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Actualités - Chronologie

Au Liban, le culte du martyre perdure

Les portraits d’hommes politiques et de combattants tués recouvrent les murs des rues de Beyrouth, triste rappel que le culte du martyre demeure bien vivant au Liban, constate Rima Abushakra dans un reportage pour l’AFP. Le pays du Cèdre célèbre demain la fête des Martyrs, commémorant la pendaison de nationalistes libanais par les Ottomans le 6 mai 1916. Près d’un siècle plus tard, nombreux sont ceux qui continuent à considérer que mourir pour une cause est le plus noble des sacrifices. Ghina Zalzali, 29 ans, est la veuve d’un combattant du Hezbollah, tué en 2006. « Dans l’islam, le martyr occupe une place particulière auprès de Dieu. Il y a sept cieux et tout le monde n’accède pas au même niveau », déclare-t-elle. Selon le Coran, celui qui meurt pour Dieu n’est pas mort, mais il vit bénit auprès du Seigneur. Par ailleurs, dans l’islam, les dépouilles sont lavées avant l’enterrement à l’exception de celles des martyrs car elles ont été « purifiées par le martyre ». Ghina affirme avoir épousé Moustapha parce qu’il avait « un but dans la vie », qu’il « n’était pas prêt à rester les bras croisés à regarder sa terre occupée » par Israël. Ghina, qui se dit pleine de fierté lorsque les gens se réfèrent à son mari comme un « martyr », aime voir les portraits de son époux dans les rues. Il n’en est toutefois plus de même pour Gisèle Khoury, veuve du journaliste Samir Kassir, assassiné dans un attentat à la voiture piégée en 2005. Pour elle, le mot de « martyr » a été souillé par ceux qui attaquent des civils, et ses sentiments ont évolué face aux photos de son mari affichées dans les rues. « J’ai traversé plusieurs phases. Au début, c’était important, mais (maintenant) je pense que ces photos sont devenues ridicules. Elles me rappellent la guerre civile », dit-elle, en allusion aux photos des martyrs qui couvraient alors les murs. Al-Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah, diffuse régulièrement les messages d’adieux de ses martyrs. Dans le camp de la majorité, Future TV, qui appartient à la famille de l’ancien Premier ministre assassiné en 2005, Rafic Hariri, diffuse des extraits de discours de ce « martyr suprême ». Analysant ce phénomène, Nadim Chehadi, de l’Institut royal des affaires internationales à Londres, estime que la « mort et le martyre font partie intégrante du débat politique et idéologique du pays ». Pour bien illustrer l’importance de cette notion du sacrifice suprême, l’Organisation du martyr du Hezbollah récompense les familles, mais pas de la même façon selon qu’ils sont des « martyrs de la résistance », des combattants, ou de simples civils qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. S’agissant des membres de la première catégorie, qui sont perçus comme ayant fait un grand sacrifice, leurs veuves et enfants obtiennent un logement et une allocation mensuelle, et leurs parents une somme d’argent. Pour les seconds, seuls les veuves et enfants perçoivent de l’argent. Par ailleurs, certains proches de civils tués, comme Léa Chikhani, refusent l’appellation de « martyr ». Son frère Charles, 28 ans, rentrait du travail en septembre 2007 quand il a été tué à Sin el-Fil dans un attentat à la voiture piégée qui visait le député Antoine Ghanem, qui a également péri dans l’explosion. « Nous n’avons jamais considéré Charles comme un martyr. C’est une victime, déclare Léa. Un martyr veut mourir pour sa cause. Charles n’avait pas de cause pour laquelle mourir. Au contraire, Charles voulait vivre. »
Les portraits d’hommes politiques et de combattants tués recouvrent les murs des rues de Beyrouth, triste rappel que le culte du martyre demeure bien vivant au Liban, constate Rima Abushakra dans un reportage pour l’AFP.
Le pays du Cèdre célèbre demain la fête des Martyrs, commémorant la pendaison de nationalistes libanais par les Ottomans le 6 mai 1916. Près d’un siècle plus tard, nombreux sont ceux qui continuent à considérer que mourir pour une cause est le plus noble des sacrifices.
Ghina Zalzali, 29 ans, est la veuve d’un combattant du Hezbollah, tué en 2006. « Dans l’islam, le martyr occupe une place particulière auprès de Dieu. Il y a sept cieux et tout le monde n’accède pas au même niveau », déclare-t-elle. Selon le Coran, celui qui meurt pour Dieu n’est pas mort, mais il vit bénit auprès du...