Crise alimentaire
L’ONU met en garde contre une réponse hâtive
à l’utilisation des biocarburants
le 01 mai 2008 à 00h00
Le responsable de la nouvelle cellule de crise des Nations unies chargée de la question de la flambée des prix des denrées alimentaires et de leur raréfaction a mis en garde hier contre toute réponse hâtive au développement des biocarburants. « Je pense qu’il faut éviter une réponse hâtive », a déclaré devant la presse John Holmes, au lendemain de l’annonce par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon de la création de l’état-major de crise rassemblant les chefs des agences onusiennes, le FMI et la Banque mondiale.
« Les biocarburants ont été développés en réponse au problème des effets du changement climatique et au besoin de faire diminuer les émissions de gaz carbonique », a ajouté M. Holmes. « Ils n’ont pas été inventés juste pour le plaisir. »
Parmi les causes de la crise alimentaire mondiale qui a entraîné des émeutes de la faim dans plusieurs pays, sont évoquées la baisse de production agricole dans les pays en développement, l’augmentation de la consommation dans les pays émergents, des catastrophes climatiques et le développement des biocarburants.
Le rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation Jean Ziegler a qualifié de « crime contre l’humanité » la production massive de biocarburants.
Pour John Holmes, la situation est « plus subtile ». « Dans certaines régions, il est censé de produire des biocarburants, alors que ce n’est pas forcément le cas dans d’autres », a-t-il nuancé.
Ses propos ont également été soutenus par Lennart Baage, président du Fonds international pour le développement de l’agriculture (FIDA), une des organisations représentées dans la cellule de crise de l’ONU. « Il est important de ne pas tenir des positions extrêmes », a indiqué M. Baage.
« Nous ne devrions pas dire tout à coup que les biocarburants sont mauvais », a-t-il ajouté, relevant que de nombreux biocarburants sont basés sur les résidus plutôt que sur les récoltes elles-mêmes et n’entrent donc pas en compétition avec la nourriture.
Le Brésil, second producteur mondial d’alcool combustible grâce à la canne à sucre, derrière les États-Unis qui le produisent avec du maïs, a critiqué récemment « l’hypocrisie » des détracteurs des biocarburants.
« Ceux qui critiquent les biocarburants n’ont jamais remis en question le prix du pétrole. Le monde développé importe du pétrole sans taxes, et impose une taxe absurde pour l’éthanol du Brésil », a dénoncé le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.
Selon Lennart Baage, il est important que les pays développés et les pays en développement travaillent de concert avec les organisations internationales pour investir dans une agriculture davantage productive et durable. « Il ne s’agit pas de science de pointe ou de miracles, nous savons ce dont les agriculteurs ont besoin », a-t-il conclu.
Le responsable de la nouvelle cellule de crise des Nations unies chargée de la question de la flambée des prix des denrées alimentaires et de leur raréfaction a mis en garde hier contre toute réponse hâtive au développement des biocarburants. « Je pense qu’il faut éviter une réponse hâtive », a déclaré devant la presse John Holmes, au lendemain de l’annonce par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon de la création de l’état-major de crise rassemblant les chefs des agences onusiennes, le FMI et la Banque mondiale.
« Les biocarburants ont été développés en réponse au problème des effets du changement climatique et au besoin de faire diminuer les émissions de gaz carbonique », a ajouté M. Holmes. « Ils n’ont pas été inventés juste pour le plaisir. »
Parmi les causes de la crise alimentaire...
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