine depuis 40 ans. Une terre si riche que le Liban accuse l’État hébreu de refuser toute solution pour pouvoir profiter de ses ressources naturelles, notamment de son eau de qualité. Selon la municipalité, il existe 23 sources dans les fermes. Une station de ski Le secteur, qui culmine à près de 3 000 m d’altitude sur les pentes du mont Hermon, a également une importance stratégique et militaire, affirme le géographe Issam Khalifé. « La station radar sophistiquée du mont Hermon (2 814 mètres) est d’une importance capitale pour Israël car de là, il peut observer de Gaza jusqu’à Alexandrette (Turquie) », selon le géographe. À Chebaa, tout le monde parle aussi de la fameuse station de ski, la seule dont dispose Israël. Pour Mohammad, comme pour les autres habitants de Chebaa, les fermes appartiennent bien au Liban. Même si Israël, qui a conquis ce territoire de 25 km2 avec le plateau du Golan, le considère comme syrien et même si les cartographes de l’ONU n’ont pas encore tranché la question. La frontière n’est pas clairement établie dans cette région car en 1923, les puissances mandataires française et britannique n’avaient pas bien délimité le point d’intersection entre le Liban, la Syrie et la Palestine. Le retrait israélien du Liban-Sud en mai 2000 avait été jugé complet par l’ONU, qui a estimé que les fermes étaient syriennes, avant de réexaminer la question à la suite des revendications de Beyrouth. « Il y a des milliers de personnes originaires de Chebaa qui possèdent des propriétés dans les fermes », assure Mohammad, documents à l’appui, dont certains remontent à l’époque ottomane. Selon lui, la Syrie veut aussi « utiliser les fermes de Chebaa comme un atout dans les négociations pour récupérer le Golan ». Le président libanais Michel Sleiman avait affirmé la semaine dernière qu’il y avait « de nouveaux documents qui prouvent la souveraineté du Liban sur les fermes de Chebaa ». « Nous avons beaucoup d’espoir. Certains disent même que le retrait pourrait se faire cet été », lance Mohammad.
À 56 ans, Mohammad Hammoudi se souvient de chaque recoin des fermes de Chebaa, où il a grandi avant qu’Israël n’occupe en 1967 ce territoire aux confins du Liban qui se retrouve aujourd’hui sur le devant de la scène internationale, raconte Rana Moussaoui, dans un reportage de l’AFP.
« Je connais les fermes, pierre par pierre, car je les ai parcourues quand j’étais adolescent. Comment peuvent-ils dire qu’elles ne sont pas libanaises ? » demande ce Libanais, élu de Chebaa. Ce village, qui donne son nom au secteur situé aux frontières du Liban, de la Syrie et d’Israël, est revendiqué par Beyrouth.
« La plupart des gens vivaient là-bas. Nos fermes, nos terres et notre bétail étaient notre gagne-pain », raconte Mohammad. « Nous sommes optimistes, c’est la première fois que l’on se penche aussi...