Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

LA situation Sleiman et Siniora en phase pour accélérer la cuisine ministérielle Michel TOUMA

La politique des petits pas… Telle est l’impression que le Premier ministre désigné Fouad Siniora a tenu à laisser filtrer à la presse, par le biais des correspondants accrédités au palais de Baabda, à l’issue d’un entretien de 40 minutes, en soirée, avec le président Michel Sleiman. Il s’agit de la première réunion entre le chef du gouvernement et le président Sleiman après l’entrevue que les deux hommes ont eue samedi dernier au terme des concertations parlementaires d’usage entreprises par M. Siniora. L’entretien d’hier soir a permis aux deux pôles de l’Exécutif de faire le point des démarches et tractations en cours, en vue de mettre sur pied le cabinet d’union nationale. À sa sortie de Baabda, vers 21 heures 15, le Premier ministre désigné s’est montré, comme à l’accoutumée, particulièrement serein, soulignant notamment que « nous progressons pas à pas », précisant que des contacts bilatéraux directs sont entrepris avec les principales parties concernées « afin d’aller de l’avant ». « L’objectif que nous nous sommes fixé est clair et nous savons ce que nous voulons », a déclaré le président du Conseil, ajoutant qu’« il est très naturel que la formation du gouvernement prenne du temps ». Cette volonté de ne pas faire preuve de précipitation a également été mise en évidence hier par le chef de l’État qui a pris soin de relever, fort à propos, devant une délégation conduite par le patriarche melkite, que dans tous les pays démocratiques, la mise sur pied des équipes ministérielles peut parfois s’étaler sur plusieurs semaines. « Dans de telles situations, a souligné le président Sleiman, la solution est trouvée par le biais du dialogue. » Tout un programme, dans le cas bien particulier du Liban, confronté aux vautours régionaux… À en croire les informations puisées tard dans la soirée d’hier de diverses sources concordantes, la « cuisine ministérielle » ne devrait pas nécessairement venir à maturation dans les jours qui viennent, plus précisément d’ici au week-end prochain, comme l’ont insinué en début de semaine certains milieux politiques. Certes, les obstacles qui retardent aujourd’hui l’apparition de la fumée blanche sont classiques et quasiment de routine, du moins lorsque le gouvernement n’est pas parachuté d’au-delà les frontières, comme c’était systématiquement le cas à l’époque de l’occupation syrienne. Mais il reste que, dans le contexte présent, ces obstacles pourraient ne constituer que la partie visible de l’iceberg. Car la question que se posaient hier soir des responsables politiques au faîte de l’actualité était de savoir si des considérations régionales, plus précisément syriennes, n’étaient pas à la base des conditions quelque peu obstructionnistes posées par des factions du 8 Mars. En clair, le régime syrien chercherait-il à faire monter les enchères dans la phase actuelle des tractations ministérielles pour améliorer la position de ses alliés au sein du futur cabinet, ou bien, tout simplement, tente-t-il, encore une fois, d’encaisser un « prix » qui ne serait pas en rapport avec les calculs purement libanais ? Force est de constater à cet égard qu’un communiqué conjoint publié hier par le Hezbollah et le Parti syrien national social (PSNS) a réclamé que la prochaine déclaration ministérielle fasse sienne, carrément, « l’option de la Résistance », ce qui va plus loin que la déclaration ministérielle du cabinet sortant qui évoquait uniquement le « soutien » à la Résistance. Mais pour l’heure, l’obstacle majeur ne se situe pas à ce niveau. Il réside plutôt dans l’attitude affichée par le chef du Courant patriotique libre, le général Michel Aoun, qui réclame pas moins que 5 maroquins – et non des moindres – alors que l’ensemble du camp du 8 Mars devrait avoir 8 portefeuilles (et 3 ministres d’État), conformément à l’entente convenue à ce propos à Doha. C’est du moins ce qu’affirment des sources généralement bien informées, de surcroît proches de Baabda. Ces sources précisent sur ce plan que la coalition du 14 Mars devrait bénéficier de 12 portefeuilles (et 4 ministres d’État), les 2 restants (sur un total de 22 ministères) revenant au président de la République. À l’évidence, le général Aoun a ainsi placé la barre de ses revendications très haut, un peu trop haut même, à tel point qu’il empiète même sur la part de ses partenaires du 8 Mars, comme c’est le cas du ministère de la Santé réclamé par le général Aoun mais auquel est attaché Nabih Berry. Cette attitude du chef du CPL s’inscrit-elle uniquement dans le cadre du marchandage traditionnel qui caractérise la formation des gouvernements dans une situation « normale », ou cache-t-elle, plutôt, cette volonté extraterritoriale précitée visant à entraver, voire à retarder, la mise sur pied de l’équipe ministérielle pour servir des desseins inavoués ? Cette interrogation a été soulevée hier dans plus d’un milieu au regard des conditions posées par le général Aoun, d’autant que le chef du CPL a tenu à souligner qu’il revient au Premier ministre désigné de régler le problème créé au sein du camp du 8 Mars par ces conditions. Manœuvres politiciennes ou attitude obstructionniste délibérée ? Les tout prochains jours devraient permettre de décanter la situation et d’apporter des éléments de réponse à une telle inconnue. Mais dans tous les cas de figure, l’entente et la cohésion qui semblent marquer les rapports entre le président de la République et le Premier ministre désigné devraient permettre, tôt ou (relativement) tard, de lever, contre vents et marées, les obstacles sur la voie de la formation du gouvernement, comme l’a souligné avec assurance – et détermination – hier soir le chef du gouvernement à sa sortie du palais de Baabda.
La politique des petits pas… Telle est l’impression que le Premier ministre désigné Fouad Siniora a tenu à laisser filtrer à la presse, par le biais des correspondants accrédités au palais de Baabda, à l’issue d’un entretien de 40 minutes, en soirée, avec le président Michel Sleiman. Il s’agit de la première réunion entre le chef du gouvernement et le président Sleiman après l’entrevue que les deux hommes ont eue samedi dernier au terme des concertations parlementaires d’usage entreprises par M. Siniora.
L’entretien d’hier soir a permis aux deux pôles de l’Exécutif de faire le point des démarches et tractations en cours, en vue de mettre sur pied le cabinet d’union nationale. À sa sortie de Baabda, vers 21 heures 15, le Premier ministre désigné s’est montré, comme à l’accoutumée,...