Le patriarche Nasrallah Sfeir a souligné la nécessité d’élire un président de la République et de procéder ensuite aux consultations pour la formation d’un gouvernement, rejetant ainsi indirectement les conditions posées par l’opposition pour l’organisation de la présidentielle.
Dans une interview à la LBCI, le chef de l’Église maronite a indirectement contesté l’importance accordée par le 8 Mars à la primauté du débat sur la configuration du prochain cabinet en insistant sur le fait que « dans les moments de crise, des gouvernements composés de quatre ou de cinq ministres avaient pu être formés ». Il a exhorté les députés à élire un président. « Si les hommes politiques ont un brin de responsabilité, ils devraient s’empresser de mettre fin à la dégradation en cours », a-t-il dit, jugeant « anormal » que les séances parlementaires consacrées à l’élection d’un président soient reportées 19 fois.
Mgr Sfeir, qui a fait état d’une « intention maquillée de ne pas élire un président », a aussi déclaré : « Le patriotisme implique que les Libanais œuvrent pour l’intérêt de leur pays. Mais la réalité est autre. Ils ne font qu’œuvrer pour leurs propres intérêts ou pour ceux d’autres États. »
Par ailleurs, M. Boutros Harb, député du Batroun, n’a pas caché hier le sentiment de « perplexité » au sein de l’alliance du 14 Mars face à l’attitude des divers protagonistes de l’opposition au sujet du dialogue, réclamant notamment une position claire à cet égard de la part du chef du CPL, le général Michel Aoun. M. Harb, qui s’exprimait dans une déclaration à la presse à l’issue d’un entretien à Bkerké avec le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a commencé par souligner que la position adoptée la veille par l’alliance du 14 Mars était « en harmonie » avec les orientations définies par Bkerké, notamment sur le fait que l’élection présidentielle ne doit être liée à aucune condition.
« Il s’agit d’une échéance qui doit être remplie quelles que soient les circonstances. Car si l’on commençait à reporter les échéances constitutionnelles sous prétexte qu’il faut s’entendre sur quelque chose, cela conduirait certainement à la chute de tout le système politique », a-t-il dit.
Prié de donner son avis sur certains commentaires de presse selon lesquels le souci des chrétiens du 14 Mars est d’écarter le chef du CPL, M. Harb a répondu : « Vous devriez adresser cette question à Nabih Berry. Lorsque ce dernier a proposé son initiative, il a du même coup mis fin à l’exclusivité donnée au général Aoun. Si M. Berry était toujours d’accord avec l’exclusivité du général Aoun, il n’aurait pas proposé son initiative. »
Sur un autre plan, le patriarche Sfeir a reçu une délégation palestinienne conduite par le représentant de l’OLP à Beyrouth, Abbas Zaki.
La délégation a remis au patriarche un document portant le titre : « Serment d’honneur et de fidélité à l’intention de nos frères chrétiens du Liban ». Ce texte affirme notamment le respect par les Palestiniens des particularités libanaises, leur volonté d’être « un bouclier face aux périls menaçant le Liban en tant qu’entité indépendante et qu’État souverain », et leur intention de « lutter contre toute tentative de régler la question des réfugiés palestiniens du Liban aux dépens de ce pays ».
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Dans une interview à la LBCI, le chef de l’Église maronite a indirectement contesté l’importance accordée par le 8 Mars à la primauté du débat sur la configuration du prochain cabinet en insistant sur le fait que « dans les moments de crise, des gouvernements composés de quatre ou de cinq ministres avaient pu être formés ». Il a exhorté les députés à élire un président. « Si les hommes politiques ont un brin de responsabilité, ils devraient s’empresser de mettre fin à la dégradation en cours », a-t-il dit, jugeant «...