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Actualités - Chronologie

Salam Fayyad, un Premier ministre palestinien qui veut positiver

Lorsqu’il a été appelé par le président Mahmoud Abbas à conduire le gouvernement palestinien après la chute de Gaza aux mains du Hamas, il y a un an, peu de Palestiniens connaissaient son nom. Les rares Palestiniens qui avaient entendu parler de Salam Sayyad le considéraient comme un technocrate expatrié et obscur, n’ayant qu’une vague idée de leurs problèmes quotidiens. Un an plus tard, l’ancien fonctionnaire international à la Banque mondiale et au FMI, arrivé au pouvoir en l’absence de toute base populaire, cherche à faire passer auprès de son peuple un message d’espoir. Cet économiste formé aux États-Unis, souvent en désaccord avec certains responsables du Fateh d’Abbas, tranche avec les leaders palestiniens formés à l’école de la guérilla contre Israël, laquelle n’a pas jusqu’à présent atteint son objectif d’aboutir à la création d’un État palestinien. Le langage de Fayyad est, lui aussi, différent. Bien qu’il soit très critique envers l’occupation israélienne, il veut que les gens cessent de se plaindre et abordent de façon positive la dure réalité des choses. « Arrêtons de discuter et de nous plaindre. Il y aurait même de quoi pleurer. Mais nous devrions plutôt agir et créer des faits positifs sur le terrain. Mon message, c’est que nous pouvons accomplir, pour faire avancer notre cause, des choses dont le monde entier parlera, et avec respect », confie-t-il dans une interview à Reuters. Soutenu par les États-Unis et les autres puissances occidentales, qui ont levé leurs sanctions contre le gouvernement palestinien lorsque Mahmoud Abbas en a évincé les dirigeants du Hamas, il y a un an, M. Fayyad travaille étroitement avec les donateurs d’aide pour assainir les finances publiques et promouvoir en Cisjordanie des investissements porteurs de croissance. Sa formulation « faits sur le terrain », longtemps associée aux faits accomplis de l’occupation israélienne, vise à convaincre ses compatriotes de prendre eux-mêmes leurs affaires en main pour améliorer leur quotidien. M. Fayyad ne manque pas d’adversaires, notamment au sein du Fateh, où certains aimeraient le voir laisser filer les dépenses et d’autres craignent de l’avoir comme adversaire lors d’une future élection présidentielle. Mais Salam Fayyad, ancien ministre des Finances de Yasser Arafat, puis du gouvernement de Abbas dominé par le Hamas, s’empresse de dissiper cette crainte. « Je ne brigue aucune fonction élective », assure-t-il à 56 ans. Depuis qu’il dirige le gouvernement, sa devise est de « construire un État malgré l’occupation », ce qui ne l’empêche pas de réclamer d’Israël qu’il desserre son étau sur l’économie palestinienne. « Le statu quo est un désastre », estime-t-il. Salam Fayyad parcourt les villages et les camps de réfugiés pour écouter les doléances, marteler son message « positiviste » et faire connaître ses projets communautaires, que ce soit des forages de puits ou des agrandissements d’écoles. « Lorsque je viens parler aux gens, je cherche à extirper le défaitisme de leur esprit », explique M. Fayyad, qui cherche aussi à consolider les forces de sécurité palestiniennes pour convaincre Israël et les États-Unis que l’Autorité palestinienne peut assurer elle-même les tâches de sécurité. L’opinion publique palestinienne, où sa gestion stricte des dépenses publiques tranche avec les subventions généreuses auxquelles les Palestiniens avaient été habitués dans le passé, est partagée sur l’action de M. Fayyad, note l’analyste Abdel-Majid Soueïlem. « Il y en a qui le considèrent comme l’homme du FMI chargé de mettre en œuvre ses directives et il y a ceux qui le voient comme un homme qui tient ses promesses et qui fait la différence », résume-t-il. « Mais il a sans aucun doute un programme. Il pense que les gens peuvent affronter l’occupation (...) sans se soumettre politiquement et sans recourir à la violence », ajoute M. Soueïlem. La prochaine élection présidentielle est prévue en 2010. Abbas a proposé de l’avancer, mais cela paraît peu réalisable dans la situation actuelle de partition entre Gaza et la Cisjordanie.
Lorsqu’il a été appelé par le président Mahmoud Abbas à conduire le gouvernement palestinien après la chute de Gaza aux mains du Hamas, il y a un an, peu de Palestiniens connaissaient son nom. Les rares Palestiniens qui avaient entendu parler de Salam Sayyad le considéraient comme un technocrate expatrié et obscur, n’ayant qu’une vague idée de leurs problèmes quotidiens.
Un an plus tard, l’ancien fonctionnaire international à la Banque mondiale et au FMI, arrivé au pouvoir en l’absence de toute base populaire, cherche à faire passer auprès de son peuple un message d’espoir. Cet économiste formé aux États-Unis, souvent en désaccord avec certains responsables du Fateh d’Abbas, tranche avec les leaders palestiniens formés à l’école de la guérilla contre Israël, laquelle n’a pas jusqu’à présent...