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L’étrange problème de nomenclature permet, en fait, d’affiner la sélection Émile KHOURY

Selon un responsable informé, tout va apparemment assez bien pour que l’opération ministérielle se trouve bouclée dans les deux-trois jours à venir. Mais l’on ne peut exclure le risque de dérapage. Auquel cas, précise-t-il, le chef de l’État réglerait le problème en personne. Probablement en se rabattant sur une formule d’indépendants. Non sans étaler sur la place publique, pour que nul Libanais n’en ignore les responsabilités relatives au blocage. Ce qui est assez bizarre, relève le ministre cité, c’est qu’on bute toujours non pas sur la répartition des portefeuilles, pourtant si importante en regard du tableau des rapports de force politiques, mais sur une question futile de noms ! Cela, moins en raison des veto, qui restent aussi rares en fait qu’inavoués publiquement, qu’à cause de la rivalité, au sein de chaque camp, entre les ministrables. Cependant, raisonne cette source, ce débat d’arrière-garde a du bon. Dans la mesure où le choix s’avérant difficile, l’attention se porte plus fortement sur les critères de sélection. La barre est placée plus haut qu’en temps normal, comme dans les tests de qualification sportifs en vue des Jeux olympiques. La préférence se trouve dès lors accordée, en principe et sauf considérations politiques spéciales, aux postulants les mieux qualifiés pour tel ou tel département. Selon l’adage connu, qui veut qu’un bon ministre grandisse la fonction étatique, et l’autorité républicaine, alors qu’un mauvais la déprécie. Ce qui est particulièrement sensible pour les quatre ministères dits de souveraineté. Qui requièrent du titulaire, pour donner leur plein rendement, de la maîtrise expérimentée, de la lucidité, le sens de l’État, de l’intérêt national. Et même un certain prestige. Partant de là, poursuit cette personnalité, il n’y aurait aucun inconvénient à confier le palais Bustros ou les Finances, à un ministre chiite, ou encore sunnite, qui serait notoirement à la hauteur. De même, un ministre de n’importe quelle communauté pourrait être nommé à l’Intérieur ou à la Défense, s’il est compétent. Inversement, mais dans le même esprit, il serait mauvais, voire catastrophique de désigner n’importe qui, n’importe comment, pour n’importe quel ministère, même peu important. Il reste que le général Aoun, soutenu par le Hezbollah, exige les Finances pour son courant. Car, rapide à faire l’amalgame, il estime que la Défense et l’Intérieur, attribués au quota présidentiel, tombent en fait sous la coupe de la majorité. Cette exigence, qui présente un risque d’impasse, produit un contre-effet immédiat. Non seulement parce que la majorité n’entend pas s’y prêter. Mais aussi parce que des conciliateurs actifs proposent de régler le litige en incluant dans la part de Baabda tout ministère que majorité et opposition se disputeraient. Le quota du chef de l’État s’en trouverait largement gonflé et ne se réduirait pas à trois portefeuilles. Cette suggestion va à l’encontre de l’accord de Doha. Mais tend à rejoindre l’idée de départ de l’initiative arabe, les trois 10, fondée sur le principe que le président de la République doit être en mesure de jouer effectivement les arbitres sur la scène politique nationale.
Selon un responsable informé, tout va apparemment assez bien pour que l’opération ministérielle se trouve bouclée dans les deux-trois jours à venir. Mais l’on ne peut exclure le risque de dérapage. Auquel cas, précise-t-il, le chef de l’État réglerait le problème en personne. Probablement en se rabattant sur une formule d’indépendants. Non sans étaler sur la place publique, pour que nul Libanais n’en ignore les responsabilités relatives au blocage.
Ce qui est assez bizarre, relève le ministre cité, c’est qu’on bute toujours non pas sur la répartition des portefeuilles, pourtant si importante en regard du tableau des rapports de force politiques, mais sur une question futile de noms ! Cela, moins en raison des veto, qui restent aussi rares en fait qu’inavoués publiquement, qu’à cause de la rivalité,...