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Actualités - Opinion

Citoyen Grognon L’essence à prix d’or, vive la petite reine !

À la station d’essence, les chiffres défilent de plus en plus vite. Ceux des livres libanaises courent bien plus vite que ceux des litres. Les 20 litres d’essence sans plomb 95 octanes ont d’ailleurs dépassé le seuil des 30 000 livres. Ils valent plus exactement 30 300 LL. Quant aux 20 litres sans plomb 98 octanes, cela fait quelque temps déjà qu’ils ont dépassé les 30 000 LL. Ils ont même atteint 31 100 LL à la pompe. Pour 40 000 LL, on remplissait son réservoir. Aujourd’hui, pour 40 000 LL, seules les plus petites voitures font le plein, et encore. Et les prix montent. Ils continuent de monter toutes les semaines. Ils continueront encore de monter de semaine en semaine. Jusqu’à quand ? À l’échelle mondiale, le prix du baril de pétrole continue sa folle ascension. À l’échelle locale, évidemment, le prix de l’essence suit aussi, régulièrement, irrémédiablement, entraînant dans sa course folle les tarifs du mazout, du gaz et d’autres combustibles. Impossible de freiner un tant soit peu cette folle envolée. Impossible aussi pour le consommateur de se passer d’essence. À moins de ne pas utiliser sa voiture ou d’apprendre à devenir parcimonieux, voire même radin. Il a pensé par exemple, le citoyen, prendre les transports en commun en semaine pour se rendre à son travail ou à son université. Mais alors, il doit prendre le risque d’arriver largement en retard, ou de passer d’interminables et harassantes heures entre bus, taxis-service, et autres véhicules poussifs et bondés. Et puis finalement, au bout du compte, sa journée lui reviendra presque aussi cher que s’il prenait sa voiture, sans parler de l’état de ses nerfs en fin de parcours. Il a pensé aussi, le citoyen, s’organiser avec ses collègues pour ne prendre sa voiture que deux jours par semaine. Mais il y en a toujours un qui s’arrangera pour le laisser tomber en dernière minute ou qui ne le raccompagnera pas chez lui parce que c’est trop loin. Il devra alors se résoudre, le citoyen, à troquer sa grosse 4 x 4 contre une petite voiture de ville, bien moins impressionnante, mais certes moins gourmande. Le citoyen moins nanti échangerait bien, lui, sa vieille guimbarde gloutonne contre une mobylette. Mais aujourd’hui, celles-ci n’ont pas la cote car interdites de circulation par mesure de sécurité. Peut-être qu’alors, et après avoir en vain essayé toutes les possibilités, pensera-t-il se rabattre sur la petite reine, quitte à arriver à son travail ou à son université en nage, les habits en chiffon. Mais qu’importe, pourvu qu’il arrive ! À moins que nos frères arabes ne se décident à vendre leur pétrole au Liban à un tarif préférentiel... Anne-Marie EL-HAGE
À la station d’essence, les chiffres défilent de plus en plus vite. Ceux des livres libanaises courent bien plus vite que ceux des litres. Les 20 litres d’essence sans plomb 95 octanes ont d’ailleurs dépassé le seuil des 30 000 livres. Ils valent plus exactement 30 300 LL. Quant aux 20 litres sans plomb 98 octanes, cela fait quelque temps déjà qu’ils ont dépassé les 30 000 LL. Ils ont même atteint 31 100 LL à la pompe.
Pour 40 000 LL, on remplissait son réservoir. Aujourd’hui, pour 40 000 LL, seules les plus petites voitures font le plein, et encore.
Et les prix montent. Ils continuent de monter toutes les semaines. Ils continueront encore de monter de semaine en semaine. Jusqu’à quand ?
À l’échelle mondiale, le prix du baril de pétrole continue sa folle ascension. À l’échelle locale, évidemment, le...