Des dizaines de milliers d’immigrés, effrayés par les violences xénophobes, continuaient à fuir l’Afrique du Sud hier ou à se regrouper dans des camps de fortune, bien que le président Thabo Mbeki ait tenté de calmer les esprits, trop tard selon les critiques.
Les violences à Johannesburg, épicentre des attaques qui ont fait au moins 50 morts et des centaines de blessés en deux semaines, semblaient s’atténuer, la police signalant seulement quelques incidents sporadiques. « C’est très, très tranquille, à part quelques masures vides incendiées à Katlehong », un bidonville de la banlieue est de Johannesburg, a déclaré hier matin à l’AFP Govindsamy Mariemuthoo, porte-parole de la province du Gauteng, où se trouve la capitale économique du pays. « Nous faisons des patrouilles et surveillons la situation », a-t-il ajouté.
Plus de 35 000 immigrés ont toutefois déjà déserté les townships pour se réfugier sur des terrains vagues près de commissariats ou dans des centres sociaux, dans des conditions sanitaires préoccupantes en ce début d’hiver austral, marqué par des températures nocturnes voisines de zéro. Des dizaines de milliers d’étrangers, dont plus de 26 000 Mozambicains, ont préféré rentrer dans leurs pays.
Le président Mbeki, très critiqué pour son absence du devant de la scène depuis le début des violences le 11 mai, s’est adressé pour la première fois à la nation dimanche soir, condamnant les « actes honteux » qui ont « terni le nom du pays ». « Jamais depuis la naissance de notre démocratie nous n’avons vu une telle inhumanité », a-t-il continué, dénonçant des « meurtres commis de sang froid, des attaques brutales, des pillages ». Ces violences « contredisent tout ce que notre libération de l’apartheid représente », a-t-il dit dans ce message retransmis par les radios et télévisions du réseau public SABC.
« C’était un très bon discours, mais il intervient trop tard », a cependant estimé hier un analyste de l’Institut sud-africain pour les relations entre les races, Sipho Seepe. « Le défi, ce n’est pas de condamner, mais de prendre des mesures immédiates quand il y a du grabuge dans le pays », a-t-il déclaré sur la radio publique SAFM.
Dans la journée, plusieurs ministres s’étaient rendus dans certains des énormes bidonvilles de la métropole sud-africaine pour tenter d’apaiser les tensions. Le chef du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), Jacob Zuma, habituellement très populaire, a été hué à Springs, dans la banlieue est, par une foule en colère demandant que les étrangers quittent le pays et que le gouvernement améliore les conditions de vie dans les quartiers pauvres. Nombre de Sud-Africains reprochent aux étrangers de prendre des emplois et de contribuer à la criminalité dans la première puissance économique du continent, où le chômage et la misère touchent toutefois quelque 40 % de la population. « Ce n’est pas en vous battant que vous résoudrez vos problèmes, vous ne ferez au contraire que les exacerber », a déclaré M. Zuma, favori pour la présidence de la République en 2009.
Parallèlement, environ 750 réfugiés, surtout de la région des Grands Lacs, se sont rassemblés hier devant le siège des Nations unies à Pretoria, demandant protection contre les violences xénophobes, a indiqué le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
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Les violences à Johannesburg, épicentre des attaques qui ont fait au moins 50 morts et des centaines de blessés en deux semaines, semblaient s’atténuer, la police signalant seulement quelques incidents sporadiques. « C’est très, très tranquille, à part quelques masures vides incendiées à Katlehong », un bidonville de la banlieue est de Johannesburg, a déclaré hier matin à l’AFP Govindsamy Mariemuthoo, porte-parole de la province du Gauteng, où se trouve la capitale économique du pays. « Nous faisons des patrouilles et surveillons la...