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Actualités - Chronologie

Éclairage Au Maghreb-Sahel, du « terrorisme de pays » au « terrorisme de zone »

Le terrorisme, l’un des principaux sujets de la réunion des ministres de l’Intérieur de la Méditerranée occidentale qui se tenait hier à Nouakchott, a changé d’envergure dans la région Maghreb-Sahel, passant d’un terrorisme limité à tel ou tel pays à un « terrorisme de zone ». «Auparavant l’action des GIA (Groupes islamistes armés) puis du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) qui leur a succédé se limitait au territoire algérien », a rappelé hier à des journalistes un haut responsable policier français, sous le couvert de l’anonymat. Or, « depuis que le GSPC s’est autoproclamé Branche d’el-Qaëda du Maghreb islamique (BAQMI), il a étendu ses activités », a-t-il affirmé. « Nous ne sommes plus face à un terrorisme de pays, mais à un terrorisme de zone », résume ce spécialiste, pour qui l’ex-GSPC « a gangrené » le Sahel dans une sorte de « régionalisation du terrorisme islamique ». « Oui, il a changé de nom mais le souci principal, c’est le GSPC », a confirmé à l’AFP Ahmad Ghadhi, secrétaire général du ministère mauritanien des Affaires étrangères. Selon lui, le GSPC-BAQMI « a commencé par étendre son action dans le désert algérien, puis jusqu’au nord du Mali et maintenant sur la frontière mauritanienne ». Certes, « les frontières sont tracées sur les cartes mais les États ne les maîtrisent pas » alors que les groupes terroristes « jouissent d’une grande mobilité : de temps en temps ils surgissent et frappent, puis prennent le large dans le désert », a poursuivi M. Ghadhi. Selon le policier français, il existe « deux gros groupes installés dans le Sahel », sillonnant la Mauritanie, le Niger et le Mali. C’est dans ce dernier pays qu’un groupe d’Italiens avait été attaqué début janvier 2008. « Leurs agresseurs leur ont dit : “Vous avez eu de la chance, si vous aviez été français, on vous aurait tués” ; puis ils les ont relâchés », a-t-il expliqué. Le 24 décembre dernier, cinq touristes français ont été attaqués, dont quatre ont été tués en Mauritanie. Cette extension géographique du terrorisme, sans être vraiment ancienne, ne date pas seulement du changement de nom du GSPC. La ministre française de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a confié aux journalistes qui l’accompagnaient à Nouakchott qu’au cours d’une de ses rencontres en tant que ministre de la Défense avec le numéro un libyen en 2004, « le colonel Kadhafi (lui) avait signalé que le terrorisme s’étendait vers le Sud ». Dans le Sahel, « la population est travaillée en profondeur, en utilisant le Coran auprès de gens qui ne lisent pas l’arabe », a estimé le policier français. Un avis partagé par M. Ghadhi pour qui « le terrorisme prospère sur la misère bien sûr, mais surtout sur l’ignorance, l’ignorance de l’islam, religion de paix et de tolérance ». Charles SICURANI (AFP)
Le terrorisme, l’un des principaux sujets de la réunion des ministres de l’Intérieur de la Méditerranée occidentale qui se tenait hier à Nouakchott, a changé d’envergure dans la région Maghreb-Sahel, passant d’un terrorisme limité à tel ou tel pays à un « terrorisme de zone ».
«Auparavant l’action des GIA (Groupes islamistes armés) puis du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) qui leur a succédé se limitait au territoire algérien », a rappelé hier à des journalistes un haut responsable policier français, sous le couvert de l’anonymat.
Or, « depuis que le GSPC s’est autoproclamé Branche d’el-Qaëda du Maghreb islamique (BAQMI), il a étendu ses activités », a-t-il affirmé. « Nous ne sommes plus face à un terrorisme de pays, mais à un terrorisme de zone », résume...